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🇫🇷 CONCARNEAU

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2026

Résumé des évènements :
La kommandantur est installée dans une villa du boulevard Bougainville et son annexe se trouve à l'Hôtel de la Mer.
Le 28 septembre 1940, quatre aviateurs anglais de la 42e escadrille de la Royal Air Force qui étaient à bord d'un Bristol Beaufort sont abattus au-dessus de la baie de Concarneau ; l'un d'entre eux, le lieutenant John R. Bendell, pilote, a sa tombe dans le cimetière de Lanriec (deux autres aviateurs sont inhumés à Trégunc : les sergents Woolnaught et Macnaughton, et un autre, Charles Masson, à Fouesnant).




Date de la Commémoration : : A venir

Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :


Randonnée :





L’ACTION
DE LA RESISTANCE CONCARNOISE
DU DEBARQUEMENT A LA LIBERATION

«Les Concarnois, dès les premiers jours de l'occupation, avaient manifesté leur hostilité à l’occupant. Ils en subissaient les méfaits et les sévices. Le 25 février 1941, Pierre PERON de Penmarc'h était fusillé au bois Keriolet. En octobre, Pierre GUEGUIN, le maire de Concarneau et Marc BOURHIS, instituteur à Trégunc, deux Concarnois figuraient sur la liste sinistre du massacre de Châteaubriant. Dans l'ombre, les mains se cherchaient. Individuellement, établissant des liaisons, organisés déjà, les Patriotes de tous milieux sociaux, de toutes opinions, prenaient l'initiative des premières actions anti-nazies : renseignements, transports d'armes, sabotages, inscriptions, distributions de tracts et journaux clandestins, tandis que d'autres Concarnois rejoignaient les Forces Françaises Libres (F.F.L.) comme l'illustre le départ en Angleterre du thonier «Saint-Guénolé». Les marins de la région établissaient les liaisons avec la flotte anglaise malgré l’étroite surveillance dans la zone côtière interdite. Les paysans hébergeaient et nourrissaient les réfractaires du S.T.O., les militants clandestins. La population mal nourrie revendiquait telles les ouvrières d'usines arrêtant le travail, manifestant et obtenant une distribution d'huile et de conserves.

A la veille du débarquement de la formidable machine de guerre alliée sur les côtes normandes, suivant les mots d'ordre, la Résistance Française prête de tous côtés à l'insurrection armée.

C'est à partir de ces organisations que se formèrent les différents groupes armés qui allaient harceler l'occupant nazi et l'obliger à capituler par la fuite.

Les combattants de notre cité se regroupaient dans les formations suivantes :
La Compagnie F.T.P.F. «Leclerc» commandée par Etienne MILLOUR de Fouesnant et qui comprenait des jeunes gens de Fouesnant et La Forêt-Fouesnant comprenait également deux groupes de Concarneau qui avaient pris les noms de Pierre GUEGUIN, maire de leur ville et Marc BOURHIS, fusillés à Châteaubriant. Cette compagnie allait devenir la 5º Compagnie du Bataillon «La Tour-d'Auvergne». André LE CRAS succéda à Etienne MILLOUR après la mort héroïque de ce dernier à Kernabat.

Le 1° Compagnie F.F.I. du bataillon de Concarneau était issue du mouvement «Libération» et avait à sa tête René NERZIC. 

Les corps-francs «Vengeance», sections spéciales d'action immédiate issues du réseau «Turma Vengeance». Ces sections groupaient des Résistants de Concarneau, Trégunc et Melgven et allaient devenir la 2e Compagnie du Bataillon de Concarneau commandée par Georges MARTIN.

 La Milice patriotique recrutée par le Front National qui deviendra la 7e Compagnie F.T.P.F.

En quelques lignes nous allons rappeler quelle fut l'action de ces Combattants Volontaires de la Résistance:

25 juin : Les Corps-Francs «Vengeance» qui tiennent le maquis avec un armement des plus réduits sont attaqués par la Feldgendarmerie à Kerguizic en Melgven. Deux maquisards, Georges BEAUJEAN et Alfred LE RAY, sont sauvagement abattus et trois autres sont faits prisonniers.

14 juillet : La Compagnie «Leclerc» vient prêter main forte à ses camarades de Scaër qui reçoivent un parachutage d'armes. Le lendemain plus de 800 Allemands attaquent la ferme de Kernabat. Etienne MILLOUR, MASSE et HERVE de La Forêt-Fouesnant seront parmi les victimes de cet engagement.

3 août : C'est au tour des gars de «Vengeance» de participer à un parachutage. Protégés par la Compagnie de Rosporden déjà armée, ils se regroupent à Langolen pour recevoir leur armement.

5 août : Le dispositif d'encerclement de Concarneau est mis en place. Les deux Compagnie de «Vengeance» et «Libération» forment le Bataillon F.F.I. de Concarneau sous les ordres des officiers de réserve, le Chef d'escadron RINCAZEAUX et le Commandant LE BOURHIS.

6 août : Douze Russes blancs de la garnison de Trégunc forte de 120 à 150 hommes s'étant constitués prisonniers, cette dernière cantonnée à l'école de Trégunc est attaquée par deux sections de la 2º Compagnie. L'ennemi perd 6 hommes, plusieurs sont blessés. Aucune perte chez les F.F.I.

Quatre hommes de la 2º Compagnie tentent d'interdire l'accès du port. Ils font sauter le chalutier «Ma Salver». Le courant fait dériver l'épave. Le chenal ne sera que partiellement obstrué.

7 août : Deux soldats de la 1* Compagnie F.F.I. Jean PEZENNEC et Joseph LIMBOURG tombent aux mains de l'ennemi près du Moros. Ils seront fusillés au Cabellou bien que les Allemand aient affirmé à plusieurs reprises, durant le siège, au Maire et au Commissaire de Police de Concarneau, qu'ils avaient eu la vie sauve et été transférés à Lorient.

A 13 heures 30, les 2e et 3e sections de la 2e Compagnie tendent une embuscade à Kernaour-Land sur la route de Trégunc à Pont-Aven pour attaquer un convoi de police ennemi composé de 9 camions et 2 voitures légères. Le convoi est anéanti. Hélas la 2° section perd Yves BERTH.

Dans la soirée, c'est au tour d'un groupe franc de la 1" Compagnie de repousser l'attaque d'un camion transformé en véhicule blindé qui fait une incursion à Croissant-Bouillé venant de Concarneau. 5 Allemands sont tués mais les Résistants déplorent la mort d'Yves TRICHARD.

Trégunc est libéré.


12 août : Deux Compagnies du Bataillon «La Tour-d'Auvergne» dont la 5 Compagnie «Leclerc» prennent position au Nord de Concarneau conjointement avec une Compagnie de Rosporden commandée par le Capitaine MERCIER.

16 août : Des chars américains accompagnés d'une batterie d'artillerie arrivent à la Croix-Neuve. Des pourparlers sont entamés pour la reddition de la garnison allemande.

17 août : Les pourparlers ayant échoué trois compagnies F.T.P.F., ainsi que des éléments de la Milice patriotique, décident de passer à l'attaque. La 3e Compagnie en position à Kerrest se heurte à la puissance de feu de la casemate des Sables-Blancs. Le soldat Jean DONNARD est tué, dix de ses compagnons sont blessés. La 1ère, 5e Compagnie et la Milice pénètrent en ville par l'avenue de la Gare. Il s'ensuit une véritable bataille de rues. Un petit poste avancé est détruit près de l'Inscription Maritime. Mais les chars américains n'ayant pas suivi, les F.T.P.F. doivent décrocher.

18 au 20 août : Un groupe de la 2e Compagnie F.F.I. attaque au mortier une pièce du Rouz. Un Allemand est tué.

Une patrouille de la 1ère section fait prisonniers 3 sous-officiers qui venaient de piéger la route de Kérose. Une autre section fait sauter un dépôt de munitions au Rouz.

Le 19, les chars américains s'en vont. La Résistance est seule face à l’ennemi.

Le 20, toute le bataillon F.T.P.F. amorce une attaque. L'artillerie allemande se déchaîne clouant les combattants au sol. Le repli est ordonné.

22 août : Une patrouille de la 1ère Compagnie F.F.I. partie distribuer des tracts rédigés en Russe et en Allemand sur la route du Cabellou à Kerviniou engage le combat contre la voiture de ravitaillement du poste de Kerviniou. Elle tue les 4 occupants et ramène 22 caisses de conserves.

23 août : Les escarmouches entre patrouilles F.T.P.F. et soldats ennemis se multiplient aux abords de la ville.

24 août : M. Louis KREBS, Maire de Lanriec, responsable du mouvement «Libération», qui continuait sa tâche d'agent de renseignements, est tué à une fenêtre de son domicile au Passage-Lanriec, de plusieurs balles de mitrailleuse tirées par les Allemands.

Dans la soirée des groupes francs des 1ère et 2e Compagnies F.F.I. attaquent simultanément le poste fortifié de Kerviniou, contrôlant la route de Concarneau
à Trégunc. Après une rapide préparation par fusils-mitrailleurs et mortier le poste est enlevé. 22 Allemands sont faits prisonniers. 2 tués du côté français : Louis SELLIN de la 1ère Compagnie et Lucien PICARD de la 2e.

25 août : De violentes explosions ont lieu vers 5 heures du matin. Deux mines viennent d'exploser et endommager l’arrière-port.

Deux patrouilles, l'une de la 5e Compagnie F.T.P.F., l'autre de la 2e Compagnie F.F.I., font une incursion en ville. Il n'y a plus d'Allemands à Concarneau. Ils sont partis par voie de mer à Lorient.

C'est la Victoire. Concarneau est libérée. Les Concarnois peuvent être fiers de leurs concitoyens qui dans la Résistance Française ont œuvré pour effacer la honte de l'armistice de juin 1940 et permis que le 25 août 1944 les trois couleurs flottent à nouveau sur leur cité.

COMPAGNIE DE PONT-AVEN
LIBERATION DU CANTON DE PONT-AVEN




On peut dire que le 5 août, toutes les communes du Canton étaient libérées.

Le Canton de Pont-Aven, par sa situation en bordure de la zone côtière, entre Concarneau (point d'appui important pour les forces allemandes) et la grande base de Lorient, était fortement occupé.

Un bataillon à Riec-sur-Belon, un bataillon à Pont-Aven, tous les petits ports côtiers étaient gardés par des détachements de surveillance. Il n'était pas possible de s'attaquer de front aux unités allemandes.

Depuis le 5 juin, les lignes téléphoniques aériennes et souterraines étaient régulièrement sabotées.

Après avoir reçu l'ordre de soulèvement général, les sections étaient regroupées. Les deux sections de Moëlan procédaient à l'élimination des détachements de Brigneau, Doëlan, Merrien, faisant des prisonniers et récupérant des armes dont nous en avions tant besoin, et attaquant les patrouilles à des endroits bien choisis.

Les sections de Riec et Pont-Aven procédaient entre le 30 juillet et le 5 août, à des barrages de la route nationale Concarneau-Quimperlé, entre Riec-sur-Belon et Pont-Aven et entre Riec-sur-Belon et Quimperlé. Elles arrêtaient, en dehors de l'agglomération, les unités allemandes se repliant sur Lorient. Des accrochages assez sérieux se produisirent sur la route de Riec à Moëlan en bordure du Belon où les Allemands essuyèrent quelques pertes mais continuèrent leur route en direction de Moëlan et du pont de St-Maurice.

Un autre accrochage, sur la route entre Trégunc et Pont-Aven au lieudit «Croissant-Bouillet» - un F.F.I. tué.

Névez était libérée par le groupe du Lieutenant LE PAGE.

Les liaisons étaient inexistantes entre les différents secteurs.

Le 5 août, alors que d'après les renseignements obtenus, le passage des unités allemandes était terminé, et que nous commencions à mettre en place des barrières de barbelés à la sortie de Riec sur la route en direction de Pont-Aven, nous fûmes surpris par un fort détachement allemand d'une douzaine de camions fortement armés. Après un échange de coups de feu, nos hommes se repliaient sans perte, mais quelques
Allemands avaient été blessés. En passant dans le bourg, ceux-ci ouvrirent le feu sur tout ce qui bougeait. Un homme se trouvant à sa fenêtre fut tué. Le Maire, Monsieur CADORET, faillit être amené en otage, mais après explications, fut relâché. Ce fut le dernier accrochage.

Toutes les communes du canton ne devaient plus revoir les Allemands. C'était le 5 août. Le Canton était libéré.

Les sections furent regroupées pour se porter :

  • les sections de Moëlan sur la Laïta ;
  • les sections de Riec sur Névez ;
  • les sections de Pont-Aven sur le secteur de Concarneau-Le Cabellou, où elles continuèrent la lutte.

Colonel MOREL R.