PÔLE JEAN MOULIN



ROL-TANGUY Cécile
(Article en cours)
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 10 mai 2020


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance

Ci dessous : Cécile et Henri quelques jours après leur mariage en Bretagne, 17 avril 1939

Source Le Chiffon Rouge Morlaix :
http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/


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COMMUNIQUE

La famille Rol-Tanguy communique :

Cécile ROL-TANGUY est décédée ce jour 8 mai 2020 à 12 h 10, à son domicile de Monteaux (Loir-et-Cher), à l’âge de 101 ans.
Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944.

Porteuse des plus hautes distinctions de la République (Grand Officier de la Légion d’honneur, Grand Croix dans l’Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance), elle était emblématique de la place de femmes dans le combat contre Vichy et l’occupant nazi.
Cécile ROL- TANGUY soulignait toujours qu’elle n’acceptait ces décorations qu’en hommage à toutes les femmes de l’ombre, rouages indispensables de la lutte clandestine.
Aux déportées, aux internées, à toutes celles assassinées par l’ennemi et pourtant si souvent oubliées à l’heure de la victoire. A toutes les femmes qui, comme elle, une fois la guerre terminée, reprirent simplement leur place dans la vie quotidienne de leur famille et du pays.

Née Cécile LE BIHAN le 10 avril 1919, elle était la fille unique de François LE BIHAN, ouvrier électricien, militant du Parti Communiste Français depuis sa création en 1920 et dirigeant syndical de la CGT, déporté-résistant mort à Auschwitz en 1943 et de Germaine JAGANET, femme au foyer et résistante, elle aussi.

L’engagement de Cécile ROL-TANGUY date de 1936, du Front Populaire et de la guerre d’Espagne. C’est au Syndicat des Métaux CGT de Paris, où elle est employée, qu’elle rencontre Henri TANGUY, dirigeant des métallos parisiens, combattant volontaire dans les Brigades Internationales aux côtés de la République espagnole attaquée par Franco. Ils se marient en 1939, juste avant la guerre durant laquelle il est mobilisé en première ligne.

Dès la fin juin 1940, alors qu’elle vient de perdre leur premier enfant, Françoise, le jour de l’entrée de la Wehrmacht dans Paris, elle rejoint ce qui deviendra la Résistance. Elle tape des tracts, des journaux syndicaux et autres documents illégaux de la CGT interdite et travaille pour les avocats communistes qui défendent les premiers emprisonnées du régime de Vichy.

Le 18 août 1940, elle accueille Henri TANGUY à Paris, tout juste démobilisé. Le jour même, elle le met en contact avec les cadres clandestins de la CGT. Quatre ans plus tard, jour pour jour, elle tapera l’ordre de l’insurrection parisienne que son mari – devenu le colonel ROL, Chef militaire régional des FFI de l’Ile de France- lui dictera à l’aube de la semaine insurrectionnelle victorieuse de la capitale. Entre temps, le couple a plongé dans la clandestinité dès octobre 1940. Elle vivra alors, aux côtés de son époux dont elle est l’agent de liaison, la vie clandestine des résistants. Elle donnera aussi le jour – en mai 1941 et novembre 1943 - à deux enfants, Hélène et Jean.

Elle participera à la semaine insurrectionnelle de Paris du 19 au 26 août 1944, au cœur de la décision et de l’action, dans le PC souterrain du Colonel ROL, sous la place Denfert-Rochereau. Elle sera la seule femme présente quand le Général De Gaulle recevra l’Etat-Major des FFI d’Ile-de-France, le 26 août 1944 à l’Hôtel de Ville. Cécile et Henri Rol-Tanguy, avec Lucie et Raymond Aubrac, resteront comme les deux couples symboles de la Résistance intérieure française. Après-guerre, elle donnera naissance à deux autres enfants, Claire (1946) et Francis (1953) et demeurera l’indispensable collaboratrice de son mari.

Jusqu’à son dernier souffle, Cécile ROL-TANGUY témoignera de sa fidélité à l’utopie généreuse du communisme, à ses engagements de jeunesse pour la justice sociale et l’émancipation des femmes.

A la suite de son mari, décédé en 2002, Cécile était également Présidente de l’ANACR (Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance) et Présidente d’Honneur de l’ACER/AVER (Amis des Combattants en Espagne Républicaine/ Amicale des Volontaires en Espagne Républicaine). Jusqu’en 2014, elle animera régulièrement des échanges sur la Résistance avec des collégiens et lycéens. Enfin, en août 2019, elle assistera aux cérémonies du 75ème anniversaire de la Libération de Paris.

Monteaux, le 8 mai 2020
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HOMMAGE A CECILE ROL-TANGUY
(Texte en téléchargement-pdf)

C’est avec une profonde émotion et une grande tristesse que nous avons appris en ce 8 mai 2020, jour du 75ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme, la disparition de Cécile Rol-Tanguy qui, antifasciste dès sa jeunesse, Résistante depuis les premiers jours de l’Occupation et au régime pétainiste, prit pleinement sa part dans le combat pour la Libération de la France et pour cette Victoire sur la barbarie.

Fille de Germaine et François Le Bihan ouvrier électricien, syndicaliste et militant communiste qui mourra en déportation, Cécile Le Bihan, née à Royan le 10 avril 1919, passa son enfance au Vésinet (Seine-et-Oise), puis à Paris à partir de 1933. Titulaire du Brevet élémentaire, elle suivit le cours Pigier de sténodactylo et fut embauchée en novembre 1936 au Syndicat des métaux CGT de la région parisienne, où elle rencontra Henri Tanguy.

Elle adhéra en 1936 à l’Union des Jeunes Filles de France (UJFF), puis, en 1938, au Parti communiste, et devint la marraine de guerre d’Henri Tanguy, combattant des Brigades internationales, avec qui elle se maria le 15 avril 1939.

L’hiver 1939-1940, Henri Tanguy mobilisé, Cécile conserva des contacts militants, tel celui qui s’avéra essentiel avec Marcelle Gautier, femme d’Henri Gautier, trésorier du Syndicat des Métaux, clandestin depuis que sa direction avait refusé de désavouer le pacte germano-soviétique. Grâce à cette liaison, Henri Tanguy, démobilisé, put reprendre contact dès le 19 août 1940 avec Gautier, puis prévenu le 5 octobre de l’arrestation de celui-ci, entrer immédiatement en clandestinité. De l’automne 1940 au printemps 1941, Cécile Tanguy frappa des stencils et assura des liaisons pour les Comités populaires des métallos, dont Henri fut l’un des responsables.

A partir de juillet 1941, Cécile Tanguy, successivement «Jeanne», «Yvette», «Lucie», joua un rôle essentiel auprès d’Henri quand celui-ci devint responsable, militaire ou politique, de directions interrégionales des premiers groupes armés, puis des FTP. Secrétaire, elle frappa tracts, directives, rapports à la direction nationale FTP, journaux clandestins.

Agent de liaison, elle assura de 1941 à 1943 le contact avec Marcel Paul, puis avec les membres des triangles de direction à Paris : Raymond Losserand et Gaston Carré, puis Roger Linet et Raymond Colin, enfin Joseph Epstein et Edouard Vallerand ; avec des responsables FTP dépendant de la direction interrégionale : en Anjou Maurice Lacazette et Marcel Hamon, à Paris Boris Holban ou Boris Milev, de la MOI ; avec la direction nationale FTP : Eugène Hénaff, Georges Vallet, René Camphin, Georges Tessier, Albert Ouzoulias, Pierre Le Queinnec, d’autres encore. Elle transporta aussi tracts et journaux clandestins, armes et explosifs, parfois dans le landau de leur fille Hélène, née le 28 mai 1941.

Malgré la clandestinité, Cécile et Henri préservèrent un espace de vie familiale, en dépit des nombreux déplacements et de fréquentes séparations de domicile. Ils cohabitèrent cependant à Quinçay près de Poitiers à l’automne 1942, puis à Antony après le retour en Région parisienne en mars 1943. Leur fils Jean, naquit à Antony le 13 novembre 1943.

Lorsque Henri Tanguy fut affecté en automne 1943 aux FFI, puis devint en juin 1944, sous le nom de «colonel Rol», chef régional des FFI d’Ile-de-France, Cécile continua à remplir sa double fonction. Elle frappa les ordres du chef régional et assura ses liaisons avec le général Malleret-Joinville, chef d’état-major national des FFI, avec les colonels Avia et Villate, de l’état-major régional, avec les états-majors départementaux FFI, la direction nationale FTP, avec Pierre Villon, représentant du Front national au CNR et Président du COMAC, avec, pendant l’insurrection parisienne, André Tollet, président du Comité Parisien de Libération.

Cécile Tanguy, présente en août 1944 dans le PC souterrain de Rol Place Denfert-Rochereau, y tapa l’Appel à l’insurrection de la Région parisienne qu’Henry lui dicta. Le 28 août 1944, elle sera la seule femme invitée à la réception au Ministère de la Guerre par le général de Gaulle des responsables de la Résistance dans Paris libéré.

Au lendemain de la Libération, alors qu’Henri Tanguy, désormais «Rol-Tanguy» – patronyme officialisé en 1970 – rejoignait le général Koenig au Gouvernement militaire de Paris, et commençait une carrière militaire, Cécile fut notamment chargée d’organiser le service social de l’état-major régional FFI, créé en octobre 1944, et qui fut intégré dans l’armée régulière en mars 1945.

Adhérente du Parti communiste, membre de l’Union des Femmes Françaises (UFF), elle s’engagea dans la préservation de la mémoire des combats des antifascistes et des Résistants, et pour la transmission des valeurs pour lesquelles ils combattirent, en premier lieu à la jeunesse. Depuis le décès d’Henri Rol-Tanguy le 8 septembre 2002, Cécile Rol-Tanguy est très souvent intervenue, partout à travers la France, devant des jeunes collégiens et lycéens ; en 2011, elle vint évoquer l’Insurrection parisienne au Stage National de l’ANACR.

Présente à plusieurs congrès nationaux de l’ANACR, elle en devint à celui de Lons-le-Saunier en 2012, Présidente nationale avec Louis Cortot, Henriette Dubois (Nelly) et Pierre Martin.

Pour toutes celles et ceux qui l’ont connue dans ces instances et assises de l’ANACR, en premier lieu les membres du Bureau national, Cécile par toute sa vie, a été, est et restera un exemple inspirant le plus profond respect ; et toutes et tous garderont avec émotion le souvenir de sa chaleur humaine, le souvenir de cette Grande dame de la Résistance.

Médaillée de la Résistance en septembre 1945, homologuée lieutenant FFI en janvier 1946, chevalier de la Légion d’honneur en avril 1984, elle fut en 2013 élevée à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur et, le 18 novembre 2017 à celle de Grand’Croix de l’Ordre National du Mérite.

En ces moments douloureux, au nom de tous les membres du Bureau National, de tous les membres de l’ANACR, nous tenons, partageant leur peine, à exprimer à ses enfants, Hélène, Claire, Jean, et Francis, à ses petits-enfants, à tous ses proches, nos sentiments les plus affectueux.

Pour le Bureau National de l’ANACR :

Pierre MARTIN, Président, Jacques WEILLER, Anne FRIANT-MENDRES, Anne-Marie MONTAUDON, Martine PETERS, Robert FOREAU-FENIER, Vice-Président(e)s, Jacques VARIN, Secrétaire général, Jean-Paul BEDOIN, Secrétaire-général adjoint.

Message de Jean Sala-Pala, Président de MERE29

Chers Amis de l'ANACR,

C'est avec tristesse et émotion que nous avons appris le décès de Cécile Rol-Tanguy. Elle restera à jamais dans l'Histoire, avec son mari, comme la parfaite illustration de la résistance au nazisme, une valeur partagée par tous les Républicains espagnols.

Dans cette douloureuse circonstance, l'association Mémoire de l'Exil Républicain Espagnol dans le Finistère souhaite vous faire part de toute sa sympathie.
Très cordialement.

Jean Sala-Pala, Président


Ci dessous :

Extrais de
recueil de témoignages sur septembre 1944 que nous avions réalisé pour les JEP 2019. Catherine Ferré-Jardinier de Brest
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MESSAGE POUR LA JOURNEE NATIONALE DE LA RESISTANCE

(Texte en téléchargement-pdf)

L’année 2020 est celle du 75ème anniversaire de la victoire sur le Reich nazi, concrétisée par sa capitulation sans conditions signée le 7 mai 1945 à Reims et le 8 mai à Berlin.

Cette victoire fut celle des armées alliées, américaine, britannique et soviétique, qui fournirent l’essentiel de l’effort militaire victorieux, mais aussi celle d’autres pays qui s’étaient joints à la coalition antifasciste, Canada, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande, ou qui s’étaient reconstituées à l’extérieur de leurs sols occupés pour poursuivre la lutte contre les agresseurs : forces polonaises, tchécoslovaques, norvégiennes, néerlandaises, belges, luxembourgeoises, grecques, yougoslaves et françaises libres ; ces «F.F.L.» qui, ayant répondu à l’Appel lancé le 18 juin 1940 par le général de Gaulle, auront participé, entre 1940 et 1945, aux combats dans l’Est africain en Erythrée, dans le désert libyen à Bir-Hakeim ou Koufra, en Tunisie, en Italie à Monte-Cassino, sur le front de l’Est avec l’escadrille Normandie-Niemen et qui formeront, avec l’Armée d’Afrique et les combattants issus de la Résistance, l’Armée française de la Libération luttant aux côtés des Alliés.

Cette victoire fut aussi celle des peuples qui, au prix de sacrifices immenses découlant de la barbarie de la répression nazie, à laquelle s’associèrent les régimes fascistes alliés du Reich hitlérien et les régimes fantoches mis en place à la faveur de ses conquêtes, tel en France celui de «l’Etat français» pétainiste, n’auront cessé, plus de cinq ans durant, de mener la lutte de Résistance nationale à l’occupant et pour la liberté ; y compris les armes à la main.

Dans notre pays, dès 1940, dès les premiers jours, dès les premières semaines, dès les premiers mois de l’Occupation, se manifestèrent des gestes de Résistance, commencèrent à s’organiser ou à se réorganiser des structures de Résistance, à être publiés et diffusés de premiers journaux clandestins de Résistance. Malgré la répression menée par l’occupant nazi et le régime pétainiste à sa solde contre les patriotes, emprisonnés, torturés, fusillés au Mont-Valérien, à Châteaubriant, à Souge et dans tant d’autres lieux, déportés dans les camps de la mort, cette Résistance se renforça au fil des mois, donnant naissance à une multitude de groupes d’action et de propagande, de réseaux d’évasion et de renseignement, de mouvements… Leur coordination ainsi que le renforcement de leurs liens avec la France libre vont devenir une nécessité grandissante, c’est la tâche à laquelle se consacrera Jean Moulin.

Ce qui se concrétisera le 27 mai 1943 à Paris, 48 rue du Four, avec la formation, sous la Présidence de Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance, le C.N.R., rassemblant 8 principaux mouvements de Résistance - 5 de la zone Nord (Front National pour la Libération et l’Indépendance de la France, Organisation Civile et Militaire, Libération-Nord, Ceux de la Libération, Ceux de la Résistance), occupée par la Wehrmacht nazie depuis l’Armistice de juin 1940, et 3 de la zone Sud (Combat, Franc-Tireur et Libération-Sud), envahie par les Allemands le 11 novembre 1942 - ainsi que 6 partis clandestins (communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens, Fédération républicaine et Alliance démocratique) et les deux centrales syndicales, la CGT et la CFTC.

Cette création du CNR, représentant la Résistance, laquelle va se placer sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, renforça la légitimité du Chef de la France libre auprès des Alliés. «J’en fus à l’instant plus fort» dira-t-il, car il représentait ainsi la France Combattante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Elle va aussi permettre, en unifiant toutes les forces de la Résistance, la mise en place dès la fin 1943 des Comités locaux et départementaux de la Libération, la création début 1944 des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) qui vont avoir un rôle important dans la Libération de la France.

Et la création du CNR va permettre l’élaboration et l’adoption d’un Programme qui sera publié le 15 mars 1944 dans la clandestinité sous le titre «Les jours heureux».

Sa première partie est un appel à la mobilisation de toutes les forces de la Résistance, du peuple français pour, par le développement de la lutte sous toutes les formes, préparer et hâter cette libération tant espérée. Le 18 avril 1942, le général de Gaulle avait déclaré à la radio de Londres : «l'insurrection nationale ne peut être séparée de la libération nationale». Cette insurrection nationale, qui commencera début juin 1944, la Résistance va la préparer pendant de nombreux mois, avec la création et le renforcement de l’été 1943 au printemps 1944 de nombreux maquis que rejoindront nombre de jeunes refusant le Service du Travail Obligatoire, parallèlement au développement de groupes urbains de combat. Ils seront les uns et les autres au rendez-vous de la Libération.

Ainsi, la Résistance apportera aux débarquements libérateurs des 6 juin 1944 en Normandie et 15 août suivant en Provence un appui dont le général Eisenhower soulignera l’importance en l’évaluant à l’action de 15 divisions, en entravant par la destruction de voies et moyens de communication l’acheminement de renforts allemands harcelés par les maquis mobilisés. Après avoir joué un rôle décisif en septembre-octobre 1943 dans la libération de la Corse, elle libéra par elle-même au printemps et à l’été 1944 des régions entières, notamment tout le Sud-ouest, en Auvergne, dans les Alpes, elle assiègera des mois durant les forces allemandes fortifiées dans les Poches de l’Atlantique. Près de 150 000 F.F.I rejoindront l’Armée française de la Libération qui, après avoir libéré Strasbourg, passera, tel le prestigieux «15-1» issu du «Régiment de Paris» FFI, le Rhin ; et participera aux côtés des autres forces alliées sur le sol allemand à la victoire finale sur le nazisme le 8 mai 1945.

La seconde partie du Programme du CNR est consacrée aux mesures à prendre dès cette Libération pour restaurer les institutions républicaines du pays, pour le rénover par une profonde démocratisation politique, économique et sociale, elle trace les contours des «Jours heureux» dans une France que les Résistant(e)s veulent solidaire.

Le Gouvernement provisoire de la République française présidé par le Général de Gaulle, va mettre en œuvre le Programme du Conseil National de la Résistance : sur le plan économique, avec le souci, dont on peut apprécier en ces jours difficiles la pertinence, de faire en sorte, ainsi que l’avait déjà exprimé le Général de Gaulle dans un discours à la radio de Londres le 20 avril 1943, «qu’aucun monopole et aucune coalition ne puisse peser sur l’Etat ni régir le sort des individus [et que] les principales sources de la richesse commune soient administrées ou tout au moins contrôlées par la Nation…», les Charbonnages du Nord-Pas-de-Calais seront nationalisés dès le 14 décembre 1944, les Usines Renault le seront le 16 janvier 1945, le crédit et la production d’électricité le seront le 24 mai, Air France le 16 juin, la Banque de France le 2 décembre.

La démocratie politique et sociale sera approfondie : le 22 février 1945 seront créés les comités d’entreprise, le 29 avril, les femmes voteront pour la première fois, à l’occasion des élections municipales, en octobre la Sécurité sociale sera étendue à tous les salariés, on peut mesurer en ces temps de pandémie à quel point, inspirée de l’esprit de solidarité des Résistant(e)s, elle a été un acquis précieux qu’il convient de défendre et conforter. En avril 1946 sont créées les entreprises nationales EDF et GDF, en octobre suivant sera adopté le statut de la fonction publique... Toutes mesures qui, en dépit de remises en causes ultérieures, ont fondé, en privilégiant, ce qui doit être une exigence pérenne, l’intérêt général sur les intérêts particuliers, les principes et les bases du pacte social et républicain perdurant pour une large part jusqu’à nos jours, et qu’il faut préserver.

Promulguée le 19 juillet 2013, la Loi instaurant la «Journée Nationale de la Résistance, le 27 mai», rappelant que le 27 mai était le jour anniversaire de la création du CNR, lui assignait comme mission d’«assurer la transmission des valeurs de la Résistance et de celles portées par le programme du Conseil National de la Résistance». Valeurs humanistes et démocratiques plus que jamais nécessaires dans un monde qui connait toujours les guerres, les dictatures négationnistes des droits de l’homme et des peuples, la xénophobie et le racisme, l’insigne pauvreté allant jusqu’à la famine, et où resurgit le spectre du fascisme.


La Présidence Nationale de l’ANACR

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Funérailles de Cécile Rol-Tanguy-Tanguy


Message de Thierry HENRI Ville de BLOIS


Madame, Monsieur,



Madame Cécile ROL TANGUY est décédée vendredi 8 mai à 12h00 à l'âge de 101 ans.



Ses funérailles auront lieu mardi 12 mai à 15h00 à Monteaux. Elles se dérouleront dans l'intimité familiale afin de respecter les règles sanitaires.

Avec l'accord de la famille, un dernier hommage populaire et citoyen sera rendu à Blois au passage du convoi.



Voici le déroulé.



Le convoi funèbre quittera le funérarium Bouvier Goury mardi à 14h00.

Il empruntera la rue Wilson pour passer devant la place du Colonel Rol Tanguy.



Le parti communiste français et la CGT proposent à leurs adhérents de former une haie d'honneur de chaque côté de la place Rol Tanguy. Les autres organisations politiques et syndicales sont également conviées.



De l'autre côté du Pont, place de la Résistance, Monsieur le maire de Blois, Marc GRICOURT, rendra hommage à Mme ROL TANGUY accompagné des président d'associations et leur porte-drapeau. Les élus et les citoyens de Blois qui pourront être présents applaudiront également au passage du cortège.



Si vous le souhaitez et tout en conservant les distances de sécurité sanitaire, Nous vous invitons à vous retrouver à 13h45, ainsi que vos porte-drapeaux, place de la Résistance, le long du quai de la Saussaye. Vous pouvez stationner sur le mail Sudreau (stationnement gratuit)



Nous vous invitons à porter vos masques et à respecter impérativement les gestes barrières et une distanciation physique d'au moins un mètre par personne.



Nous vous remercions par avance de votre participation à l'hommage pour cette grande dame de la Résistance.



Bien cordialement



Thierry HERVE

06.64.49.75.11

Relations publiques / Protocole

Ville de Blois


Hommage à Cécile Rol-Tanguy

Communiqué LDH

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a appris avec tristesse la disparition de Cécile Rol-Tanguy, le 8 mai dernier, à l’âge de 101 ans.

Résistante de la première heure, elle mena son combat contre l’occupant avec une détermination sans faille, aux cotés celui qui fut d’abord son filleul puis son mari, Henri Tanguy.

Par la suite elle n’eut de cesse de faire reconnaître le rôle trop souvent oublié et méconnu des nombreuses femmes qui agirent dans l’ombre en cette période sombre et cruelle. C’est à elles qu’elle dédia la décoration que lui remit Jacques Chirac.

Son souvenir restera celui d’une résistante, d’une combattante de l’ombre, d’une femme lumineuse.
La LDH présente à sa famille ses sincères condoléances.

Paris, le 11 mai 2020

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La section d’honneur du Détachement air de Romorantin au garde-à-vous tandis que le cercueil de Cécile Rol-Tanguy est porté vers sa dernière demeure, au cimetière de Monteaux.
© Photo NR


LA NOUVELLE REPUBLIQUE.fr

https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/une-ceremonie-simple-et-digne-pour-l-adieu-a-cecile-rol-tanguy
Une cérémonie simple et digne pour l'adieu à Cécile Rol-Tanguy

Publié le 13/05/2020 à 06:25 | Mis à jour le 13/05/2020 à 07:
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De Blois à Monteaux en passant par Onzain, le Loir-et-Cher a salué hier le convoi funèbre d’une grande figure de la Résistance, décédée le 8 mai. Les honneurs militaires lui ont été rendus.

Recouvert du drapeau tricolore le cercueil semble petit, finalement, pour une si grande dame. Ce mardi 12 mai, après avoir cheminé le long de la Loire depuis Blois, escorté par deux motards de la gendarmerie, le cortège funéraire de Cécile Rol-Tanguy est arrivé à sa dernière étape au cimetière de Monteaux. C’est dans ce petit village, entre la Cisse et le coteau, qu’elle a vécu une retraite discrète et paisible, au côté de son époux, le colonel Henri Rol-Tanguy, disparu en 2002.
Les roses rouges Dans le bourg, les habitants se sont réunis pour saluer la défunte au passage du convoi, tandis qu’une jeune violoniste accompagnée d’un tambour jouait Le Chant des partisans.
À l’écart du village, devant la grille du minuscule cimetière, l’hommage est silencieux, simple et digne à l’image de la défunte. C’est le moment de saluer la mémoire de celle qui fut une combattante de l’ombre, celle dont le père est mort en déportation à Auschwitz et qui était entrée dès juillet 1940 dans la clandestinité, une date qui n’est pas anodine au regard de l’Histoire.
Médaillée de la Résistance, grand-croix de l’ordre national du Mérite, grand officier de la Légion d’honneur, elle portait ses décorations en souvenir de ses camarades morts dans la lutte contre l’occupant nazi et ses affidés. C’est aussi devant ce souvenir que se figent Yves Rousset, le préfet de Loir-et-Cher, la colonelle Isabelle Poirot et les vingt-deux militaires de la section d’honneur venus du Détachement air de Romorantin, au garde-à-vous baïonnette au canon. Chacun s’efforçant de respecter la distanciation physique même si ce n’est décidément guère facile en pareille circonstance.
La présidence de la République a envoyé une lettre à la famille et fait porter des fleurs, tout comme plusieurs ministres (Jacqueline Gourault, Élisabeth Borne) ainsi que le président du conseil départemental, Nicolas Perruchot, représenté par Catherine Lhéritier, élue du canton.
Des gerbes et des couronnes, il y en a d’ailleurs un plein fourgon. Beaucoup de roses rouges, la couleur fétiche de la disparue, restée toute sa vie fidèle à l’idéal communiste. « En 2019, nous lui en avions offert une centaine pour son anniversaire », raconte Yves Lehouelleur, le maire de Monteaux. Il garde le souvenir d’une personne « stricte et élégante », qui ne manquait jamais de remplir son devoir électoral. Et pour cause ! « On ne nous a pas donné le droit de vote, nous l’avons conquis en nous battant dans la Résistance », ne manquait jamais de rappeler Cécile Rol-Tanguy.
Seule la famille franchit la grille du cimetière : les quatre enfants de Cécile et Henri, leurs petits-enfants, quelques proches, munis de masques pour plusieurs d’entre eux. En raison de la crise sanitaire, les obsèques ne peuvent actuellement réunir plus de 20 personnes. Quelques mots émus s’envolent dans le vent frisquet, puis une voix s’élève. Celle d’Yves Montand qui chante A Paris.


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Ci dessous :
Quelques photos de la cérémonie d'hier, en l'honneur de Mme ROL TANGUY.

Photos libre de droit avec copyright "Ville de Blois".
Bien cordialement

Thierry HERVE
Relations Publiques

www.blois.fr


Ci dessous :

Ces amis se souviendront de Cécile Résistante
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Ci dessous :

Hommage des amis et personnalités
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Ci dessous :

Le Salut des drapeaux
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Ci dessous :

passage du cortège
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