PÔLE JEAN MOULIN



LE GENT Paul
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020


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pastedGraphic « Résister doit toujours se conjuguer au présent. »
Lucie Aubrac
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ARCHIVES DE BREST. Lettre de Paul Le Gent.
Fusillé au mont Valérien le 17 09 1943


Fresnes, le 17 septembre 1943


Mon Yvonne bien-aimée,


Comme je le prévoyais mon recours en grâce est refusé, c’est fini, je vais être exécuté dans quelques heures. C’est triste, Yvonne, de mourir si jeune et en pleine santé, mais ce n’est rien pour moi, c’est à vous que je pense, toi et les petits qui allez subir les conséquences de cette exécution. Je vous aimais bien tous les trois, de toute mon âme ; vous étiez ma vie, mon espoir, et j’aurai voulu vivre pour élever les petits, en faire des hommes.

Te voilà seule, Yvonne, pour assurer cette tâche, elle sera dure, très dure, mais je sais que tu mettras tout en œuvre pour que ces chers petits soient heureux ; je sais qu’ils sont en de bonnes mains, je sais aussi que papa et maman t’aideront, braves gens, je les aimais bien, quel coup pour eux. Ils ne méritaient pas cela sur leurs vieux jours. Fais ton devoir, Yvonne, c’est la vie, c’est la guerre avec ses horreurs. Il faut, Yvonne, que tu saches, et tu le sais déjà, que je ne suis pas un bandit, j’ai toujours été honnête, vous n’aurez pas à rougir de moi ; j’ai fait mon devoir, je tombe pour la France, pour mon idéal.
Il faut aussi que tu connaisses les responsables de ma mort, ce sont les policiers français qui après nous avoir maltraités, cravachés, nous ont livré aux Allemands, n’oublie jamais ces lâches. Il faut aussi que mes enfants le sachent. Ne pardonne jamais à ceux qui m’ont arrêté et enchaîné devant toi. Ils se sont faits complices par leur inconscience de leur lâcheté.*

Ma main tremble, Yvonne, mais ne crains pas une défaillance de ma part, je serai fort devant la mort, comme tu seras forte devant l’existence pour élever nos enfants.
Adieu, ma bien-aimée, adieu Jean-Claude, adieu Yvon. Faites des hommes, soyez honnêtes. Adieu, chers parents, adieu mes amis. C’est fini. Adieu.
Yvonne, reçois de celui qui t’a aimée, ses derniers mais plus tendres baisers.
Paul pour la vie.

Chers Yvon et Jean-Claude, j’ai lutté pour que vous soyez heureux, soyez dignes de votre père.

Papa
* passage censuré




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