PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



HÉNAFF Eugène
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 mai 2021


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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DENIS dans la Résistance

Organisation spéciale (OS) qui deviendra plus tard les FTPF

Légion d'honneur

Croix de Guerre

Source : http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Eug%C3%A8ne%20H%C3%A9naff/fr-fr/


Eugène Hénaff, né à Spézet (centre-Finistère) le 30 octobre 1904 et mort à Paris le 28 octobre 1966, est un homme politique, syndicaliste, résistant et militant communiste français. Il est élu membre du Comité Central du Parti Communiste Français (PCF) en 1934 et le sera jusqu'à sa mort, et nommé secrétaire général de l'Union des syndicats de la Seine, à la Confédération générale du travail (CGT), de 1936 à sa mort.


1904-1924 : Entre la Bretagne et Paris

Fils de paysans bretons sans terre[1], l'aîné d'une fratrie de quatre garçons, Eugène Hénaff suit sa famille qui émigre une première fois à Paris. Le père, mobilisé en 1914, la famille revient à Spézet. Eugène, à dix ans, travaille comme garçon de ferme. À la fin de la guerre, la famille s’installe de nouveau à Paris, se loge à Belleville, puis à Ménilmontant. Le père travaille comme terrassier ; adhérent très actif du syndicat, il est de toutes les grèves. A 15 ans, Eugène est tour à tour garçon boucher, petit manœuvre dans une imprimerie, et c’est dans le bâtiment qu’il trouve sa voie en devenant ouvrier cimentier, un métier dont il restera fier toute sa vie.

1924 à la mobilisation générale : Action syndicale et politique

Il comprend très tôt la nécessité de l’organisation syndicale. Sa première adhésion est donnée à un syndicat anarchiste puis à vingt ans, il adhère à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU). Peu de temps après, il demande son adhésion au Parti communiste français dont il devient un dirigeant en 1934. Rapidement, il est élu Secrétaire général du syndicat des cimentiers, puis Secrétaire régional des syndicats du bâtiment. Lorsqu’il devient Secrétaire de l’Union régionale des syndicats parisiens de la CGTU, il ne cesse d’accorder une attention particulière à sa profession d’origine. Elu membre du Bureau confédéral de la CGTU au Congrès de septembre 1933, il se préoccupe de tous les problèmes et de toutes les branches d’industrie.

En 1935, il est chargé de recevoir une délégation de midinettes
[2] qui ont besoin d’aide pour l’organisation des luttes dans les milieux de la haute couture parisienne. C’est dans ces circonstances qu’il fait la rencontre de celle qui va devenir la compagne de sa vie : Germaine Chaplain avec laquelle il se marie le 27 janvier 1936. Ensemble, ils auront trois enfants : deux filles nées, en 1937 (Yvette) et 1938 (Jacqueline), et un garçon (Michel) en 1939.

Le
Front Populaire et les luttes de juin 1936 permettent à Eugène d’élargir ses dimensions de militant hautement responsable. Il est élu au Comité Central du Parti Communiste Français. Il écrit dans « la Vie Ouvrière » et dans « Le Peuple ». Ayant consacré l’essentiel de son engagement au Bâtiment, il prend en main les problèmes des autres professions, qu’il s’agisse des midinettes ou des employés. Il est à l’aise partout où il y a des salariés, comme il le sera dans ses rencontres avec les intellectuels proches du Parti Communiste Français, comme Louis Aragon, Pablo Picasso, Henri Wallon, Paul Langevin, Frédéric Joliot-Curie, et aussi devant les représentants du patronat lors des Accords de Matignon en 1936 dont il sera l’un des signataires.

La guerre 1939-1945

En 1939, Eugène est mobilisé et envoyé au front. C’est à Châlons-sur-Marne qu’il est surpris par la débâcle de juin 1940 et fait prisonnier de guerre. En juillet, Il s’évade grâce à la complicité de communistes locaux. Il retourne aussitôt à Paris et, dans la clandestinité, milite pour la création de Comités Populaires dans les entreprises et s’efforce de réorganiser le mouvement syndical[3] afin de développer le combat contre l’occupant dès juillet 1940[4] Victime d’une trahison, il est arrêté par la police française, le 20 octobre 1940.

Il est interné successivement à Aincourt, puis à la centrale de Fontevrault, à celle de Clairvaux et, de là, transféré au camp de Choisel près de Châteaubriant d’où il s’évade le 19 juin 1941[5], avec ses camarades Henri Raynaud, Léon Mauvais et Fernand Grenier. Reprenant sa place dans le combat contre les nazis, il assume, sous le nom de Denis, un poste essentiel à la direction de l’O.S. (Organisation spéciale crée par le parti Communiste Français) où il est notamment chargé des relations entre divers mouvements comme les Bataillons de la Jeunesse et la Main-d'œuvre immigrée (M.O.I.). Il fait partie du Comité Militaire National[6]qui deviendra au printemps 1942, le Mouvement des Francs-Tireurs et Partisans Français. [7] Germaine, sa compagne, après avoir mis les enfants en sécurité, s’est elle-même engagée dans la clandestinité après l’évasion d’Eugène. Elle est affectée auprès de lui comme agent de liaison[8] et responsable de sa sécurité. Elle s’acquittera de cette mission avec compétence, audace et dévouement jusqu’à la Libération [9] En 1943, la répression de la police française aux ordres de la Gestapo va en s’intensifiant. Eugène et Germaine, victimes d’une dénonciation doivent quitter la région parisienne. Les trois enfants clandestins sont cachés à Montfermeil, chez des sympathisants communistes. Deux des frères et sœurs de Germaine ont été déportés. Germaine a déjà organisé leur repli, ils partent à Lyon ; Eugène est désigné pour prendre la direction des syndicats clandestins de la Zone sud, ainsi que la liaison entre les F.T.P (Francs Tireurs et Partisans Français) et la M.O.I.. Il poursuit à Lyon, le combat engagé à Paris afin de préparer l’insurrection nationale devant conduire à la libération de la France.


1945-1966 : Après la guerre

Il revient dès la libération de Paris et reprend ses activités civiles. Il reçoit les plus hautes distinctions du pays. Il est nommé au grade de lieutenant colonel, fait Chevalier de la Légion d'honneur, Médaille de la Résistance, Croix de guerre 1939-1945. Désormais sa vie militante est inséparable des évènements nationaux et internationaux.
Élu Secrétaire général de l’Union des Syndicats
CGT de la Seine, il dirige grèves et manifestations avec André Tollet. Il participe à toutes les grandes batailles sociales de l’après-guerre.
Après de multiples infarctus, il meurt à l'âge de 62 ans. Il est enterré dans le carré des responsables communistes, face au
Mur des Fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, rejoint par sa femme Germaine en 2011.
 
Sources

" Rol-Tanguy ", Roger Boucheron, aux Editions Tallandier, 2004, Paris, ISBN 2-84734-149-8.
" Ceux de Châteaubriant ", Fernand Grenier, aux Editions sociales, 1971,
" Vichy 1940-1944, Archives d'Angelo Tasca", Denis Peschanski, Editions du CNRS et co-éditions Feltrinelli (Italie), 1986,
ISBN 978-2-222-03843-6. " Les fils de la nuit" Albert OUZOULIAS (Colonel André), Editions GRASSET, 1985, ISBN 2-246-00207-9 " 1933-1943 La Traversée de la Tourmente" Roger LINET, Editions Messidor, 1990,ISBN 590003N1



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Source :
https://www.wikiwand.com/en/Eug%C3%A8ne_H%C3%A9naff


Site en anglais


Hénaff avec ses enfants à L'Audronnière à Faverolles-sur-Cher en 1946
Hénaff with his children at L'Audronnière in Faverolles-sur-Cher in 1946

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Eugène Hénaff en permission retrouve sa famille, au printemps 1940, sa femme Germaine et ses trois enfants : Yvette, Jacqueline et Michel.
Source : http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Eug%C3%A8ne%20H%C3%A9naff/fr-fr/

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Germaine Hénaff , place Séverine au Pré Saint Gervais (93) en hiver 1940. Eugène Hénaff était en clandestinité, puis prisonnier successivement à Aincourt, à Fontevrault, puis à Clairvaux.
Source : http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Eug%C3%A8ne%20H%C3%A9naff/fr-fr/

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Un homme de conviction

Source : http://aec-betz.over-blog.net/2015/03/clement-raconte-eugene-henaff-son-arriere-grand-pere.html


Le blog de l'AEC"Archéo-Blockhaus" du collège de Betz
Clément raconte Eugène HENAFF son arrière grand-père.
On a tous dans nos familles respectives des ancêtres qui ont participé de près ou de loin à des épisodes de l'Histoire.

C'est le cas de Clément élève de 3è qui eut un arrière grand-père illustre;

Eugène HENAFF que malheureusement il n'a pas connu..

Clément a bien voulu présenter à ses copains de l'AEC, son parcours sous la forme d'un exposé oral agrémenté de 3 panneaux illustrés. Une bien belle façon d'honorer la mémoire de ce personnage, reconnu à son époque. Clément a retracé l'itinéraire de cet homme engagé dans le syndicalisme dès sa jeunesse, son action dans le Parti Communiste dont il fut un responsable, mais aussi au sein de la Résistance. Un parcours bien ancré dans son époque , à la charnière du siècle. Un temps de combats idéologiques.Un destin fait de rencontres; de Picasso à Aragon, de M.Thorez à Guy Moquet.

Merci et bravo à Clément pour son implication et à sa famille qui perpétue le souvenir d'Eugène Hénaff et de son épouse. Nous proposons ci-dessous , avec son autorisation, le travail de Clément.

L'Equipe AEC

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Brochure syndicale de 1931.

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La foule aux obsèques d'Eugène HENAFF en 1962

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Ci dessus : Eugène HÉNAFF avec son groupe de Résistants à Chateaubriand en haut à droite.

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Source : https://maitron.fr/spip.php?article50233

Né le 30 octobre 1904 à Spézet (Finistère), mort le 28 octobre 1966 au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) ; ouvrier cimentier puis permanent syndical ; secrétaire de l’Union des syndicats CGT de la région parisienne ; membre du comité central du Parti communiste (1936-1964).

Fils de Marie Milin et Yves Hénaff, cultivateur puis terrassier et ouvrier ardoisier ("père vieux militant syndical ne savait ni lire ni écrire", autobiographie de 1933), Eugène Hénaff fut élevé dans un milieu favorable à l’éclosion de sa conscience sociale. Son père dut quitter la Bretagne avec sa famille et travailler à Paris comme ouvrier terrassier. Dans les années 1910, il militait au syndicat CGT mais ne sachant ni lire ni écrire, il se faisait lire la presse ouvrière par son fils. Eugène suivait fréquemment son père aux réunions à la Bourse du Travail de Paris. Pendant la Première Guerre mondiale, Yves Hénaff fut affecté spécial dans une ardoiserie de Bretagne. La famille se réinstalla à Paris après l’Armistice, rue Compans dans le XIXe arr.

L’entrée dans la vie active d’Eugène Hénaff semble coïncider avec ce retour à Paris à l’âge de quatorze ans. Nous n’avons pas de précision sur ses études primaires. Peut-être avait-il quitté l’école jeune car une source le présente comme ancien « garçon de ferme » dans le Finistère (S. Courtois, thèse, op. cit.). Garçon boucher à Paris en 1918, il préféra bientôt le milieu du bâtiment, celui de son père, et fréquenta immédiatement les syndicalistes marqués par la tradition anarchiste. C’est en 1924, lorsqu’il fut en possession du métier d’escaliéteur, qu’il adhéra au syndicat CGTU des cimentiers pour en devenir rapidement secrétaire non rétribué. Selon le témoignage de son épouse recueilli par J. Boutonnet : « Le syndicat était à l’époque trop pauvre pour se payer des permanents, plusieurs fois Eugène Hénaff se blessa volontairement pour pouvoir militer à plein temps » (op. cit., annexes biographiques). Son entrée au 2e rayon communiste de la région parisienne semble dater de 1924. Sa femme dit qu’elle se fit « peu de temps après son adhésion à la CGTU sous l’influence des discussions sur la révolution soviétique qui avaient lieu dans le syndicat anarchiste ». Une autre source situe son affiliation au PCF en 1928 (B. Pudal, op. cit.).

Le syndicat unitaire du Bâtiment l’élut délégué à la propagande en 1929 et le fit participer pour la première fois à un congrès national de la CGTU en 1931 (VIe congrès, Paris, 8-14 novembre 1931). Le VIIe congrès tenu à Paris du 23 au 29 septembre 1933 vit son entrée à la commission exécutive confédérale dont il resta membre jusqu’à la fusion de 1936. Il assurait le secrétariat du syndicat unitaire du Bâtiment de la région parisienne et participait à la direction de la XXe Union régionale dès 1930 comme militant puis comme permanent en 1935. La police qui l’avait arrêté pour la première fois le 10 juin 1929 pour « entraves à la liberté du travail » connaissait bien ses activités et signalait son rôle dans les grèves, ainsi en 1933 à Strasbourg. « Militant bagarreur et coléreux » selon son épouse, le dirigeant du syndicat du Bâtiment n’hésitait pas à faire le coup de poing contre ses adversaires. Eugène Hénaff ne semble pas avoir suivi d’autres écoles de formation que celle de l’École centrale de la CGTU en mai-juin 1932. Sa présence à l’École léniniste de Moscou en 1935 signalée par une note de A. Vassart (Arch. Vassart) et par les archives des Services américains (Arch. Ph. Robrieux) est peu vraisemblable.

Eugène Hénaff militait activement au Secours rouge international dès 1929 et adhéra au Parti communiste à cette date. Le Parti communiste le chargea de mission en Espagne à la fin 1930 et en septembre 1935. Il milita clandestinement en Allemagne au début des années 1930 et participa en 1932 au congrès d’Amsterdam contre la guerre. Candidat communiste aux élections législatives des 1er et 8 mai 1932 dans la 1re circonscription de Saint-Denis (Bagnolet, Les Lilas, Pantin, Pré-Saint-Gervais), il recueillit au premier tour 7 240 voix sur 27 298 inscrits (26,6 %) et 22 847 votants. Devancé par le socialiste SFIO
Louis Marsais (7 540 suffrages), il se maintint cependant et vit son score monter à 7 863 suffrages (28,9 % des inscrits), tandis que Louis Marsais était élu avec 8 002 voix. Il dirigea la liste communiste aux élections municipales de Pantin, le 5 mai 1935. Mais, pour les élections législatives d’avril-mai 1936, le PCF choisit de présenter le secrétaire national Marcel Gitton. En dépit de « l’antagonisme réel qui régnait entre les deux hommes » (témoignage de Germaine Hénaff) et du mécontentement de certains militants locaux, Eugène Hénaff soutint cette candidature.

L’année 1936 vit l’accession d’Eugène Hénaff à de hautes fonctions, tant à la CGT unifiée qu’au Parti communiste. Excellent orateur, bon organisateur, il était un militant discipliné et même sectaire, trait de caractère qui s’était développé au cours des conflits qui l’avaient opposé aux militants syndicalistes révolutionnaires nombreux à la Fédération du Bâtiment. Eugène Hénaff fut, avec le confédéré
Robert Lacoste, un des animateurs de la commission qui prépara la réunification de la CGT. Lui-même intervint, pour faire la critique du Plan de la CGT, au congrès de Toulouse (mars 1936) qui l’élut à la Commission administrative. Le 19 janvier 1936, le congrès de fusion des syndicats de la région parisienne l’avait nommé secrétaire avec Guiraud, Raynaud et Robert Lefèvre. Il conserva cette fonction en 1937, 1938 et 1939. À cette dernière date, le secrétariat comprenait outre Eugène Hénaff : G. Dupire, Alb. Varloteau, A. Tollet, M. Brenot et J. Roumilhac. À ce titre, il assura, en novembre 1936, la vice-présidence du Comité central d’aide aux chômeurs de la région parisienne. Ses talents oratoires furent utilisés dans divers meetings en France et à l’étranger. Le 5 avril 1937, il prononça une allocution au micro de « Radio-cité » sur la dissolution des ligues fascistes et, le 1er Mai, il représenta le mouvement syndical parisien aux manifestations de Barcelone. Il se rendit également en Espagne pour livrer l’avion « Commune de Paris » acheté avec l’argent collecté auprès des travailleurs.

Le VIIe congrès national du PCF tenu à Villeurbanne du 22 au 25 janvier 1936 le fit entrer comme suppléant au Comité central et le IXe congrès (Arles, 25-29 décembre 1937) le titularisa.

Eugène Hénaff s’était marié à Malakoff (Seine) le 27 janvier 1936 avec
Germaine Chaplain dont il eut trois enfants. Domicilié depuis 1929, 66, rue Jean-Jaurès à Bagnolet, il s’installa alors 10 passage Noirot puis, en 1937, vint habiter pour longtemps, 11, place Séverine au Pré-Saint-Gervais.

Mobilisé en septembre 1939 comme brigadier au 31e régiment de dragon et envoyé dans les Ardennes, Eugène Hénaff fut rendu responsable d’un vol d’argent dans une maison abandonnée. Le témoignage de soldats lui permit de se disculper. Son épouse raconte : « Dans certaines usines de la région parisienne, des débrayages eurent lieu pour protester contre ces provocations. Père de trois enfants dont le plus jeune avait cinq mois et l’aîné deux ans, sa présence en première ligne était injustifiable. Je me rendis alors dans l’Yonne pour contacter ses responsables militaires. La démarche aboutit, et il fut ramené à l’arrière » (J. Boutonnet, op. cit.). Fait prisonnier pendant la débâcle, il séjourna à la caserne de Châlons-sur-Marne avec un grand nombre de prisonniers de guerre et y noua des contacts avec les militants communistes comme avec l’extérieur par le ravitaillement. Une propagande orale et écrite s’organisa. Des soldats chargés des travaux administratifs par les Allemands l’avertirent qu’il figurait sur la liste du premier convoi pour l’Allemagne. Il s’évada alors, vint à Paris et chercha le contact avec la direction du Parti communiste.

Dès septembre 1940, Eugène Hénaff reprit la tête des syndicats parisiens dirigés par des militants communistes et prépara la création des Comités populaires dans les usines. Il s’occupa de la rédaction de la Vie ouvrière clandestine. La police l’arrêta le 18 octobre, « sur dénonciation du traître Clément » dira-t-il. Interné à Aincourt (Seine-et-Oise), Fontevrault-l’Abbaye (Maine-et-Loire), Clairvaux (Aube) et Châteaubriant (Loire-Inférieure), il reçut l’ordre de s’évader. Sa femme fut chargée de servir d’intermédiaire entre la direction du Parti communiste et la direction clandestine du camp puis de préparer sa vie à l’extérieur. Elle obtint les papiers d’un couple ami, les Grandvilliers : Eugène Hénaff se fit alors passer pour un notaire qui restait fréquemment à son domicile pour étudier des dossiers. L’évasion eut lieu dans l’après-midi du 18 juin 1941. Jean Poulmarch lui avait établi un permis pour rendre visite à
Jean-Pierre Timbaud. Celui-ci accompagna Eugène Hénaff à la sortie du camp comme s’il s’agissait d’un proche. L’administration du camp le porta évadé à partir du 19 juin. Il fut d’abord chargé des rapports entre le PCF et l’OS puis il devint, en octobre 1941, l’adjoint de Charles Tillon aux FTP (Francs-tireurs et partisans) avec le titre de commissaire politique national. Il échappa à la rafle de janvier-février 1942. La direction le mit quelque temps « au vert » puis le remplaça par René Camphin et l’envoya en l’année 1943 en zone sud. Il fit partie du secrétariat du PCF pour cette zone, comme responsable de la liaison entre le mouvement syndical et les FTPF. Il suivit le sabotage dans le usines travaillant pour les Allemands. Après avoir participé aux insurrections de Saint-Étienne et Lyon, il revint à Paris où l’attendaient d’importantes responsabilités syndicales et politiques. Son action clandestine lui valut la Croix de guerre 1939-1945, la Légion d’honneur (octobre 1946) et la Médaille de la Résistance.

Membre du Comité central du PCF de 1945 à 1964, il siégea à la commission administrative de la CGT de 1945 à 1965 et assuma la fonction de secrétaire général de l’Union départementale de la Seine de 1945 à 1962. La CGT le délégua en 1945 à la Conférence mondiale des syndicats tenue à Londres et le fit élire au conseil général de la Fédération syndicale mondiale (FSM) de 1949 à 1953. Il avait été élu conseiller municipal du Pré-Saint-Gervais en 1945.


Source : http://jcautran.free.fr/fiches_mouvement_ouvrier/H/henaff_germaine.html

Voir aussi :
https://maitron.fr/spip.php?article87395


HÉNAFF Germaine, née CHAPLAIN Germaine.

Née le 30 avril 1912 à Malakoff (Hauts-de-Seine) ; mariée à Eugène Hénaff ; apprentie couturière, titulaire du CAP puis petite, seconde, première main dans la Haute Couture ; syndiquée CGTU ; membre du PC en 1934 et depuis, résistante ; journaliste à Femmes Françaises et à la Vie ouvrière ; responsable de plusieurs organisations ouvrières.

Fille d'un ouvrier hautement qualifié (décoration en staff des plafonds de style), Germaine Chaplain était seconde d'une famille de huit enfants. Son père, d'idées socialisantes, passionné de sciences et d'astronomie, était adhérent du Syndicat des " sculpteurs ornemanistes ".

En 1926, âgée de quatorze ans, Germaine Chaplain entra comme apprentie dans la maison " Agnès Drecolle ", place Vendôme (Ier arr.). Elle suivit des cours de formation professionnelle, obtint son CAP et fréquenta l'École supérieure de la Haute Couture parisienne puis franchit les échelons du métier : petite, seconde, première main. À plusieurs reprises au cours de ces années, elle fut amenée à changer d'employeur.

Révoltée par les conditions de travail et de salaires faites à ses compagnes, elle adhéra spontanément en 1934 au Syndicat de l'Habillement CGTU, milita clandestinement dans les ateliers et, avec deux amies, recréa le " Syndicat des Midinettes " qui, depuis plusieurs années, n'avait plus d'existence réelle. Elle en devint la secrétaire en même temps qu'elle était élue à la commission exécutive de la Fédération de l'Habillement.

En janvier 1935, Germaine Chaplain adhérait au Parti communiste et se livrait à une intense activité clandestine de propagande dans les milieux de la Haute Couture parisienne : rédaction et distribution de tracts, édition d'un journal d'entreprise de la Maison Lanvin (L'espoir de chez Lanvin) où une grève éclata au mois de mai, bientôt suivie par les midinettes de nombreuses maisons : Chanel, Worth, Paquin, Molyneux, Nina Ricci, etc. Dix mille filles défilèrent dans Paris qui participaient à ce mouvement très populaire. Des discussions s'engagèrent entre le syndicat et la Chambre patronale de la Haute Couture et maintes revendications furent satisfaites : garanties de salaires, reconnaissance des sections syndicales d'entreprises et des déléguées d'atelier, enfin une semaine de congés payés...

Du 24 au 27 septembre 1935 se tint à Issy-les-Moulineaux le VIIIe congrès de la CGTU et Germaine Chaplain y fut déléguée ; le congrès se prononça pour l'unité syndicale qui se réalisa à Toulouse, l'année suivante.

C'est au cours de ses activités syndicales que Germaine Chaplain fit connaissance d'
Eugène Hénaff ; elle l'épousa en janvier 1936 et trois enfants naquirent de cette union : deux filles en 1937 et 1938 et un garçon en 1939.

De 1937 à la déclaration de guerre en 1939, Germaine Hénaff poursuivit son action militante : en mai 1937, elle entra à la rédaction de La Vie ouvrière pour y créer les pages féminines et pratiques.

À la déclaration de guerre,
Eugène Hénaff fut mobilisé et Germaine Hénaff se rendit en Loire-Atlantique afin de mettre les enfants à l'abri. De retour à Paris, elle assura en 1940 les liaisons pour la CGT clandestine. L'année suivante, après l'évasion de son mari du camp de Châteaubriant, Germaine Hénaff échappa à l'arrestation et confia ses enfants à l'une des ses soeurs qui se réfugia avec eux en Bretagne dans le village natal d'Eugène Hénaff, Spézet. En septembre 1941, commença pour Germaine Hénaff le combat clandestin et elle se vit confier par la direction du PC le soin d'assurer la protection et les liaisons de son mari désigné à la direction de l'Organisation spéciale (OS) qui deviendra plus tard les FTPF. Devenue agent de liaison du Comité militaire national des FTP, elle eut la charge de transmettre les directives et le matériel clandestin aux différents responsables inter-régionaux des FTP, et elle assura la liaison avec les agents de la direction du Parti. Des arrestations nombreuses s'étant produites, un changement radical devint indispensable pour Germaine Hénaff et Eugène Hénaff et, en 1943, Eugène Hénaff dut partir pour Lyon pour assurer en zone sud la liaison clandestine de la CGT et des FTP en vue de la préparation de l'insurrection nationale.

Après la Libération, de retour à Paris, Germaine Hénaff devint membre du Comité national de l'Union des Femmes Françaises (UFF) et de la direction de son journal Femmes Françaises. Elle en fut nommée rédactrice en chef et elle participa à la création d'un nouveau mensuel Heures Claires.

Une grave maladie en 1946 obligea Germaine Hénaff à interrompre toute activité durant plusieurs années.

En 1951, Germaine Hénaff, guérie, se vit confier la responsabilité des rubriques féminines et pratiques de La Vie ouvrière, fonctions qu'elle avait déjà assumées en 1937. Membre du comité de rédaction de la revue, elle y poursuivit son action jusqu'à sa retraite en 1975.

Parallèlement à ses activités syndicales, Germaine Hénaff fut également membre actif de l'Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) créée après la Libération. Elle en fut élue en 1980 membre du bureau départemental de Seine-Saint-Denis puis du Conseil national. Après la disparition de son mari en 1966, Germaine Hénaff accepta de le remplacer à la direction de l'Amicale de Châteaubriant-Voves dont elle fut élue vice-présidente. Vétéran du PC, elle assuma de 1975 à 1984 la coordination des Amicales de vétérans de Seine-Saint-Denis.

Fin 1984, Germaine Hénaff quitta la région parisienne pour s'installer dans le Var à La Seyne-sur-Mer où elle continue à militer avec les organisations locales et départementales.

Elle est décédée le 15 février 2011, quelques mois avant son quatre-vingt-dix-neuvième anniversaire.

SOURCE : Renseignements communiqués par Germaine Hénaff à Jean Maitron. - Sylvie Deburaux, sa petite fille, a recueilli son témoignage en 2002 et travaille à un document biographique.

Jean Maitron