PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



La bataille de LESVEN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 8 février 2021


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :


Renseignements à venir
A lire :

Maudit 26 août 44 à Poullan sur Mer au lieu-dit LENN A VOA

-Le Finistère dans la guerre 1939-1945 », tome I et II, par G.M. Thomas et A. Le Grand, éditions de la Cité,

-La pointe de Cornouaille 1940-1944 » par J.J. Doaré et A. Le Berre, éditions AS3P, 2006

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Les enfants étaient bien présents
lors de la cérémonie des combats de LESVEN du 29 août 2014

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Jean Sergent, maire honoraire et doyen de la commune de Beuzec-Cap-Sizun, avait 21 ans en 1944. Il habitait au hameau de Kervigoudou où se sont déroulés la majorité des combats auxquels il a donc assisté.
Le 26 août 1944, des combats se sont déroulés près de Lesven à Beuzec-Cap-Sizun entre forces allemandes et résistants. Jean Sergent, doyen de la commune, 21 ans à l’époque, vivait dans l’une des deux fermes du hameau de Kervigoudou, théâtre de la bataille, qui surplombe la crique de Lesven. Il témoigne.

Le 25 août, 200 soldats allemands et une cinquantaine de blessés quittent Lezongar à Esquibien pour la côte nord du Cap-Sizun afin de gagner Brest par bateau. « On savait que les Allemands venaient, ils avaient réquisitionné cultivateurs et charrettes. On savait aussi que les résistants voulaient attaquer. Avec mon frère on est allés voir dans le champ d’à côté qui surplombe la plage.

Il y avait un bateau pas loin, ils commençaient à embarquer. On s’est dit ils vont embarquer, et puis c’est tout », raconte Jean Sergent. Mais à minuit, claque le premier coup de feu. Les FFI, « quelques gars de Beuzec », viennent d’attaquer. Un feu incessant s’abattra jusqu’en fin d’après-midi. Seule une petite vingtaine de blessés allemands sera évacuée par mer vers Brest dans la nuit.
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Les estivants profitent aujourd’hui de la petite crique de Lesven où, dans la nuit du 25 au 26 août 1944, quelque 250 Allemands tentèrent de fuir vers la presqu’île de Crozon en face pour rejoindre Brest. Attaquée par la Résistance, ce qui mena aux combats de Lesven, seule une petite vingtaine de blessés put être évacuée.

« Au-dessus de la plage, il y a un rocher qu’on appelle Karreg ar gad (rocher du lièvre), c’est de là qu’ils ont tiré en premier. Ce n’était pas très malin, il fallait remonter à découvert, le premier talus était à plus de quinze mètres ! », fait remarquer le Beuzecois. Un FFI d’Esquibien est mortellement touché. Les Allemands ripostent et montent vers Lesven. Clet Gourmelen, « un vieux crapouillou, comme il le disait lui-même » n’aimait pas les Allemands, « quand ils ont voulu rentrer chez lui, il s’y est opposé et ils l’ont tué. Un coup de crosse sûrement, je l’ai vu après, il avait la tête fracassée ». Deux fermes sont incendiées. L’ennemi se dirige vers Kervigoudou. Placé en hauteur, dominant la crique, le hameau permet de contrôler les alentours. Blessés et commandement s’installent dans la ferme de la famille Mens, voisine de celle des Sergent.

On n’avait pas vraiment peur, à cet âge on n’est pas vraiment conscient


« Au départ, il n’y avait pas beaucoup de résistants, heureusement les Allemands ne s’en sont pas rendu compte », continue le doyen âgé de 96 ans.Jean et son frère serviront de boucliers humains

Vers 10 h du matin, Jean et son frère vont apporter du foin aux vaches, « on continuait notre travail », et se font prendre par les Allemands, ils serviront de boucliers humains. « Ils ne nous ont pas mis à l’abri, les balles venaient jusqu’à nous continuellement. Je les vois encore passer près de ma tête. On n’avait pas vraiment peur, à cet âge on n’est pas vraiment conscient ».

La ferme de la famille Sergent au village de Kervigoudou où les Allemands avaient pris position lors des combats de Lesven le 26 août 1944.

Entre talus et chemins creux, les combats sont difficiles. « Les Allemands se cachaient derrière un mur d’enceinte de la ferme. Et les FFI du coin, c’était des jeunes inorganisés qui n’avaient pas fait le service. On en voyait avancer en plein champ alors que le talus était à dix mètres. Vers midi un Allemand en a descendu quatre ou cinq comme ça. L’un d’eux a sauvé sa peau en se camouflant contre un cadavre ».

Quelques heures plus tard, vers 15 h, « ma mère est venue demander au commandant de nous laisser manger un morceau à la ferme. On n’avait rien pris depuis le matin. Il a envoyé un jeune soldat, très gentil, pour nous garder. Ma mère avait fait des crêpes, il a mangé avec nous. Quand le combat a été terminé, il a posé son fusil sur la table, comme ça. Il avait compris que c’était fini ».


© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/capsizun/beuzec-combats-de-lesven-en-1944-ca-tirait-de-partout-22-08-2019-12365175.php#PPo1TWSywAqE293z.99

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Bonjour,

Une cérémonie initiée par Douarnenez - Poullan -sur-Mer, Beuzec-Cap-Sizun  s'est déroulée le 26 août 2019.
Le Télégramme a bien fait paraître  les différentes cérémonie du souvenir.
Cordialement,

YVES MAZO
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Source : DOC ANACR29
Sirocco de la compagnie FTP Kléber, de Douarnenez, photographié avant les combats de Lesven. A droite, le lieutenant Marcel Florc'h, chef de la compagnie de FTP Kléber, arrivée dès la première heure à Lesven.



LESVEN 26 AOUT 1944

http://maquisardsdefrance.jeun.fr/t10800-les-combats-de-lesven-en-finistere-26-aout-1944


Le 6 juin 1944 les alliés débarquent en Normandie. En Bretagne, à la fin du mois d’août, les régions de Brest et de Lorient restent encore aux mains des allemands (Saint-Nazaire située en Loire inférieure n’est plus administrativement bretonne depuis 1941). Au Cap Sizun, extrême pointe de Cornouaille, c'est à Lézongar, sur la commune d’Esquibien, près d'Audierne, que 600 combattants ennemis se sont regroupés.


Le 25 août environ 200 allemands (dont une cinquantaine de blessés) du point d’appui d’Audierne vont essayer de gagner Brest via Crozon, depuis Lézongar. Ce sont des soldats et des aviateurs, et surtout des marins rescapés des combats navals qui viennent d’avoir lieu en baie d'Audierne dans la nuit du 22 au 23 août. Ils réquisitionnent une trentaine de charrettes et des chevaux et, conduits par un lieutenant SS, se dirigent vers Pors Lesven, une crique sise à environ dix kilomètres au Nord de Lézongar, sur la commune de Beuzec Cap Sizun. La crique fait face à la presqu’île de Crozon. Située au débouché d’un vallon, elle est appuyée à l’Est par une pointe rocheuse qui termine la crête qui surplombe le vallon.

Le déplacement ennemi est difficile et surveillé par les résistants. L'embarquement à bord de cotres armés de la 2ème flottille de patrouilleurs commandés par un enseigne de vaisseau qui connaît l’endroit ne va pas se passer comme prévu. En soirée, le groupe terrestre ennemi est contraint de renforcer ses positions au village de Kervigoudou situé 200 mètres au-dessus de la plage.

La résistance qui surveille toujours les mouvements allemands, d'abord hésitante, prend position : la section Danton de la compagnie FTP Kléber de Douarnenez occupe la pointe sous la protection d’éléments de la 4ème compagnie FFI de Tréboul, tandis que 6 hommes du corps franc de la compagnie FFI Surcouf de Pont-Croix verrouillent l’accès à la crique. D’autres résistants se tiennent en réserve à proximité de la route départementale qui mène de Douarnenez à la pointe du Van.

Le 26 août 1944, vers 1h30-2h00 du matin, le groupe Allaire de la 4ème compagnie FFI (arrivé inopinément sur la crête d’après certains) entame trop tôt le combat par un coup de feu involontaire sur les allemands qui ont commencé le transfert des blessés graves par embarcations, de la crique vers les cotres (il semble qu’au moment du tir seulement 5 blessés ont été transférés). Les allemands qui sont sur la plage paniquent : ils doivent mettre leurs blessés à l’abri et ne sont pas correctement armés pour riposter immédiatement. Cependant, la réponse des canons embarqués ennemis est vive tout comme celle des canons de 20 mm de DCA disposés à Kervigodou, sur les hauteurs, servis par des hommes de la Luftwaffe précédemment stationnés à la pointe du Raz, auxquels s’associent plusieurs mitrailleuses.

Un repli des résistants est nécessaire, tandis que le corps franc Surcouf réussit à bloquer les allemands sur la plage. Vers 2h30 les bateaux ennemis appareillent, avec seulement une vingtaine d’hommes transférés.

Les positions se figent jusqu’à 5h00-5h30, heure à laquelle les allemands de Kervigodou contre-attaquent en direction du village de Lesven, harcelés par quelques FTP de Kléber et le corps franc Surcouf. Vers 7h00, ils incendient les deux fermes de Lesven et massacrent un vieil homme infirme. Ils ne dépasseront pas le hameau voisin de Lézugar qu’ils devront abandonner.

La 7ème compagnie FFI de QUIMPER-FOUESNANT et les 2, 3, 4 et 5èmes compagnies résistantes de Douarnenez viennent renforcer le dispositif. Le reste de la compagnie Surcouf arrive vers 8 heures. Les résistants font prisonniers des groupes d’allemands qui, pour beaucoup, n’ont plus la volonté de combattre.

Au village de Kervigoudou, des civils restés sous la garde ennemie, subissent les coups de feu des résistants.

A 10 heures, malgré l'arrivée des résistants d'Audierne et de Plogastel-St-Germain l’issue du combat reste encore incertaine. Pourtant les ennemis sont repoussés du village de Lesven, et même de celui de Kervoal, occupé quelques instants. A midi, aucun avantage décisif n’est pris d’un côté comme de l’autre.

Dans l'après-midi, sous une chaleur étouffante, des compagnies de Briec et la compagnie de choc FFI Bretagne dotée d’une automitrailleuse (qui tombera en panne sur zone) viennent renforcer les troupes amies. Les officiers étudient les positions et décident d'attaquer par l'Ouest, flanc précaire de la position de Kervigoudou où se sont retranchés la plupart des allemands.

L'assaut final est donné vers 17h00 heures. A l’Ouest, les résistants encerclent Kervigodou via les couverts et les chemins creux tandis qu’à l’Est la plage et la côte sont « nettoyées » La fin du combat est proche. L’oberleutnant SS est achevé après avoir raté son suicide. Ses soldats, aviateurs et marins se rendent par petits groupes. Le combat est fini. Il est environ 19h30.

Sur zone, 11 résistants ont été tués et 1 civil massacré. Près de Lézongar, au lieu-dit la Croix-Rouge, 3 résistants capturés ont été fusillés tandis, qu’ironie du sort, 5 FTP de Kléber rentrant en camion à Douarnenez meurent mitraillés à Len A Voa, près de Poullan sur Mer, victimes d’une méprise de l’aviation de chasse américaine, un sixième décédera des suites de ses blessures, une vingtaine d’hommes seront également blessés lors de ce triste épisode.

Du côté ennemi, une trentaine de morts est, dit-on sur le moment, dénombrée et enterrée à Beuzec-cap-Sizun mais seulement 16 corps seront exhumés en 1961 lors du transfert des restes vers le cimetière allemand de Ploudaniel, près de Lesneven, dans le Finistère Nord. 228 hommes sont faits prisonniers et livrés à Pont-Croix aux américains du 17th cavalry puis dirigés vers le camp de Plouay (Morbihan), tandis qu’on compte une vingtaine de blessés allemands (en sus des marins déjà victimes des combats navals du 23 août). 2 ou 3 prisonniers perdent la vie entre Lesven et Pont-Croix, gestes commis dans un contexte singulier et que regretteront ultérieurement leurs auteurs.

Les allemands restés retranchés dans les casemates de Lézongar sont assiégés par les FFI et les FTP. Ils se rendront aux américains le 20 septembre.

En 1946, le monument aux morts de Lesven est érigé à l'ouest du bourg de Beuzec Cap Sizun, sur la route départementale D7 reliant Douarnenez à la pointe du Van. Il représente un résistant armé d'une mitraillette Sten. Un insigne circulaire en tôle lithographié aurait été réalisé pour l’inauguration du monument ou, probablement, bien plus tard à l’occasion d’une commémoration des combats de Lesven. Il représenterait le FFI en pierre du monument.

Sources : - coupures de la presse locale, - « Le Finistère dans la guerre 1939-1945 », tome I et II, par G.M. Thomas et A. Le Grand, éditions de la Cité, 1981. - « La pointe de Cornouaille 1940-1944 » par J.J. Doaré et A. Le Berre, éditions AS3P, 2006,


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