PÔLE JEAN MOULIN



CELTON Corentin
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :


Renseignements à venir
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CELTON Corentin, né le 18 juillet 1901 à Ploaré, infirmier des hôpitaux à Paris 11ème, syndicaliste clandestin: il avait 42 ans.
Orphelin de père, sa mère étant ouvrière sardinière dans une usine de Douarnenez, Corentin commença à travailler à l’âge de douze ans, fut marin pêcheur cinq ans plus tard jusqu’à son service militaire comme inscrit maritime au 2e Dépôt à Brest, de juillet 1921 à juillet 1924.

À son retour dans le civil, il redevint quelques semaines marin pêcheur, puis partit pour Paris. En novembre 1924, il fut embauché comme garçon de salle à l’hôpital Saint-Antoine où il poursuivit sa carrière jusqu’en mars 1935, il fut mis, à sa demande, en situation de congé syndical. En effet, en janvier 1925, il s’était syndiqué à la CGTU, puis en février 1925 il avait adhéré au PCF. Membre de la commission administrative de la Bourse du Travail de Paris, élu secrétaire de la Fédération CGTU (puis CGT réunifiée) des Services publics, il bénéficia, à partir du 1er mars 1935, par période d’un an renouvelée, de congés syndicaux. Le 1er septembre 1939, en raison de la mobilisation, son congé syndical prit fin et Corentin Celton reprit, à sa demande, son travail à l’hospice des Ménages. Moins d’une semaine plus tard, il fut appelé comme infirmier dans la 7e armée. Le 30 juin 1940, il fut cité à l’ordre de son régiment et obtint la Croix de guerre avec étoile de bronze : « L’infirmier de 1re classe CELTON (Corentin) de la 13e

Compagnie R.G. XIe SIM s’est particulièrement fait remarquer par son courage et son zèle le 7 juin à Royaulieu, le 8 juin à Saint-Martin-du-Tertre, les 16 et 17 juin à Vierzon en effectuant le brancardage des blessés sous les bombardements de l’aviation ennemie. » Démobilisé le 18 août 1940, rentré à Paris deux jours plus tard, il se présenta le 21 au Bureau des agents démobilisés de l’Assistance publique où on lui remit une feuille d’affectation à l’Hospice des Petits-Ménages. Il y assura son service du 21 août au 3 septembre, lorsque le directeur de l’établissement lui affirma avoir reçu un ordre téléphonique de la direction générale le suspendant de ses fonctions, dont il fut relevé le 1er mars 1941 (arrêté de retrait d’emploi annulé par un arrêté du directeur général de l’Assistance publique du 23 avril 1945).

Malgré ses demandes et ses états de service, tant hospitaliers que militaires, qu’il mit alors en avant, il ne fut pas réintégré et passa dans la clandestinité. Dans la Résistance, il fut chargé d’organiser les Comités populaires des services publics, forme clandestine du syndicalisme, tout en assurant la liaison entre le syndicat légal de la Santé et les syndicalistes hospitaliers résistants.
Porteur d’une fausse carte d’identité au nom de Pierre Le Meur, il fut arrêté par la police en mars ou en avril 1942, enfermé à la Santé, où il passa trois mois au cachot pour avoir été surpris avec des tracts destinés à être distribués à d’autres prisonniers. Il fut condamné en 1943 à trois ans de prison, emprisonné alors à la centrale de Clairvaux, d’où, en septembre 1943, la Gestapo vint le chercher pour le transférer à Fresnes. Aux alentours du 20 décembre, il fut condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien, le 29 décembre à 15 h 12 aux côtés de sept autres militants communistes, Marcel Blanchet, né le 27 mars1907, mécanicien, Maurice Couderchet né le 10 janvier 1904, Eugène Kuntz, né le 27 janvier 1904, chauffeur automobile, René Laprade, né le 31 janvier 1909, maçon, René Lenoir, né le 7 octobre 1900 ) Édouard Maury, né le 1 juillet 1905, égoutier, Marc Viéville, né le 10 juillet 1905 ), plombier couvreur .

Dans sa dernière lettre, il écrivit : « Je tiens à vous dire au moment où je vais mourir que j’ai lutté pour un monde meilleur, ce qui reste ma fierté au moment où je vais payer de ma vie mon attachement à mon idéal politique. [...] Il me coût[e] peu de mourir puisque j’ai la certitude que la France vivra. »

En 1945, l’hospice des Ménages devint la maison de retraite Corentin-Celton. Le 15 septembre 1945, la station de métro Petits-Ménages de la ligne 12, qui dessert l’établissement, prit également son nom.

D’après la notice établie par Christian Chevandier dans le Dictionnaire biographique Maitron

Récapitulatif rédigé par Katherine Le Port d’après les notices précitée