PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



TRELLU Daniel de  QUÉMÉNÉVEN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2021


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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Lieutenant-Colonel Chevalier
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Source : https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20040517&article=7998578&type=ar

Photo de gauche :

Le dimanche 24 septembre 1944, le pays bigouden fête sa Libération.

Prise d'armes, place de la République, avant le départ du défilé pour le monument aux morts.

De gauche à droite :

le capitaine Corentin Kerveillant

le commandant André Stephan

le colonel Berthaud (Roger Bourrières)

le lieutenant-colonel Chevalier (Daniel Trellu)

le colonel Fouche

le capitaine Le Roy

et le commandant Marsouin (Le Maigre).


(Photo DR, collection Rémy Pencreac'h)

Ci dessous : Source KERSALUT Anne Friant MENDRES

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Source : https://maitron.fr/spip.php?article133070

Né le 31 octobre 1919 à Quéménéven (Finistère), mort le 22 avril 1998 à Brest (Finistère) ; instituteur ; militant JC et PCF ; résistant, responsable du FN-FTPF (1942-1943) puis chef départemental des FTP du Finistère ; secrétaire national de l’UJRF en 1945 ; secrétaire fédéral du PCF du Finistère (1949-1954) ; candidat du PCF aux élections législatives dans la circonscription de Quimper en 1958 et en 1962.

Fils d’un vannier, Daniel Trellu (parfois écrit Trelu), pupille de la Nation à partir de 1924, entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Quimper (Finistère) en 1935. Instituteur en 1938, il adhéra au Syndicat national des instituteurs. En 1935, il avait adhéré aux Jeunesses communistes à Concarneau et formé en 1937 un groupe des Jeunesses communistes à l’ENI. Il fut élu, cette année-là, au bureau des Étudiants communistes. Il devint membre du Parti communiste en 1938.

Daniel Trellu se maria en septembre 1941 à Pont-l’Abbé (Finistère) avec la fille d’un mécanicien et d’une tricoteuse. Le couple divorça en 1986.

Mobilisé le 8 juin 1940 à la Rochelle en pleine débâcle, il se retrouva en zone sud après l’armistice. Après avoir un temps envisagé de gagner l’Afrique du Nord où son frère Yves était aviateur, Daniel Trellu rentra en Bretagne et il fut nommé instituteur à Poullan-sur-Mer puis à Quéménéven. Daniel Trellu participa à la réorganisation du parti dans le Finistère, distribuant des tracts puis participant à des actions de sabotage au sein des FTP.

Lorsqu’à l’automne 1942, un vague importante de répression décapita la Résistance communiste du Sud Finistère, Jean Guyomard, en liaison avec la direction nationale du Front national, lui proposa d’intégrer l’interrégion. En 1943-1944, Daniel Trellu-Raymond était inter-jeunes au titre des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique. Profitant d’un congé pour maladie, Daniel Trellu réorganisa et développa le Front national (FN) et les FTP dans le Sud (Pont-l’Abbé) et le Centre du Finistère (Saint-Goazec), notamment chez des jeunes instituteurs. Il prit contact avec Jean-Louis Berthélémé, un agriculteur de Plonévez-du-Faou, opposé aux prélèvements agricoles qui apporta ensuite son appui à de jeunes maquisards. Il entra aussi en liaison avec un réseau d’évasion et apprit par Jean Merrien, secrétaire de mairie à Camaret, l’existence d’un dépôt d’armes enfoui dans le cimetière de Camaret. Robert Alba, ingénieur TPE, responsable du FN du Centre Finistère, se chargea de récupérer ces armes destinées à armer les premiers maquisards du Finistère. En effet, à Pâques 1943, Daniel Trellu, responsable du Front national dans la presqu’île de Crozon et devenu l’un des principaux responsables des FTP du Finistère, organisa le premier véritable maquis de Bretagne dans la région de Châteauneuf-du-Faou, à Saint-Goazec (Finistère), avec 5 ou 6 jeunes réfractaires au STO de Pont-l’Abbé et de Camaret. Jusqu’en mai 1944, ce maquis qui changea plusieurs fois de place ne dépassa jamais la dizaine de membres.

Avec Marcel Cariou de Pont-L’Abbé, responsable maquis du FN, Daniel Trellu se chargea dans un premier temps du ravitaillement de ce premier maquis FTP, soutenu aussi par des agriculteurs de Saint-Goazec et de Spézet. Il était régulièrement en contact avec Auguste Delaune de Saint-Denis, responsable interrégional FTP. Quand ce dernier fut mortellement blessé au Mans par les brigades spéciales de la police de Vichy, les FTP du Finistère furent chargés d’organiser son évasion de l’hôpital sur le plan logistique (armement, uniforme allemand) qui devait être mise en œuvre par un groupe d’Ille-et-Vilaine, exemple de coordination poussée de la Résistance communiste.

Mais Auguste Delaune mourut le 12 septembre 1943 avant sa mise en œuvre. Repéré par Guy Vissault de Coëtlogon, un militant du PNB agent de l’Abwehr qui cherchait à infiltrer les maquis en formation, Raymond et Marcel Cariou n’échappèrent à l’arrestation le 19 octobre 1943 que parce qu’ils étaient en retard à une réunion de responsables du FN au greffe du tribunal de Châteaulin. Plusieurs résistants furent arrêtés et déportés (Alba, Yves Le Gall). Fin 1943-début 1944, les attentats et les sabotages des FTP ne cessèrent de s’intensifier sous l’impulsion de Daniel Trellu, de manière autonome. En effet, en janvier 1944, du fait de la répression allemande contre l’Armée secrète, le contact avait été rompu. Il ne fut rétabli qu’en juillet 1944 avec le nouveau chef des FFI du Finistère, le lieutenant-colonel Berthaud, Roger Bourrières, le successeur de Poussin, Mathieu Donnart, arrêté à la fin juin.

Après le débarquement, l’état-major de l’interrégion Ouest des FTP fut dissous. Marcel Hamon, le colonel Courtois, fut nommé commandant des FTPF de Bretagne et Daniel Trellu, le lieutenant-colonel Chevalier, chef départemental des FTP du Finistère. Il maintint la liaison avec Marcel Hamon, installé à Saint-Nicolas-du-Pélem (Côtes-du-Nord), et avec les nombreux groupes et maquis FTP du Finistère, grâce à 16 jeunes femmes, agentes de liaison. Dans la période insurrectionnelle, l’intégration se passa bien entre les FFI-FTP et les officiers SAS parachutés, prenant le commandement de maquis, et les deux équipes Jedburgh. Daniel Trellu prit part avec ses hommes aux combats de la Libération.

Après la Libération, en 1945, Daniel Trellu devint secrétaire national de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France (UJRF) qui avait remplacé les Jeunesses communistes dont il devint permanent jusqu’en 1949. Il s’installa à Villejuif en banlieue parisienne, ville dont il fut élu conseiller municipal en 1947. En 1949, Daniel Trellu rentra dans le Finistère où il exerça des responsabilités importantes au secrétariat de la fédération du PCF. Il est probable que ce retour dans son département correspondît à la volonté de reprise en main de la fédération par le bureau politique en même temps qu’à une stalinisation du parti. En février 1949, Jeannette Vermeersch présida à Brest une conférence fédérale qui renouvela très largement les instances dirigeantes avec l’arrivée de 24 nouveaux communistes. Le Breton socialiste, l’hebdomadaire de la SFIO parla de « purge ». Le bureau politique reprochait à la fédération du Finistère de développer une ligne trop axée sur la laïcité et de compromettre ainsi « une politique d’union » mais en réalité il existait de graves problèmes au sein de la CGT qui se traduisirent à la fin de 1949 par l’exclusion de la CGT puis du PCF de Ernest Miry, le secrétaire départemental de l’UD CGT.

La principale conséquence de cette conférence fédérale dans le parti fut aussi la mise à l’écart de Marie-Yvonne Lambert, députée qui avait remplacé Pierre Hervé à l’Assemblée nationale en juin 1948, comme secrétaire politique. Daniel Trellu, militant expérimenté, occupa cette fonction, appuyé par le cheminot François Tournevache, un autre militant résistant, et Alain Signor, député qui venait de quitter le Comité Central. Sous la houlette de Daniel Trellu, le PC du Finistère connut un processus de sectarisme au nom de la lutte contre le « titisme », avec son lot d’exclusions, notamment d’élus en 1950 (Albert Quelven et Naviner), de critiques, d’autocritiques et de réintégrations. L’influence du PCF recula. Daniel Trellu, critiqué par le BP pour cette ligne sectaire, dut lui-même faire son autocritique en 1952. En août 1952, le BP lui demanda d’essayer de renouer des liens avec la SFIO. Premier secrétaire fédéral au début de 1953, Daniel Trellu figurait en deuxième position derrière Pierre Le Rose, voilier gréeur à l’été 1953 et il quitta le secrétariat fédéral en 1954, restant néanmoins membre du bureau fédéral jusqu’en mai 1964, puis du comité fédéral jusqu’en 1966. Lors de la conférence fédérale des 12-13 juin 1965, sa candidature au comité fédéral souleva des oppositions en raison de son « attitude opportuniste » (selon le rapport d’Henri Rol-Tanguy qui suivait la conférence) lors des dernières élections municipales à Trégunc. Pendant cette période, Daniel Trellu, redevenu instituteur à Trégunc, près de Concarneau, était le secrétaire de la section, militant du SNI et de la Fédération des œuvres laïques. En 1965, il devint aussi responsable départemental de l’ANACR.

Au début de la Cinquième République, Daniel Trellu défendit les couleurs du PCF dans la 1ère circonscription du Finistère à Quimper. En novembre 1958, il obtint 21,6 % des suffrages exprimés au premier tour et se maintint au second progressant encore (26,6 %) face au duel fratricide d’André Monteil, maire de Quimper et député MRP sortant, et de Hervé Nader, ancien député de droite de 1936, élu avec l’étiquette de l’UNR. En novembre 1962, Daniel Trellu arriva en tête de la gauche au 1er tour avec 21,4 % des voix et il affronta au second (38,6 %) le candidat de l’UNR Roger Evrard, élu avec 60,7% des voix (Nader qui avait voté la censure du gouvernement Pompidou avait été éliminé dès le 1er tour). En 1967, Daniel Trellu ne se représenta pas. Une nouvelle génération de militants prenait la relève de celle issue de la guerre. Par sa forte personnalité, Daniel Tr
ellu avait marqué l’histoire du PCF du Finistère de la Résistance aux années de guerre froide et aux débuts de la Cinquième République. Il quitta le PCF en 1984.

Daniel Trellu était devenu professeur de Français au lycée de Quimper. Il écrivit en breton deux recueils de poésies, Brud-barzonegou (1976) et Geriou ho Soniou. Des mots et des chants, publié en 1997 à Brest par Ar Skol Vrezoneg.

La crémation se déroula à Carhaix le 25 avril 1998 précédée d’un hommage public. Plusieurs communes du Finistère, dont Brest, donnèrent son nom à des artères.
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Gant peseurt danvez eo savet

Ar hleuziou tag ar hlouejou
Etre an dud

Poultrenn an ankounah
Skrabet e pri an amzer dremenet
Pe koad-skeul
Ar remziadou niverennet

War wagenn an amzer

'N em zil dindan ar horv-lestr
An oil emaom 'vordei
War ar memez steudad
Dirag ar memez tour-tan

An amzer evel ar wagenn

Morse n'en em zizro

An amzer wirion

An amzer da zond
Azo dirazom



















De quelle matière sont bâtis

Les talus et les barrières
Entre les hommes

Poussière de l'oubli
Grattée dans l'argile du passé
Ou bois de l'échelle
Des générations numérotées

Sur la vague du temps

Qui s'enfuit en glissant sous notre carène
Nous naviguons tous
Sur la même ligne
Devant le même phare

Le temps comme la vague

Jamais ne se retourne

Le temps réel

Le temps à venir
Est devant nous


















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La famille TRELLU au bourg de  QUÉMÉNÉVEN
par Mme Michèle Le Bras


La tombe de la famille Trellu au bourg de  Quéménéven

Lorsque j’ai découvert cette tombe au cimetière de Quéménéven, j’ignorais tout de cette famille. A ma connaissance, c’est aujourd’hui un rare symbole commémoratif de la dernière guerre, hormis les 2 monuments aux morts, bien entendu. Intriguée de ne pas avoir entendu mon entourage en parler, j’ai commencé à faire des recherches. J’ai lu les livres de Thomas-Le Grand, consulté le site Maitron, la presse ancienne et découvert que Daniel Trellu était décrit comme étant le responsable des F.T.P. du Finistère sous le pseudonyme de «Lieutenant-Colonel Chevalier ».

Quelques années plus tard, après avoir collecté les témoignages écrits et oraux de ses contemporains et bénéficié de recherches faites dans les archives du Ministère de la Défense par  Ej Sizun

j’y vois un peu plus clair. Erigée en 1998, après le décès de Daniel Trellu, cette tombe se distingue par une liste impressionnante de titres, grades, citations et décorations. Qu’en est-il exactement ?

Martial Trellu le plus jeune des 3 frères :
Selon son dossier référencé 16P 577351 au SHD de Vincennes, le grade de Lieutenant n’a pas été validé. Rétrogradé « Aspirant » le 18 décembre 1945, suite aux résultats de l’école des cadres de St Brieuc, Martial Trellu a accusé réception de cette notification de refus de validation de grade, le 20 novembre 1951.

Yves Trellu, fils, "Aspirant, Mort pour la France" en mission aérienne. C'est le grade de « Sergent » qui figure sur son acte de décès enregistré dans l’état-civil de Quéménéven ainsi que sur le site « Mémoires des Hommes ». 
https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.../base...

Daniel Trellu, « Lieutenant-Colonel Chevalier ». Selon son dossier référencé 16P 577345 au SHD de Vincennes, le grade F.F.I de « Lieutenant-Colonel » n’a pas été validé. Par décision n° 9524 de la Commission nationale, en date du 16 avril 1946, Liste Guitton, le grade homologué est « Commandant ».

Ainsi donc les 3 grades gravés dans le marbre de la sépulture familiale sont en contradiction avec les informations trouvées au SHD de Vincennes. Pourtant depuis 76 ans, le grade fictif F.F.I de «Lieutenant-Colonel», est associé au nom de Daniel Trellu, dans les livres, la presse et même sur des plaques de rue.




Source :
https://bigouden1944.wordpress.com/tag/trellu-daniel/

Guerre et Résistance en Pays Bigouden
1940-1945 l'occupation, la clandestinité, les rafles, les fusillés La Torche-Poulguen

Étiquette : Trellu Daniel
Louis KERVEILLANT

La famille Kerveillant, habitant la ferme de Feunteun Ven jouxtant l’Ile Chevalier (Pont L’Abbé), a fourni une aide importante à la résistance locale.

Le père, Isidore Kerveillant, un « homme bon », comme il était décrit, était bien ancré à gauche.

Son fils Louis Kerveillant, né en 1913, et sa femme Anna, née en 1921, vivaient avec lui et exploitaient la petite ferme ensemble.

En 2019, Anna, âgée donc de 98 ans, dotée d’une mémoire et d’une lucidité impressionnante, m’a raconté quelques faits relatifs à cette époque de la guerre 40-45 :

La ferme étant isolée, c’était une bonne cache qui a souvent servi pendant la Résistance. La famille assurait hébergement et nourriture pour tous ceux qui avaient besoin d’un abri.

De nombreux résistants y ont trouvé de quoi se nourrir – « on tuait une bête » – me dit Anna, ceci avec la complicité de quelqu’un qui travaillait à l’abattoir de Pont L’Abbé.

L’hébergement était offert à ceux qui avaient besoin de se cacher – « nous avions peu de place pour les loger car nous étions quatre et il n’y avait que deux pièces. Mais il est arrivé qu’Isidore, le père de Louis, laisse son lit… » –

Un des correspondants était Daniel Trellu, chef FTP du Finistère, Il y avait aussi Bastien Volant et Rigobert Quiniou, instituteurs et résistants communistes bigoudens.

Daniel Trellu organisait aussi des réunions clandestines dans la ferme Kerveillant.

D’autres résistants étaient aussi envoyés à Feunteun Ven par Jean Poulain, un résistant, menuisier à Pont L’Abbé, ainsi que par la famille Cariou avec laquelle ils sont restés amis après la guerre. Marcel Cariou, résistant, était le neveu de Corentin Cariou fusillé le 7 mars 1942, et la femme de Corentin était venue s’installer à Pt L’Abbé, d’où elle était originaire, après l’exécution de son mari.

La famille fréquentait couramment des personnes engagées, et Louis adhéra au parti communiste clandestin pendant la guerre en 1943.

Anna raconte qu’un jour on leur a envoyé un résistant FTP de St Guénolé, Michel Le Lay* pour un bref séjour de 3 jours. Il était activement recherché par les Allemands. En fait il est resté 30 jours, ce qui commençait à être imprudent car des voisins l’avaient vu. Mais il lui était difficile de partir, seul, à pied, car il n’avait aucun papier d’identité.

Anna avait de bonnes relations avec une personne « de gauche » travaillant à la mairie de Pont L’abbé. Elle lui soumit le problème, et c’est ainsi que Michel Le Lay a pu partir avec une carte d’identité faite « sur mesure ».

Anna connaissait également très bien « Corentine d’Albert », c’est-à-dire Corentine Tanniou, chez qui elle était le jour de l’arrivée des Allemands à Pont L’Abbé.

Des Allemands passaient régulièrement pas loin de la ferme car ils étaient logés « au château », la grande bâtisse de l’Île Chevalier, et ils se rendaient tous les jours à Pont L’Abbé à pied. Parfois ils faisaient un petit détour et passaient juste devant l’habitation. Il fallait donc être très prudents.

Anna raconte qu’un jour ceux-ci furent surpris qu’on leur refuse des œufs avec un « y en n’a plus » alors qu’ils voyaient plein de poules… Ils n’insistèrent pas trop car ils savaient qu’une autre ferme voisine les fournissait régulièrement. Il a fallu aussi freiner un peu Annick, la petite fille de 4 ans, qui leur disait « sale bot », ne sachant pas prononcer les « ch ».

Il est arrivé aussi que Louis soit réquisitionné, avec sa charrette, pour transporter des marchandises à des Allemands. Le choix ne lui était pas laissé. Lors d’un retour il eut même des problèmes avec des gendarmes vers Plomeur car « il n’avait pas de lumière à sa charrette… ».

Anna raconte aussi qu’un jour, vers la fin de la guerre, Louis a caché deux russes (ou caucasiens) qui voulaient déserter. Après avoir récupéré leurs armes il les a hébergé avant de les conduire rejoindre les résistants vers le petit maquis voisin de Corroac’h (en Combrit)..

Gaston Balliot, mai 2019

* Michel Le Lay était le père de Lucien Le Lay, mort en déportation, dont le nom a été donné à une rue de Penmarc’h
Michel Le Lay, marin-pêcheur, est décédé en 1957 à l’âge de 59 ans.

Suite :

https://bigouden1944.wordpress.com/tag/trellu-daniel/


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