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🇫🇷La presqu'ile de CROZON

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 janvier 2026

📍Résumé des évènements :

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la presqu’île de Crozon est occupée par l’armée allemande à partir de 1940 en raison de sa position stratégique à l’entrée de la rade de Brest. Les Allemands y intègrent la presqu’île au Mur de l’Atlantique, construisant bunkers, batteries côtières et postes d’observation, notamment au cap de la Chèvre et à la pointe des Espagnols.
La population locale subit réquisitions, restrictions et surveillance, tandis que certains habitants participent à des actions de résistance discrète (renseignements, aide aux Alliés). En 1944, la presqu’île connaît bombardements et combats lors de la Libération de la région brestoise. Les troupes allemandes s’y replient avant de capituler en septembre 1944, laissant un territoire fortement militarisé et endommagé.


📍Date de la Commémoration : A venir

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : Avenir

📍Randonnée : A venir



FORCES ENGAGEES ET COMBATS
FRONT DE LA PRESQU'ILE DE CROZON
D'après plaquette «Le Finistère dans la Guerre»
ouvrage cité.

I) A PARTIR DU 12 AOUT :
Bataillon «Normandie» (Compagnies «Bayeux», «Cartouche», «C. Cochennec», «Normandie») : secteur de Plomodiern, le 12 août.

  • Compagnies «Surcouf», «Richelieu», Groupe «Kenavo» de Plomodiern.
  • Compagnies «J-P. Calloc'h» (Huelgoat) Berrien-Scrignac - Carhaix (Pierre LE GOFF) - Plonévez-du-Faou et service sanitaire du Docteur DESSE, soit 888 hommes, le 30 août, sous le commandement de Jean BERNARD, Officier du B.C.R.A. parachuté.
  • A droite de «Normandie», sur Dinéault et pente Nord-Nord-Est du Ménez-Hom : le bataillon F.T.P. «Stalingrad» (Compagnies Châteaulin (ex «Stalingrad», «De Gaulle», «Ténacité», «Victoire») commande par Marcel SICHE dit «Equivalence», lieutenant parachuté, qui, blessé le 28 août, sera remplacé. par LE BIDEAU.
  • Compagnie «Castel» de Landerneau.

II) DU 18 AU 20 AOUT :
(cf. le raid du 16 août sur Brasparts qui a démontré la fragilité relative du dispositif des F.F.I., et l'offensive ennemie du 19) entrent en ligne :

  • le Bataillon «Bellan» de Quimper (5e Compagnie de «Nicolas», 6e de «Danion», 7e de «Bédéric») ;
  • la 2e Compagnie F.T.P. du Bataillon «La Tour-d'Auvergne» de Quimper:
  • la Compagnie de Douarnenez («Chancerelle») :
  • une section de la Compagnie de Briec; la batterie d'artillerie F.F.I. «Espern», rattachée au Bataillon «Angeli» de Quimper, servie en partie par des marins de Penmarc'h.

Total à ce moment : 2.000 F.F.I.-F.T.P. dotés essentiellement d'armes légères, sur un front de 12 km, de l'anse de Kervigen, près de Ploéven, à l'Aulne (Est de Dinéault), pour contenir 12 à 15.000 Allemands renforcés par mer par des troupes venant de Brest et pourvus d'armes lourdes.
Commandant du secteur : PHILIPPOT, sur décision de l'E.M. départemental F.F.I. (Chef d’E.M. PLOUHINEC).
24 août : arrivée de l'Equipe Jetburgh «Charron» avec canons anti-chars et mortiers.
26 août : venue d'une colonne américaine avec blindés.
Entretien : Général MIDDLETON, Colonel EON précisent les missions des F.F.I. : au Nord, front de Brest-Le Conquet (Commandant FAUCHER «Louis») : Presqu'ile : secteur entre Aulne et mer (F.F.I. et Task Force U.S. du Colonel LINGUEST).
27 août : la reddition de la Presqu'ile de Plougastel-Daoulas est acquise (totale le
1er septembre), le Général EARNEST vient à Plomodiern et félicite les F.F.I.
Jusqu'au 1er septembre : patrouilles, embuscades, combats se succèdent et constituent la manœuvre d'encerclement du Ménez-Hom (cote 330). Les F.F.I. souffrant de conditions matérielles déplorables, envient les soldats américains pourvus de tout le nécessaire.
1er septembre : le Ménez-Hom est occupé par les F.F.I. de la Compagnie «Normandie» qui subissent un mitraillage et un bombardement opérés par l'aviation américaine.

III) LE NOUVEAU FRONT :

s'établit entre les deux anses : de Morgat et du Poulmic, sur environ 5 km.
La 1ère Compagnie («Mével») relève la 2º Compagnie (toutes deux du Bataillon «La Tour-d'Auvergne) et marche sur Telgruc.
Telgruc est atteint (cf. aussi «Journal de marche de la 7º Compagnie du Bataillon «Bellan»).
«Stalingrad» nettoie Trégarvan.
«Ténacité» entre dans Argol.
3 septembre : c'est la tragédie de Telgruc, bombardée à «basse altitude» par des bombardiers lourds américains (120 victimes : des civils, des F.F.I. et des Américains).
Relève du Bataillon «Bellan» et de la Compagnie «Fer».
7-8 septembre : la 8e D.I. U.S. entre en action à son tour.
Les F.F.I. sont restructurés : le Bataillon «Le Carvennec» est constitué : Compagnies du Huelgoat, de Plonévez-du-Faou, de Plomodiern, d'unités de la Presqu'ile armées au fur et à mesure; Groupe «Pennaneach» de Quimper; Compagnie «Surcouf»; groupe d'engins de Penmarc'h (Lieutenant LE GOFF).
Interviennent aussi le Bataillon «La Tour-d'Auvergne» de Quimper, de «Gaston», KERVAREC, secteur Sud; les fusiliers-marins (Lieutenant de Vaisseau LE HENAFF). Le Bataillon «Stalingrad» relevé le 13 septembre par le Bataillon «Leroy-Sker» (Commandant : Hervé PERON), (Compagnies «Barbusse», «Jacq», «Volant», «Kléber»), secteur Nord.

Au centre : les Américains.
Combats, missions de renseignements, duels d'artillerie, bombardements par l'aviation se poursuivent jusqu'au 16 septembre.
Le Général Ramcke a quitté Brest; il installe son P.C. à la Pointe des Espagnols afin de «poursuivre la lutte».

D'après G.M. THOMAS et A. LE GRAND,
«Le Finistère dans la Guerre», tome Il, Editions de la Cité.

IV) INVESTISSEMENT

DE LA PRESQU'ILE DE CROZON

L'attaque finale a lieu le 17.

Le long de la Côte Sud progressent la 1ère et 3e Compagnies F.T.P. couvrant les Américains accompagnés de la Compagnie «France» (pour l'essentiel d'origine crozonnaise). Crozon puis Morgat sont libérées.

Sur la Côte Nord, une patrouille de la «Barbusse», dans la brume du matin, reconnaît les abords de la base du Poulmic, où pénètrent la Compagnie et les Américains. Les fusiliers-marins sont engagés aussi.

«Barbusse» atteint Lanvéoc à 12 h 30, puis Le Fret et l'Ile Longue; relevée le 18 par la Compagnie «Volant» qui atteint St-Fiacre : Quélern, Roscanvel, la Pointe des Espagnols (le 19).

Au Sud, le 18 : la 3e Compagnie F.T.P. de Quimper nettoie le Cap de la Chèvre; la 1ère pousse jusqu'à la Pointe des Pois; le groupe LE GOFF opère dans ce secteur.
Camaret est occupée.


Tout est fini à 19 heures, car Ramcke s'est rendu

Lezongar-Audierne : ne se rend que les 20-21 septembre.


D'après «Le Finistère dans la Guerre»,
tome II, pages 457-482.

LIBERATION
DE LA PRESQU'ILE DE CROZON

📍Extraits de l'ouvrage du D. LAFFERRE.
📍Rapport d'Alain LE GRAND.
📍Compte-rendu de «LAGARDERE» (événements 15-16 août - Raid allemand sur Brasparts).
📍Rapport de la Compagnie «MORILLON» («Bayeux») du 18-8-44.
📍Compte-rendu journalier et Rapport de la Compagnie «VOLANT» du 13 au 19-9-44. 📍Prise du Ménez-Hom par la 1m Section de la Compagnie «NORMANDIE» (Ménez-Hom, 1er septembre 1944 - Chef de Section : BRAUN).
📍Historique du Ménez-Hom :

  • Rapport du Capitaine BERNARD, Commandant le Bataillon «NORMANDIE».
📍Rapport du «pointeur du 155».

DANS LA PRESQU'ILE DE CROZON
par Alain LE GRAND.

On observe deux phases dans les combats pour la libération de ce secteur très important.

Dans un premier temps, où la situation reste soumise à la domination par l'ennemi du Ménez-Hom, culminant à la cote 330 avec plusieurs points fortifiés, les Forces Françaises de l'Intérieur — F.F.I. - F.T.P. - ont à contenir plus de 10.000 soldats allemands et mercenaires. Le nombre de ceux-ci s'accroît du fait d'une communication par mer avec le camp retranché de Brest.

Quimper a été libéré le 8 août, Douarnenez le 6, Bénodet le 11, mais plusieurs points retiennent des unités de F.F.I. : Concarneau qui tiendra jusqu'au 25 août, Lézongar près d'Audierne, le dernier bastion de l'ennemi à se rendre dans le Finistère le 20 septembre.

Par ailleurs, à Brest, les Américains, rencontrant une farouche résistance du Général RAMCKE notamment et de sa 2e Division parachutiste, ont confié d'importants secteurs aux forces issues de la Résistance, et les F.F.I. finistériens participent sur la Laïta à l'investissement de la poche de Lorient.

Néanmoins, pour ce qui concerne la Presqu'ile de Crozon, les ordres du Commandant départemental des Forces Françaises de l'Intérieur sont de resserrer le dispositif en place et de faire savoir à l'ennemi qu'il est bloqué dans la péninsule.

C'est là une mission héroïque. La ligne de front s'étend sur une douzaine de kilomètres et l'effectif F.F.I.-F.T.P. présent n'atteint pas les 2.000 hommes, sommairement équipés, disposant d'armes légères, les vêtements et chaussures en mauvais état, en face de soldats allemands bien retranchés avec d'importants moyens matériels et un armement lourd.

Sur Plomodiern, le 12 août, on trouve le 1er BatailIon F.T.P. qui va prendre l'appellation de «Normandie»
_ avec ses Compagnies «Bayeux», «Cartouche», «Corentin Cochennec», «Normandie» - auquel viendront s'adjoindre d'autres formations de l'arrondissement de Châteaulin : les Compagnies «Surcouf», «J.-P. Calloc'h», de Huelgoat, celles de Berrien, Scrignac, Carhaix, Plonévez-du-Faou, le Groupe «Kenavo»
de Plomodiern, le
service sanitaire du Docteur DESSE.

A droite de «Normandie», dans la partie N.-E. du Ménez-Hom, sur Dinéault, est en ligne le Bataillon F.T.P. «Stalingrad», «Châteaulin», Compagnies
Gaulle», «Ténacité», « Victoire».

La tactique des F.F.I. reste celle de la guérilla, patrouilles, accrochages, décrochages, escarmouches,
voire engagements plus sévères sur les points où l'ennemi devient agressif, notamment pour assurer son ravitaillement.

Paniqués dans les premiers jours, les Allemands se sont ressaisis. Le 16 août, un raid sur Brasparts, conduit de Brest avec des engins motorisés pour libérer des prisonniers, illustre la précarité de la défense F.F.I.

Le Colonel EON, nommé par Londres Commandant des F.F.I. de Bretagne, parachuté dans les Côtes-du-Nord, arrivé à Châteaulin vers cette date du 15 août, se rendra par deux fois au P. C. du Général MIDDLETON, Commandant le 8º Corps d'Armée américain, pour demander un appui de cavalerie motorisée.

Le 18, le Colonel BERTHAUD, Chef départemental des F.F.I., a désigné le Commandant PHILIPPOT pour prendre le commandement du secteur. Il s'agit, en premier lieu, de colmater la brèche existant entre la position occupée par «Normandie» et la mer.

Il met en ligne le Bataillon «Bellan», de Quimper (5e, 6e et 7e Compagnies), renforcé par la 2e Compagnie du Bataillon F.T.P. «La Tour-d'Auvergne», la Compagnie de Douarnenez («Chancerelle»), des éléments de la
Compagnie de Briec, la Batterie d'Artillerie «Espern» utilisant des pièces récupérées sur les Allemands.
L'effectif pour l'ensemble du Front F.F.I. est d'environ 3.000 hommes.

Un détachement motorisé américain, commandé par le Colonel LINGUEST, arrive enfin le 26 août (800 hommes environ). Il se retire chaque soir, les F.F.I. restant seuls en ligne.

🇫🇷PRISE DU MENEZ-HOM (Cote 330)

Jour après jour, des actions se poursuivent sur les axes Dinéault - Trégarvan et
Sainte-Marie - Saint-Nic pour l'encerclement du Ménez-Hom.

Les F.F.I. perdent des hommes ici et là, tués ou blessés.

Le 28 août, les combats s'étendent à l'ensemble du front, et les jours suivants les positions allemandes sur les crêtes tombent les unes après les autres.

Le 1e septembre au matin, la cote 330 est atteinte. Le Lieutenant BERNARD, du Bataillon «Normandie», envoie au Commandement F.F.I ce message :
🇫🇷«Le drapeau français flotte sur le Ménez-Hom».🇫🇷

Le Général allemand RAMCKE cherchera à minimiser la victoire des F.F.I. en ironisant sur l'Ordre du Jour rédigé par le Colonel EON. De même, il contestera les prisonniers dont le nombre est important, le matériel pris...

DEUXIEME PHASE DES COMBATS :

📍«MEPRISE» DE TELGRUC

La chute des positions ennemies sur les crêtes du Ménez-Hom permet aux F.F.I. et Américains une progression de 12 à 15 km, le 1er septembre. Le front s'établit dans la partie la plus étroite de la Presqu'ile (5 km environ), sur l'axe de Tal-ar-Groas en Crozon.

Le 3 septembre, c'est la tragique «méprise» de Telgruc, conséquence d'une avance trop rapide, mais aussi d'un manque de coordination du côté des Américains, voire d'une carence, au dire même du Colonel EON.

Par vagues successives, l'aviation bombarde nos lignes faisant 24 tués parmi les F.F.I., une cinquantaine de victimes parmi la population de Telgruc et Crozon, femmes et enfants, 51 chez les Américains.

Après la reddition de la Presqu'ile de Plougastel, le 1er septembre, le Task-Force du Général EARNEST est venue sur Crozon, puis le 7 septembre l'infanterie américaine de la 8e Division.

Sur sa demande, il est mis fin à la mission du Colonel EON le 10 septembre.

Jusqu'ici, guérilla et actions d'infanterie, les opération ont été essentiellement l'affaire des F.F.I. Elles vont être conduites plus «méthodiquement» sous le commandement direct des Américains. On assistera à des duels d'artillerie et bombardements qui éprouveront encore la population civile demeurée sur place.

Le Commandement départemental des F.F.I. entend prendre part aux combats jusqu'à la victoire complète.
Des unités de F.F.I.-F.T.P., en ligne depuis le début d'août, sont relevées. D'autres prennent position sous un commandement réorganisé : «Surcouf», 1er et 3e Compagnies du Bataillon «La Tour-d'Auvergne» de Quimper, fusiliers-marins, Bataillon «Le Roy-Sker» (Compagnies «DocteurJacq», «Barbusse», «Antoine Volant», «Kléber»).

Leur rôle s'avère très important en définitive au prix de quelques pertes en hommes tués et blessés dans les opérations de nettoyage, renseignements jusqu'a la Pointe des Espagnols et Roscanvel où RAMCKE se rend aux Américains le 19 septembre au soir.

Le Lieutenant-Colonel PHILIPPOT le dira plus tard: sur 7.000 prisonniers faits durant la dernière phase des combats, 2.500 se sont rendus aux F.F.I. Le matériel tombé entre leurs mains est considérable .

(Cf. «Le Finistère dans la Guerre», par
G.M. THOMAS et A. LE GRAND - Editions de la Cité, 2e Tome, 1981.)