🇫🇷SCAËR, KERNABAT, QUILLIEN-TOURC'H
divers évènements de la 2e Guerre Mondiale
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020 / mise à jour 9 mars 2025 / le 10 février 2026
Liens utiles :
- Cérémonie de Scaër et KERNABAT
- Cérémonie de Quillien-Tourc'h – 14 Juillet 2020
- Cérémonie de Kernabat 14 Juillet 2021
- SCAËR, 8 mai 2025
- https://www.kemp-airparachutisme.com/saison-2016-2017/actualites-du-club/ceremonie-de-kernabat-le-14-juillet-a-scaer-617427
- http://pharouest.ac-rennes.fr/e290088N/resistance.htm
- http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2019/07/14-juillet-ceremonie-du-75e-anniversaire-des-combats-du-maquis-de-kernabat-a-scaer-discours-de-yoann-daniel-pour-l-anacr.html
- http://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-25/page-177/
- https://www.letelegramme.fr/finistere/scaer/il-y-a-76-ans-les-combats-de-kernabat-quillien-14-07-2020-12582910.php
- https://www.jedburghs-bretagne.com/les-jedburghs.html
1940 : Scaër est occupée par l’armée allemande après la défaite française. La population subit les restrictions de l’Occupation.
1943–1944 : La commune et ses environs participent activement à la Résistance, avec des liens forts avec les maquis de l’intérieur de la Cornouaille (maquis de Scaër et régions voisines).
1944 : Le secteur est le théâtre de combats, sabotages et représailles allemandes, avec des arrestations et des victimes parmi les résistants et civils. Les parachutages d'armes apportent enfin des armes aux résistants (voir les combats de KERNABAT et le témoignage de MAHÉ Charlick). Le maquis de Scaër participera à la prise du Ménez-Hom.
Août 1944 : Libération de Scaër lors de l’avancée des forces alliées et de l’action des FFI.
📍Date de la Commémoration : Scaër autour du 4 août - KERNABAT 14 juillet
📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :
📍Randonnée :
SCAER
JUILLET 1944 : Quatre ans d'occupation allemande ça a trop duré.
Le 14 : Un groupe de F.T.P.F. va fleurir le Monument aux Morts. Dans la nuit du 14 au 15, un parachutage a lieu à Kernabat. Tout se passe bien, les armes sont enlevées et transportées dans des lieux sûrs à travers champs et par des petits chemins dans les charrettes de paysans.
Mais avant que tous soit débarrassé les Allemands encerclent la zone de parachutage. Ont-il été renseignés ?
- De très durs combats ont lieu. Les Résistants perdront des leurs, après d'atroces souffrances pour certains.
- Le nombre de victimes allemandes ne sera pas connu.
Dans les jours et semaines qui suivent, la Résistance va se faire de plus en plus. Les groupes déjà constitués se renforcent, d'autres se créent. Il n'y a pas d'armes pour tous. L'ordre de mobilisation générale de la Résistance de Scaër vient dans la journée du 3 août. Un rassemblement général a lieu dans une prairie à «Pont-Meur». L'attente dans la nuit a lieu pendant plusieurs heures, et le départ est donné avant le lever du jour. L'encerclement de Scaër est décidé. Chaque Groupe aura à tenir une position. Le groupe «Bob» est à Croix-Sinquin dans le champ surplombant la route face à la maison du docteur Raynal. Les F.T.P. près de la voie ferrée à Rouzigou.
Les Capitaines Christophe Le Moal et Emile Guéguen ont une mission de reconnaissance le long de la voie ferrée derrière le Château où sont cantonnés les Allemands.
A peine que les Résistants aient occupé leurs positions, plusieurs camions et motos allemands quittent Scaër se dirigeant vers Gourin. Ont-ils tous quitté le Château ? Après ce départ, l'étreinte de Scaër par les Résistants se desserre un peu. Le groupe «Bob se
retire à la «Boissière». Les F.T.P. resteront sur place.
Après quelques heures, les Allemands reviennent de Gourin vers Scaër. Ils sont sérieusement accrochés par les F.T.P. qui perdent quelques hommes. Le repli a lieu le long du canal du Moulin.
Alerté par la fusillade, le Groupe «Bob» reviendra de la Boissière prendre position sur la route de Gourin.
- Les Allemands ne reviendront pas de Gourin.
- Les derniers occupants du Château s'en iront vers Bannalec mais sont accrochés par un groupe F.T.P. qui contrôle cette route.
- Le 4 août Scaër sera libéré par tous les Résistants unis.
- Les soldats sans uniforme, et certains sans armes, fêtent avec la population la liberté retrouvée.
- Les F.T.P. occupent l'Ecole Saint-Alain.
- Les F.F.I. sont au Château.
Mais les Allemands sont toujours dans la très proche région, à Bannalec. Dans la nuit du 5 au 6 août, 120 F.T.P. vont à Créis-Obet attaquer un convoi de camions allemands se dirigeant sur Quimperlé. De sérieux combats ont lieu. Un camion chargé de munitions sera détruit. Il n'y a pas de victimes parmi les Résistants. Les F.F.I. iront rejoindre les F.T.P. à Créis-Obet, mais seront obligés de se replier à «Pont-Croac'h» après des combats qui durent de 16 heures jusqu’au lendemain 9 heures. Des combats ont encore lieu plus près de Mellac.
Les occupants se retirent sur Lorient, mais certains sont encore à Quimperlé pour évacuer leurs munitions de «Kergostiou». Ils sont attaqués par les F.T.P. alors qu'ils chargent un train.
Pendant encore plusieurs mois les Résistants Scaërois, toujours cantonnés à Scaër, vont se relayer avec les Résistants de Quimperlé et Bannalec et la région pour tenir les positions autour de la poche de Lorient.
- Une partie des F.T.P. ira aussi sur la Presqu'île de Crozon.
- Les F.F.I. iront se fixer à Quimperlé à l'Ecole du Bel-Air à partir du 15 novembre 1944.
Pendant tout le temps de l'encerclement de la Poche de Lorient, des accrochages auront lieu avec les Allemands. Le Capitaine Charles Fur sera blessé avec quelques-uns de ses hommes. Il y aura aussi à déplorer des morts.
E. GUEGUEN.
KERNABAT - QUILLIEN
15 Juillet 1944
Je tiens tout d'abord à remercier mes camarades de combat Ch. LE MOAL et A. RIVIERE qui m'ont permis de renouer les premiers fils de la trame, ainsi que toutes les personnes, cultivateurs et autres, qui furent les témoins directs de ce jour mémorable. Je m’excuse, par avance, s'il s'y trouvait quelques lacunes ou quelques points contestables.
Depuis 1940 déjà, chacun le sait, dès les premières heures de l'occupation, à l'exemple entre autres de notre sous-préfet de Châteaulin, (j’ai nommé Jean MOULIN, 1er résistant de France) la résistance à l'oppression s'organise dans l'ombre. Mais une carte maîtresse manque à ces groupes qui se sont promis de chasser l'envahisseur : l’armement.
On sait comment notre matériel va nous arriver au milieu des occupants: tâche souvent retardée, toujours difficile.
Dans la nuit enfin du 9 au 10 juillet «le vent souffle dans les blés» nous annonce un premier parachutage dans la région de Coadry. Le Capitaine CARRON de la CARRIERE, un capitaine et un radio permettront la liaison avec l’Angleterre. Par l'intermédiaire du maquis de St-Thois, notre émetteur étant en panne, le contact est établi ; un nouveau parachutage aura lieu dans la nuit du 14 au 15 juillet. L'avis de parachutage arrive à Scaër vers midi dans la journée du 14 alors que la fête nationale bat son plein. Le Commandant Fernand (P. CABILLIC) est déjà sur les lieux pour mettre en place le dispositif. Un billet laconique sur une page de carnet prestement déchirée avise les 3 groupes de Coray (F.T.P.) : «Amène tes hommes au lieu que l'indiquera le porteur de ce message» (M. CLAIRON). Dans la nuit, en silence, les résistants se rassemblent à Kervir où aura lieu le parachutage. Le terrain est balisé, pas toujours facilement car les torches électriques font défaut à l'époque, le grand L de l'indicatif flambe et vers 0h30 mn le premier avion, bas dans le ciel couvert, largue les premiers containers : 16 tonnes d'armes et de vivres vont ainsi venir par air. Les charrettes arrivent à demeure; l'on charge à qui mieux mieux, sans oublier les parachutes.
Le transport se fait de nuit de Kervir à Kernabat où a lieu le dépôt. Les hommes en place s'arment, se restaurent dans les fermes voisines, les premières charrettes arrivant au dépôt entre 2h et 3h du matin. Un groupe restera sur le terrain jusqu'au lever du jour pour effacer les dernières traces et récupérer les derniers emballages. Nous nous retrouvons à Guerveur au début du jour (15-7) peut-être 7h pour les derniers arrivés (50 environ). Mais déjà l'alerte est donnée, les Allemands sont en éveil; les premiers sont à Coadry à l'aube naissante. Pierre CAPITAINE n'a pas rejoint (4 à 5 h). Nous apprenons qu'il vient d'être fait prisonnier. Un groupe mené par Gicquelay part aussitôt en reconnaissance, mais doit rentrer, l'ennemie étant signalé près du dépôt (Resten Bern). Le commando descendu de Landerneau est à Coray vers 5 h 30, où le Maire (M. LE BIHAN) est sorti du lit, embarqué et mené à Kerscao, Coadry, Kernabat... Il sera relâché dans la soirée. Dans la nuit, l'ennemi tâtonne, mais s'approche sous l'impulsion de Français à sa solde (Galès, Toulgoat, justice a été faite), très prudemment après les premiers contacts avec nos sentinelles d'avant-garde. R. TURQUET remontant de Kervir sur Goarem Vras sera la première victime. Mais bientôt les renforts allemands arrivent de toutes parts; ils étaient quarante, ils seront bientôt, 400, 600, 1.200; le sait-on ?
Dès l'alerte la liaison est établie avec Quillien que la Compagnie de Rosporden (une centaine d'hommes) a rejoint dans la nuit du 13 au 14 sous la direction de MERCIER (L. LE CLEACH) après une décision du chef départemental. Une corvée est aussitôt mise à la disposition de Scaër, les postes de garde sont renforcés, 3 sections se portent en avant afin de couvrir l'évacuation des armes. Mais le mouvement allemand s'accélère. Un petit avion de reconnaissance basé à Lorient a survolé le dépôt. A 10 h 30 les premiers éléments sont à Guerveur où la mitraille crépite. Hélène RIVIER est blessée à la gorge, P. CABILLIC (Fernand) blessé à la cuisse, mort un mois plus tard, seront les victimes de ce premier contact, Ch. LE MOAL, blessé également à la cuisse réussissant miraculeusement à s’échapper. L'interrogatoire des villageois ne donne rien. Mais la
bataille alors devient très inégale; d'une part 150 maquisards, pour la plupart peu éprouvés encore, qui reçoivent le baptême du feu en recevant leurs premières armes: de l'autre un commando aguerri, plus fort en nombre et en matériel. Devant le poids de l'ennemi un combat de retraite s'organise, (de talus en talus avec peu de couverture). En bon breton, chacun se bat courageusement sinon témérairement. Un groupe de choc ennemi arrive en force à Kernabat qui se vide vers 10h 30 mn. Un des commis sera retenu par les Allemands (R. NAMOUR). Dans quel but ? Guide ?
Toujours est-il qu'il sauvera de l'incendie une dame malade restée sur place (Vve J. GUEGUEN). Il sera relâché dans la soirée. Kernabat est enlevé par l'ennemi qui se lance sur Quillien où la tenaille manque de se renfermer. Mais du vallon de Kernabat au haut de Quillien la résistance est acharnée. Il faut à tout prix échapper à l'étau. Les exploits individuels abondent. Nous en ferons grâce, mais l'épopée du quartier-maître Pierre SALOMON qui seul, pendant près d'une beure, tient tête à l'ennemi avec son fusil-mitrailleur avant d’être atteint au ventre alors qu'il vient de sauver un groupe de prisonniers civils, ne tombera pas dans l'oubli, pas plus que celle du Polonais qui placidement, sous la fusillade, laisse avancer tout un groupe ennemi avant de lâcher ses rafales. La mitraille ennemie éclate maintenant dans toutes les directions mais les talus, épais en cette saison, les bosquets touffus, forment une protection idéale. L'artillerie installée à Coadry (2 mortiers) (canons légers Y. BOUTET) ajoute encore au danger. Le décrochage est difficile.
Il est 15 h. A Kernabat cependant, croyant la victoire assurée, l'ennemi festoie, les repas ayant été préparés avant le départ des habitants, l'alcool, le cidre coulent à flots de même d'ailleurs qu'à Quillien où le repas des maquisards était en train (M. LE DU). Mais brusquement, remonté de Mcil Kergoaler, le groupe F.F.I. de Bob surgit, presque étonné de trouver l'ennemi si plein d'insouciance, sinon d'inconscience après les agapes.
Un coup de pied rapide, une porte s'ouvre sur l'ennemi et la pétarade reprend de plus belle, cependant que les jurons tonnent et que les hurlements retentissent. Affolés par cette contre-attaque inattendue sur leurs arrières, les Allemands par des fusées d'alerte font remonter le groupe de Quillien ce qui permettra le décrochage final (vers 16 h.) sur Langolen (Le Leurré) et sur Coray (Huelgars), cependant que le groupe résistant de l'arrière s'égaye dans la nature. La fusillade s'arrête enfin. Quelques coups de feu épars s'entendent encore de-ci, de-là. Il est 17 h. Mais tout n'est pas pour autant terminé, l'ennemi est toujours dans la place. Il relâchera toutefois les hommes arrêtés; pour la plupart des cultivateurs pacifiques auxquels quelques patriotes ont réussi à se mêler. Le grand ouvrage va alors commencer : les incendies éclatent : Quillien (17 h., au décrochage), Kernabat (19 h 30). Les résistants blessés ou prisonniers sont achevés, (J. LE DU) après un long martyre.
Certains (BOLLORE, GUEGUEN) absolument méconnaissables et défigurés ne seront identifiés que par leurs papiers ou leurs vêtements, l'un d'eux (KERJOSE) 3 semaines après quand enfin les maquisards dispersés auront réussi à regagner leur groupe initial.
C'est sur cette note criminelle que s'achèvera cette longue et sanglante journée. Les pertes ennemies sont difficiles à évaluer. Des chiffres contradictoires ont été avancés (60 ? 100 ? 130 ?).
Les cadavres à l'habitude sont enlevés aussitôt et prennent la direction vraisemblable du Faouët (voir Pérez). Mais ce combat, la fermeté et le courage audacieux des résistants sapent le moral ennemi déjà atteint par les escarmouches incessantes et meurtrières, par le débarquement du 6 juin, et pourtant il faut patienter encore, les consignes des officiers parachutés sont sévères : donner le minimum de renseignements sur la force et l'emplacement des groupes patriotes, se défendre, attendre le jour «J» où tous les F.F.I. de Bretagne vont sortir ouvertement de leur retraite (3 août). «Le chapeau de Napoléon arrivera à Perros-Guirec ce soir.»
Nos martyrs, nos morts vous les connaissez (voir stèle) :
CABILLIC Pierre, Tréboul; CAPITAINE Pierre, Scaër; DELESSARD Armand,
Melgven; GUILLOU Corentin, Scaër; HERVE Robert, La Forêt-Fouesnant ; JACOB François, Coray; JACOB Jean, Coray; KER-JOSE Roger, Melgven; LE BARON Yves, Elliant; LE CAM Grégoire, Coray; LE GALL René, Rosporden; MAO René, Scaër; MASSE Louis, La Forêt-Fouesnant ; MILLOUR Etienne, Fouesnant; RANNOU Jean, Elliant; RANNOU Marcel, Kernével; SALOMON Pierre, Rosporden; TURQUET René, Scaër).
Dans l'histoire de la Résistance ils ont écrit une page glorieuse. Ils se sont battus avec bravoure et simplicité; leur sang généreux a coulé pour notre liberté. Honneur à ceux qui dorment maintenant leur dernier sommeil dans les petits cimetières de nos villages — Coray, Rosporden, Scaër... Veillez sur vos martyrs, ils sont laissés sous votre garde. Honorez-les, car ils étaient grands et le monde doit savoir, car il ignore encore trop, surtout les jeunes, combien ils ont été sublimes et combien nous devons leur être fidèles, eux qui ont tout sacrifié pour la liberté, la fraternité des hommes et la paix dans le Monde.
Les 14 et 15 juillet 1944, la ferme de Kernabat, située à Scaër dans le Finistère, fut le théâtre de violents affrontements entre les résistants français et les forces allemandes. Ces combats ont entraîné la mort de 18 jeunes maquisards, âgés de 19 à 32 ans, issus des maquis de Scaër et de Rosporden.
Tout a commencé le 14 juillet 1944, lorsque la BBC diffusa le message codé « Le vent souffle dans les blés », signalant un parachutage imminent de matériel destiné aux résistants. Ce parachutage, effectué dans la nuit du 14 au 15 juillet à Kervir, permit de livrer 16 tonnes d'armes et d'équipements aux maquisards.
Cependant, les forces allemandes avaient eu vent de cette opération. Dès l'aube du 15 juillet, environ un millier de soldats allemands entreprirent une opération de ratissage dans la région de Coadry, proche de Kernabat. Malgré leur infériorité numérique, environ 160 résistants, principalement des FTP de Scaër et des FFI de Rosporden, engagèrent le combat. Les affrontements furent intenses et inégaux, se soldant par la mort de 18 maquisards :
- Maquis de Scaër :
- Pierre Cabellic
- Grégoire Le Cam
- François Jacob
- Jean Jacob
- Pierre Capitaine
- Corentin Guillou
- René Turquet
- Louis Massé
- Étienne Millour
- Maquis de Rosporden :
- Yves Baron
- Hervé Delessart
- René Le Gall
- Roger Kerjose
- René Mao
- Jean-Louis Rannou
- Marcel Rannou
- Pierre Salomon
Chaque année, le 14 juillet, une cérémonie commémorative est organisée à Kernabat pour rendre hommage à ces résistants tombés. Des parachutistes de l'école de Scaër-Guiscriff participent à cet événement en réalisant des sauts en mémoire des combattants.
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Ces commémorations rappellent le courage et le sacrifice de ces jeunes hommes qui ont lutté pour la liberté de la France.
TEMOIGNAGES SUR KERNABAT.
📍 André Le Cras. « Le 10 juillet, nous avions, en prévision du parachutage, envoyé à Scaër un groupe de huit à dix hommes dans lequel se trouvait Louis Massé. Etienne Millour, depuis le début de juillet était chez mes parents à Concarneau. Une agente de liaison est venue de Scaër le 12 juillet, porteuse d’un message de Fernand qui disait: « la semaine prochaine tout le monde sera armé » et qu’il fallait que l’un de nous deux aille à Scaër. Etienne a décidé que c’est lui qui irait. Les armes et les munitions ont été stockées dans leurs caches.
Mais le parachutage a été donné: Fernand a été prévenu de l’arrivée des Allemands, mais avec les forces dont il disposait et compte tenu de l’importance des armes reçues (3 avions = 16 tonnes d’armes et de vivres), il a décidé de faire face le 15 juillet. Louis Massé aurait été touché le premier, Etienne Millour aurait essayé de le transporter et aurait alors, à son tour été frappé. Quand on a retrouvé son corps, sa carte d’Etat-Major était trempée de son sang ».
- Le G..... « vers le 10 juillet, je suis désigné avec huit camarades de La Forêt-Fouesnant et le Polonais déserteur de l’armée allemande pour rejoindre le maquis de Scaër, bataillon Louis d’Or (chef Christophe Moal, Abel, qui sera blessé à Kernabat). Dans la nuit du 14 juillet, je participe au parachutage à Kervir-Scaër et au convoyage de
ces armes à Kernabat. Notre dernier convoi est attaqué à six heures du matin aux abords de Coadry. Nous repoussons les deux camions et les voitures ennemies venus de Landerneau accompagnés de la milice Perrot. Un camarade est tué, René Turquet, instituteur à Scaër et un autre capturé et fusillé.
Encerclés à Kernabat vers huit heures par l’ennemi venu en renfort du Faouët - 800 hommes (?), 1200 hommes au total (?) -, nous tenons toute la matinée autour du dépôt d’armes. L’ordre de repli nous étant donné, nous combattons sans répit jusqu’à la ferme de Quillien, commune de Tourch, où des renforts amis de Rosporden étaient sur place (commandant Mercier, capitaine Rivière).
Après de durs combats, nous réussissons à forcer l’encerclement. Nous avons dix-huit tués, dont trois de mon groupe: Louis Massé, Hervé Robert, Etienne Millour, le capitaine de la 5ème compagnie. Le commandant Cabellic (Fernand), blessé le matin à Kernabat, ne survivra pas à ses blessures à l‘hôpital de Quimperlé ». Fernand avait été plusieurs fois hébergé clandestinement au collège de Quimperlé.
- Yves Le Meur est resté un des animateurs de la Résistance audiernoise et dans le département.
- Yves Le Moal a remplacé un moment André Le Cras à la tête de la compagnie Leclerc, a combattu à Concarneau, dans la Presqu’île de Crozon et sur le front de Lorient (chef de section au 118ème RI).
- Le Pober a combattu jusque sur le front de Lorient.
- Jean Mévellec a tenté sans succès de gagner l’Angleterre au cours d’une équipée mémorable. A pris part aux combats pour la Libération de Quimper.
- Louis Péron a créé le groupe FTP de Mellac, devenu détachement de 8x3, commandé ensuite par Baptiste Pascal venu de Concarneau.
Divers groupes FTP furent rattachés au bataillon Louis d’Or de Christophe Moal, tel le groupe de Quimperlé-Ville en contact avec Etienne Millour qui fut un temps hébergé par Monchicourt et le groupe de Clohars de Michel Bonnaire, devenu détachement.
- Edouard Ollivier de Plévin a eu des contacts avec la Résistance des Côtes-du-Nord.
- Emmanuel Prigent passé du groupe Millour à la compagnie Kléber a combattu (servant de fusil-mitrailleur) pour la Libération des secteurs de Douarnenez (combat de Lesven, 26 août 1944 en Beuzec - Cap Sizun), d’Audierne et de Crozon.
- Jean Priol est resté en 1943-44 le pivot du groupe de Quimperlé. Il a maintenu la liaison avec l’Etat-Major de Quimper, avec des responsables comme Jean-Jacques (Robert Normant de Plouhinec) et Paul (Jean Simon
d’Audierne), tous deux ayant été arrêtés à Quimper près de la gare en 1943 et fusillés dans la région de Châteauneuf-du-Faou en 1944. Il a rayonné dans le Sud et le Centre la création ou l’extension de groupes armés (ex: contact avec Emile Péron à Carhaix).
- Jean Yézou, dont le rôle a été souligné, a poursuivi son action jusqu’à la Libération.
- François Rivoal, entré à la compagnie Barbusse, blessé par balle à la poitrine lors du dans la matinée du 05 août, ramené par Emile Péron, lui-même éraflé d’une balle à la de Carhaix.
- Et d’autres encore, sur lesquels des renseignements précis nous font actuellement
(bataillon bigouden, A. Volant), Pierre Stéphan, Maxime Tanniou (bataillon, A. Volant) ou Guy Savin, Christian Levallois, Donnart, Mescam, Bihannic, Jean Péron,...
