Stacks Image 26315


🇫🇷CARHAIX

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2026

📍Résumé des évènements :

Carhaix
Nœud ferroviaire stratégique, Carhaix est fortement surveillée par l’occupant. La Résistance y est active : sabotages de voies ferrées, renseignements et actions de groupes FTP et FFI. La ville subit des représailles et est libérée à l’été 1944 lors de l’avance alliée en Bretagne.


📍Date de la Commémoration : : A venir

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : : A venir

📍Randonnée : : A venir



Stacks Image 26398
Source : Philippe Le Borgne
Tableau de Paul Marzin Chef FFI


Ce tableau de Paul Marzin Chef FFI est caché du public dans le bureau du maire du Huelgoat : *Le 31 aout 1944 la section spéciale de Carhaix et un groupe d' Huelgoat parviennent en fin d'après - midi à 200 mètres du Ménez-Hom et arrosent le sommet au mortier ,mais sont contraints de rebrousser chemin.
Au cours du repli Yves Lamandé de la compagnie d' Huelgoat est mortellement blessé .Son évacuation sous le feu ennemi est impossible.
Le FFI décède vers minuit ,au moment où ses camarades réussissent à le rejoindre.


LE BATAILLON «GUY MOQUET»
DES COTES-DU-NORD
(Secteur Carhaix-Rostrenen)
4° COMPAGNIES :
«Scottet» :
Paule — «Duguay» : Plévin
«P.L. Menguy» : Plévin-Tréogan
«E. Le Borgne» :
Callac



La colonne Ramcke a été attaquée dès sont départ pour la Normandie sur l'axe de Châteaulin à Carhaix ; et de Carhaix à Rostrenen, à la Pie.

Le 14 juillet : deux groupes de la
Compagnie «Auguste Duguay» détruisent un convoi ennemi à la Côte du Moulin à Vent, aux portes de Carhaix.

Le 17 : prise d'un dépôt allemand à Lein-Hon, près du Moustoir.

Le 23 : un parachutage au Quinquis permet d'armer les quatre Compagnies.

Le 29 débute la bataille Paule - Plévin - La Pie - Le Quinquis - Tréogan.

L'offensive allemande, renforcée par des miliciens (3.000 hommes en tout), s'accompagne de massacres d'otages et d'incendies; mais les efforts convergents de forts éléments ennemis sont brisés; ils se heurtent aussi à un maquis venu du Morbihan et à ceux de Kergrist, de Locarn et de Callac.

En août, l'offensive du
Bataillon «Guy Moquet» commence à Lein-Hon (Compagnie Duguay), le 4.

Le 5 : la
Compagnie «Scottet» est engagée à Pont-Daoulas, à 3 km de Carhaix, alors que les Allemands sont retranchés dans la ville.

Les troupes U.S. la contournent par Plévin au Sud, par Maël-Carhaix et Trébrivan au Nord. Les Allemands quittent Carhaix et amorcent un repli vers Brest par Poullaouen-Huelgoat où ils seront maintes fois accrochés.

Le 6 : la
Compagnie «P.L. Menguy», soutenue par la Compagnie «Scottet», entre dans Carhaix.

Le Bataillon assure la protection de la population et pourchasse les groupes d'Allemands (50 à 60 h.) tentant de rejoindre Lorient.

Les 7 et 8 août : d'autre forces F.F.I. font à leur tour leur entrée.

A la mi-août : le
Bataillon «Guy Moquet» est appelé en renfort (cf. le raid ennemi sur Brasparts) et intervient à Irvillac, Saint-Urbain, Dirinon, Daoulas.

Rappelé dans le Côtes-du-Nord, il se bat sur le front de Saint-Malo, Saint-Servan, puis celui de Lorient.

Extraits de la plaquette «La Résistance en lutte de 1940 à 1944 dans la région de Maël-Carhaix et de Callac.» Edition 1984.

Condensé des activités de résistance dans le canton de Châteauneuf-du-Faou et l'Arrondissement de Châteaulin établi d'après les comptes-rendus et rapports d’origine.

La prise du Ménez-Hom par les unités des Forces Française de l'Intérieur, appuyées par le
17e Régiment de cavalerie motorisée de l'Armée U.S. constitue le couronnement et restera le symbole de la lutte menée par la Résistance Finistérienne.

Elle fût l'aboutissement d'une longue lutte clandestine des mouvements de Résistance du
Front National et de Libération-Nord à travers le département, puis des activités de guérillas ouvertes qui prirent naissance dans la maquis de Spézet, de Châteauneuf-du-Faou, de Saint-Thois, de Saint-Goazec, de Plonévez-du-Faou, de Landeleau dont l'historique recouvre et se confond avec celui de tout l'arrondissement de Châteaulin et du Centre-Finistère.

Après une intense activité de renseignements, de recrutement, puis de préparation de parachutages menée en liaison avec le bureau des opérations aériennes du B.C.R.A. durant l'année 1943 et le début 1944,
le maquis de Châteauneuf-du-Faou est créé le 6 juin 1944 après celui de Spézet déjà existant depuis plusieurs mois, ce sera le point de départ d'une série d'actions isolées de guérilla, puis d'opérations clandestines de parachutage de personnels et d'armement léger qui créeront autour des Allemands «Ce terrible climat d'insécurité et de haine qui sapait la confiance des chefs et le courage des soldats». Selon les termes mêmes du général EISENHOWER dans son ordre du jour.

La réception au sol le 6 juillet 1944 de
l’équipe «JED» «GILLES» (non de code de l'équipe constituée par les Capitaines U.S. Bernard KNOX et François GRALL dit LEBEL, ainsi que du radio britannique GORDON TAC) allait permettre d'armer les maquis par une série de parachutages et de coordonner leurs activités en prévisions de l'insurrection générale.

C'est ainsi qu'un mois plus tard, le 2 août 1944, au reçu du message : «
Le Xérès est un vin d’Espagne», 2.000 maquisards armés déclenchaient la guérilla ouverte dans la vallée de l'Aulne sur l'axe Châteaulin-Châteauneuf-Carhaix pour intercepter les unités de la 2° Division de parachutistes allemands en route vers l'Est. Le dispositif étudié de longue date et mis en place sur cet axe, notamment à Pontriffin, eut pour résultat de disloquer le colonne ennemie et de contraindre les éléments accrochés à se disperser dans la campagne pour se replier vers l'Ouest et la Presqu’ile de Crozon.

Les dégâts causés par les éléments traqués et fou de rage tuant et brûlant tout sur leur passage, sont de triste mémoire à Châteauneuf et tous les environs, durement éprouvés.

La liaison effectuée le 5 août avec le P.C. du Plessis en Laz par l'avant-garde de cavalerie motorisée américaine après un violent accrochage à Châteauneuf, mettait un point final à cette première phase de l'action armée.

La deuxième phase verra le regroupement des maquis et la constitution de trois Bataillons qui prendront position à l'Ouest de Châteaulin pour verrouiller la Presqu'ile de Crozon, pendant que les forces U.S. attaquaient Brest. Peu à peu l'étreinte se resserre autour du Ménez-Hom et la position est enlevée de haute lutte le 1er septembre 1944. C'est alors que, relevés par d'autres éléments F.F.I. venus de Quimper notamment, les
Bataillons «Normandie» et «Stalingrad» sont repliés sur Châteaulin pour former, sous les ordres du Capitaine Yves LE GALL («Lagardère»), le 1er Bataillon du Finistère qui deviendra peu après le 1er Bataillon du 118º R.I. de la 19e Division.

Fait à Châteauneuf-du-Faou, le 30 avril 1984.

Le Colonel (C.R.) Yves LE GALL,
ex Commandant des F.F.I.
de l'arrondissement de Châteaulin.

LA LIBERATION DE CARHAIX


Carhaix : ville à la charnière de trois départements : Finistère - Côtes-du-Nord, Morbihan, est un important nœud de communications : de routes et de voies ferrées en étoile du «Réseau Breton».

Pour les forces allemandes, le secteur Carhaix-Huelgoat-Callac-Rostrenen est un «point noir».

L'action de la Résistance a favorisé, en Bretagne, l'avance rapide des Américains, mais au préalable a freiné ou interdit le départ vers le front de Normandie des convois allemands appelés en renfort.

A Carhaix, la Résistance a commencé très tôt, dès 1940, sous la forme de réseaux assurant l'aide aux aviateurs alliés et de filières permettant leur retour en Angleterre.

Ces réseaux ont été démantelés en partie en 1941, 1942 et 1943(1). Contact fut pris à Douarnenez avec «Libé-Nord»

Au début de 1944 : 750 hommes sont inscrits à «Libé-Nord»; il s'y ajoute un groupe de jeunes F.T.P. (dont
Emile Péron qui créera à Poullaouen la Compagnie «Barbusse») en liaison avec «Libé-Nord».

En mai 1944 (10 ou 12 ?) c'est le parachutage malheureux de Pénity-St-Laurent, suivi de nombreuses arrestations le 14.

Le 6, Carhaix se vide de sa jeunesse; les communications ennemies sont sabotées.

Le 8 juin : un groupe de jeunes est surpris à Lamprat en Plounévézel; l'un est abattu; les autres, suppliciés, sont mis à mort par pendaison, de Moulin-Meur à Carhaix, du Moustoir à Rostrenen et à Saint-Caradec. Le manque d'armes conduit la plupart des Résistants à se disperser et à reprendre leurs occupations, bénéficiant de la complicité de la population de la ville qui établit autour d'eux la conspiration du silence : ce fait mérite d'être signalé ! Mais les «martyrs» de Carhaix ne sont pas oubliés !

De juin à août, des coups de main éprouvent les Allemands : côte du Moulin à Vent; Conveau en Motreff; Le Nivernic à Port-de-Carhaix.

La Résistance s'arme : grâce à deux parachutages : celui de Saint-Hernin, celui
Restparcou en Poullaouen (nuit du 14 au 15 juillet); un troisième le 4 août à Goas-Riou en Saint-Hernin.

La Compagnie de Spézet dispose d'armes parachutées à Guiscriff; la
Compagnie «Tonton», basée à Saint-Hernin, rapporte des armes à Langonnet.

Les Allemands tentent de gagner la Normandie : ils sont accrochés durement par le
Bataillon «Guy Moquet», des Côtes-du-Nord, à Duault, à la Pic (29 juillet); à Pont-Triffin, le 4 août, par la Compagnie F.T. Corse, à Pont-Stang (Landeleau) et la Compagnie de
Spézet
).

L'alternative ennemie (les Allemands ont 5.000 h. à Carhaix) : incendier la ville, ou : en faire une place-forte (un «hérisson» ou point d'appui) : des batteries de 77 et 155 sont installées; des canons anti-chars postés sur toutes les routes; les ponts sont minés.

L'avant-garde américaine, accueillie par les F.T.P. du
Bataillon «Guy Moquet» qui ont mené une dure bataille, est au Moustoir.

Dans la nuit du 6 au 7 août, Carhaix est évacuée : ses habitants connaissent «l'exode» vers Plévin, au-delà du canal de Nantes à Brest; un Carhaisien gravement blessé par un coup de feu est conduit à l'hôpital de la ville.

L'accueil de Plévin, déjà libre sous le contrôle des F.F.I.-F.T.P., est chaleureux.
Les Américains débordent Carhaix par Plévin, Motreff, Saint-Hernin et Cléden-Poher. Un blindé peut forcer les barrages allemands : le Colonel français
Claude Chandon est tué; des femmes (militaires) sont blessées.

Le 5 août : la colonne américaine qui devait cerner la ville par Kergloff et Poullaouen, marche sur Brest par Landeleau, Plouyé, Huelgoat, Landerneau. Les Allemands abandonnent Carhaix, commentant de nombreuses exactions.

Les 7 et 8 août : les F.F.I.-F.T.P. convergent vers Carhaix. La
Compagnie «Scottet» (Guy Moquet) y pénètre d'abord le 6, une patrouille de la Compagnie «Barbusse» aussi.

Le Château-Rouge (prison et salles de torture) est occupé.

Le 9 août : combat de Kergariou en Plounévézel.
Accrochages à Saint-Jean en Plévin et Toul-Douz, en coopération avec le
Bataillon «Guy Moquet».

A l'écluse du Pellem : les Allemands sont pris en chasse jusqu'au-delà des marais de Glomel.

Jusqu'au 15-8 : la campagne est ratissée. Le 16 : les F.F.I. de Carhaix font mouvement vers le secteur du Faou. Une Compagnie opère dans le secteur du Ménez-Hom rattachée au
Bataillon «Normandie».

Durant toute l'occupation, Carhaix a été très éprouvée : blessés, tués au combat, torturés, suppliciés, déportés, incarcérés.

(1) N. B.
Aussi l'arrestation des militants politiques :
GUEGUEN, MASSE et leur disparition.
D'après :

  • un rapport d'Yves RIOU ;
  • un rapport de LE MAIGRE (plaquette du Concours de la Résistance et de la Déportation) ;
  • témoignages d'E. PERON, J. HENAFF, R. GUILLOU :

«Nous nous sommes trouvés à Moulin Ezec le soir du 6 juin en compagnie du groupe qui devait être surpris par les Allemands à Lamprat, le 8. A 20 h 05, nous les avons quittés pour un autre secteur. C'est avec
Georges Auffret que nous avons échangé les ultimes paroles.» (Témoignage E.P. - R.G.)
«Revenant de Poullaouen à pied, nous avons vu à Moulin-Meur le corps de
Jean Le Dain et avons manifesté l'intention de le dépendre, afin de lui faire donner une sépulture. Les habitants du voisinage nous en ont dissuadé, car les Allemands pourraient, dans ce cas, "mettre la ville à feu et à sang".» (Témoignages E.P. -R.G.)



LE BATAILLON «LA TOUR D'AUVERGNE»
CARHAIX

Le Bataillon est né de la fusion, en 1943, de deux groupes de Résistants de CARHAIX : l'un animé par Job BRIAND, receveur buraliste à CARHAIX, l'autre recruté par Jacques BEULZE, instituteur à CARHAIX, qui avait des contacts avec QUIMPER, et quelques groupes des Côtes-du-Nord.

BEULZE et BRIAND prennent en charge les affaires générales du Canton et la liaison avec l'échelon supérieur. Le commandement militaire est confié à Y. RIOU, instituteur public à MOTREFF, aspirant de Réserve d'infanterie (2 janvier 1944).

L'adhésion des gendarmes
HERVE et GUEGUEN marque une étape importante dans la formation du Bataillon.

Le recrutement est intensifié. Arriveront presque simultanément :
F. LE MAIGRE et son groupe d'aide aux aviateurs alliés, TROMEUR, lieutenant d'aviation et GUEZENNEC, capitaine d'infanterie, Président de la commission d'achat n° 18 à CARHAIX.

Le commandement militaire est confié au
Capitaine GUEZENNEC, RIOU devient son adjoint, responsable du secteur Sud de CARHAIX (Motreff, St-Hernin,
Spézet, Cléden-Poher et Kergloff).

TROMEUR et FROGER se dépensent sans compter et aidés efficacement par les responsables communaux atteignent rapidement le but poursuivi : la création d'une section d'une trentaine d'hommes par commune.

Les efforts de chacun aboutissent au parachutage malheureux de MOULIN D'AULNE (10 mai 1944).
GUEZENNEC, TROMEUR, FROGER et Charles LE GOFF sont arrêtés.

LE MAIGRE remplace GUEZENNEC à la tête du Bataillon jusqu'au 12 juillet, date à laquelle il se mettra à la disposition du Chef départemental.

A partir du 12 juillet, le commandement militaire est assuré par
Y. RIOU.

LE BATAILLON «LA TOUR D’AUVERGNE»
ET LA LIBERATION DU FINISTERE

A la veille des opérations directes, le Bataillon comptait environ 750 hommes répartis en 8 compagnies. Le 9 août, la Compagnie de POULLAOUEN, sous les ordres de PERRIER, est envoyée en renfort dans le secteur de PLOUIGNEAU où le groupe du Capitaine MARCHAND est en contact avec un ennemi bien supérieur en nombre et en matériel.

Elle infligera des pertes sérieuses à l'ennemi et ramènera de nombreux prisonniers et un matériel important.

Après le nettoyage de la région de Carhaix, le Bataillon est dirigé sur la Presqu'ile de Crozon (15-16 août 1944).

Une compagnie (la 3°) est détachée auprès du
Bataillon «NORMANDIE», sous les ordres du Capitaine BERNARD, d'abord dans le secteur de KERGOAT puis CAST, PLOEVEN et PLOMODIERN.

La
2e et la 4e Compagnies occupent le secteur de SAINT-ELOY-HANVEC, où l'ennemi tente des incursions, puis à l'HOPITAL-CAMFROUT où elles contribuent au nettoyage de la Presqu'ile de LOGONNA.

La 5e Compagnie (SPEZET) prend position dans la région du FAOU où est installé le P.C. du Bataillon.

Après plusieurs engagements avec l'ennemi, la Presqu'ile de ROSNOEN est nettoyée. Les Allemands ont subi de lourdes pertes. Du côté des F.F.I. on déplore la mort d'un chef de section.

Ces unités s'infiltrent dans le dispositif ennemi et termineront leur campagne dans la Presqu'ile de CROZON le 18 septembre 1944 après la reddition des troupes allemandes.