PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



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(Travail d'Yves Quéré)


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https://www.resistance-brest.net/article2227.html

Source :
L’EMBUSCADE DE PONT-STANG par Yves Quéré

Dans les premiers jours du mois d’Août 1944, la compagnie Corse installée au manoir de Château-Gall en Landeleau reçoit l’ordre du Poste de Commandement des FFI du Plessis en Laz, d’attaquer une troupe allemande allant de Chateaulin vers Carhaix, en destination du front de Normandie.

La compagnie Corse a été armée suite au parachutage du 17 juillet 1944 du côté du Pénity-Saint-Laurent entre Collorec et Kergloff, apportant d’Angleterre des armes et trois officiers français. La compagnie recevra des mitraillettes Stenn, des fusils mitrailleurs Brenn, des grenades et plusieurs armes légères, mais pas d’officier.

Andrée Lagoguet commandant de la compagnie met en place un groupe d’une centaine de volontaires. Mais les anciens guérilleros de l’Etoile Rouge (Fichon, Rivoal, Tromeur etc…) ne sont pas sur place sur jour-là. A Pont-Stang en surplomb de la route de Chateauneuf-Carhaix, l’endroit est très bien choisi pour une embuscade. Tôt le matin du 3 août 1944, de nombreux soldats allemands passent sur la route, Dédé Lagoguet, inquiet, demande au PC du Plessis la confirmation de l’ordre d’attaque. L’ordre est confirmé dans les deux heures suivantes car il faut empêcher les Allemands de renforcer le front de Normandie où Patton attaque pour percer les lignes allemandes au sud du Cotentin.

Le 3 août à 18 heures, le message de la BBC «  le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros Guirec  ?  » lance aussi le signal de l’insurrection générale en Bretagne, pour fixer sur place les troupes allemandes stationnées dans la région. Attaquer les troupes allemandes allant vers la Normandie est donc logiquement confirmé à la compagnie Corse. A Pont-Stang, il ne s’agit plus d’une escarmouche mais de retarder plus d’un millier de soldats allemands allant vers la Normandie. Mais à cent maquisards sans expérience contre plus de milles Allemands aguerris dont des parachutistes, le combat s’annonce périlleux pour les maquisards. La compagnie Plonévez du bataillon Normandie du bois de Coat-Bihan tout prêt de Landeleau, commandée par l’officier d’active Laurent Guern ne participera pas à ce combat. Celui-ci m’a déclaré plusieurs années plus tard que dans l’armée française les soldats ne sont pas obligés d’aller au suicide. Le groupe Dumaine de la compagnie Corse du bois du Spern en Plonévez ne viendra pas non plus. Dumaine et son groupe s’arrêteront à plus de trois kilomètres à l’ouest de Pont-Stang.

André Lagoguet et quelques autres reviennent à leurs bases de Château-Gall pour préparer le repli de leur troupe, et laissent le commandement à Jean Sizorn qui attaque les Allemands vers 9 heures avec ses maquisards à coup de grenades et au fusil mitrailleur du haut des falaises qui dominent la route Chateauneuf-Carhaix et l’Aulne. Les Allemands sont surpris et reculent en désordre. Ils comptent dans leur rang plusieurs morts et blessés (les pertes allemandes ne seront jamais connues). Puis les Allemands se ressaisissent et pendant des heures combattent les FFI. Enfin vers midi, ils encerclent et massacrent l’arrière garde de la compagnie Corse (quinze morts). Ils assassinent aussi les paysans, hommes, femmes et vieillards des villages environnants (Le Cloître, Penity-Raoul, Kerancoz…), dix-huit morts horriblement tués, mutilés, brulés dont l’abbé Suignard qui venait donner les derniers sacrements aux mourants.

Après la première partie du combat, l’embuscade étant jugée réussie, Jean Sizorn s’est efforcé avec difficulté de faire décrocher ses troupes. Plusieurs combattants ont refusé de se replier car pour eux c’était enfin l’heure du combat, d’affronter et de tuer les Boches  : la plupart d’entre eux sont morts au combat. Les officiers allemands ont excités leurs soldats, au lieu de les calmer durant cette matinée dans le but de terroriser la population de Landeleau et des environs. L’embuscade s’est transformée en tuerie. Mais à Landeleau, la colonne allemande a perdu des soldats et surtout beaucoup de temps. Elle n’ira jamais en Normandie et fera demi-tour, dès le 7 août après avoir passé Carhaix pour rentrer à Brest.

A voir aussi :

https://www.ouest-france.fr/bretagne/carhaix-plouguer-29270/jean-hourmant-raconte-lembuscade-de-pont-ar-stang-687132

https://www.le-souvenir-francais-du-finistere.fr/landeleau-3-aout-2020/

https://www.kilroytrip.fr/memoriaux/massacre-pont-ar-stang-vihan-landeleau