🇫🇷CAP-SIZUN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 15 février 2026
1940 :
📍Date de la Commémoration :
📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : TREGUENNEC Le CONCASSEUR
📍Randonnée :
☞A venir
📍Date de la Commémoration :
📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : A venir
📍Randonnée : : A venir
LA LIBERATION DU CAP-SIZUN
A la veille de la libération et du débarquement en France, maintes fois annoncés et tant attendus par la population, le Cap-Sizun, lui aussi, souffre sous la botte allemande qui tend à se faire plus lourde et plus brutale.
En effet, courant 1943, l'implantation allemande s’est étendue sur tout le Cap-Sizun et son action s'est durcie. Au total plus de mille soldats y tiennent garnison et y assurent des missions de guerre et de police. Partout en bordure des plages se dissimulent des casemates avec pièces d'artillerie de tous calibres, abris bétonnés fortement armés. Pour rendre plus efficace le «Mur de l'Atlantique», des destructions ont dégagé les champs de tir et la population a dû évacuer les zones interdites autour de la position fortifiée de «Lezongar» (Esquibien).
En face, les mouvements de résistance locaux «Front National» qui a donné naissance aux F.T.P. «Libé-Nord». O.R.A. «Vengeance» se sont étoffés et implantés à Audierne, Pont-Croix, Plouhinec et les communes rurales.
Dès février 1944 les F.F.I. créées par le Général de Gaulle, à partir des mouvements de résistance, vont être laborieusement mises sur pied à l'échelon local. Elles sont peu nombreuses et peu pourvues d’armes. C'est l'époque des intenses préparatifs : désignation des responsables civils et militaires, diffusion journalière par la B.B.C. et les services F.F.L. de Londres. des messages personnels. Cela va entraîner une intensification des arrestations et des déportations. Des résistants locaux, coupables de sabotage, sont fusillés par les Allemands à Penmarch : Manu Brusq et Jean Simon, d'Audierne, et Robert Normant, de Plouhinec. L'arrivée à Pont-Croix de 200 «Russes blancs» va créer une ambiance de terreur : tirs sans sommation après le couvre feu, ratissages et arrestations, etc.
Il est temps que le débarquement arrive !
📍RUDES CONTACTS AVEC L'OCCUPANT :
6 juin : débarquement. L'Ordre de mise en activité des groupes d'action immédiate nous est transmis par le chef départemental des F.F.I. dès le 6 juin.
La mission est le harcèlement de l'occupant, il importe de créer un climat d’insécurité.
Dès le lendemain après-midi, le commando (huit hommes) de la Compagnie «Surcouf» de Pont-Croix en embuscade à l'ouest de Beuzec-Cap-Sizun intercepte une corvée de ravitaillement, fait deux prisonniers (dont un blessé léger) et s'empare de l'armement et des munitions. De nuit, les hommes se déplacent et attaquent à nouveau une corvée de ravitaillement dès le 8 juin. Un blessé chez les F.F.L., un chez les Allemands et le commando change à nouveau de position. Dès le 1ª juillet, un parachutage est annoncé par le chef départemental F.F.I. Le jour «J» est fixé au 20 juillet, mais il n'a lieu que le 21. Les Allemands ont été alertés et surprennent un transport d'armes (deux résistants sont blessés). Les containers récupérés sont camouflés, les résistants emportent une centaine d'armes montées. Les Allemands (Russes blancs) de Pont-Croix fouillent, ratissent le terrain et exercent des représailles: trois tués, et plusieurs jeunes sont emprisonnes (ils seront libérés par la suite).
📍COMBATS A AUDIERNE :
Après ce coup dur, les Allemands sont déchaînés. Les 2 et 3 août ils préparent la destruction des quais d'Audierne. Le P.C. F.F.I. (Cdt Plouhinec), installé Pont-Croix, alerte les compagnies F.F.I. de Pont-Croix et d'Audierne qui arrivent à Audierne le 4 août au soir du moment où les mines sautent.
Après la tombée de la nuit, alors que les F.F.I. se mettent en place, deux voitures de combat allemandes patrouille surviennent. Les F.F.I. déclenchent un tir violent de P.M., les Allemands ripostent au hasard. Les voitures peuvent continuer vers Esquibien emportant leurs nombreux blessés qui seront signalés par la suite.
Le reste de la nuit se passe dans le calme et dès le samedi 5 août, à l'aube, le P.C. de la Résistance s'installe à l'annexe de l'Hôtel de France.
Les points hauts sont tenus par les F.F.I. d'Audierne et de Pont-Croix, et les quais sont battus par deux F.M. Des drapeaux tricolores et alliés apparaissent aux fenêtres, c'est une ambiance de détente et de libération. D'ailleurs, la radio de Londres va annoncer la libération d’Audierne...
Des jeunes et aussi beaucoup d'adultes se présentent aux responsables pour «entrer dans la Résistance». Les effectifs, que nous disions bien faibles, se gonflent exagérément. Tous arborent le brassard F.F.I... c'est la fête !
Vers 11 h 00, une patrouille motorisée allemande, un side-car et trois autos font leur apparition sur le pont venant de la direction de Plouhinec (convoi de ravitaillement vers Lézongar). Un feu nourri est déclenché par les F.F.L., les Allemands ripostent mais le convoi est immobilisé. Ils s'enfuient par le «Raz.» et rejoignent Lézongar en laissant sur place les véhicules. un tué, deux blessés et un prisonnier avec des armes et deux postes radio. L'après-midi se passe dans le calme, chacun reprend son poste, les blessés, y compris les Allemands, sont soignés à l'hospice qui a été transformé en infirmerie où se pressent médecins et infirmières. Tous les Allemands se sont regroupés à Lézongar y compris ceux de la Pointe du Raz et de l'ile de Sein. La Résistance tient Audierne et la nuit se passe sans incident. Le dimanche 6 août, la ville est réveillée par le tir des canons qui se déclenche à 7H00.
Les Allemands en nombre et fortement armés attaquent vers La Montagne et veulent déboucher sur les quais. Ils sont arrêtés par des rafales d'armes automatiques. Furieux, ils installent des canons et des mitrailleuses qui prennent d'enfilade les quais, la place et la rue Marcellin-Berthelot. Plusieurs personnes sont tuées, entre autre M. Nirma et le patron du courrier de l'Ile de Sein «Arzenith» M. Menou et un des marins. D'autres sont faits prisonniers et les maisons de commerce sont pillées.
Pendant ce temps, d'autres colonnes progressent vers Kervreach, Cadillac et atteignent la rue Douve. Devant la réaction très vive des F.F.I. et l'importance de leurs pertes, les Allemands se retirent en emportant leurs tués et blessés. Ils les font porter par les prisonniers F.F.I. et civils qu'ils emmènent à Lézongar. Ceux-ci doivent aussi transporter le ravitaillement volé sur place.
Après une mascarade qui consiste à faire creuser des trous aux prisonniers, ils les libèrent au bout de quelques heures; sauf le CDt Larmignat qui est maintenu par eux, sans raison apparente, car il n'est pas impliqué dans les actions de la Résistance.
Mais en fin de soirée des renforts en provenance de Douarnenez remettent tout en cause. En cours de route ils ont tué six personnes à Poullan et à Beuzec-Cap-Sizun.
Ils progressent par la route de la Pointe du Raz jusqu’à Stiry et font savoir qu'ils vont détruire la ville si les F.F.I. ne se retirent pas aussitôt.
Une délégation du Commandement des F.P.J., accompagnée de M. Le Bihan, instituteur, en qualité d’interprète, se porte au-devant de la colonne de «Russes Blancs».
Un accord est conclu et les F.F.I. évacuent la ville sans combat.
SUCCES F.F.I. A LESVEN (Beuzec-Cap-Sizun)
Le 25 août, la garnison de Lézongar réquisitionne des conducteurs avec charrettes et chevaux. Dans la nuit, un important convoi se dirige vers les 4 Vents (Esquibien). Il est signalé aux environs de minuit au P.C. de Pont-Croix qui donne l'alerte au P.C. départemental des F.F.I. Pendant ce temps, une patrouille de la Compagnie «Surcouf», avec C., accroche les Allemands qui veulent embarquer dans l’anse de Lesven (Beuzec). Devant les dures réactions allemandes, elle doit se replier vers le village en combattant.
Mais les patriotes sont vite épaulés par des éléments de la Compagnie B de Quimper et quelques éléments des F.F.I. de Douarnenez, arrivés dans la nuit, et dès l'aube par d'autres renforts.
Malgré un incompréhensible manque de coordination, les Allemands se retrouvent encerclés grâce à l'initiative de tous les éléments F.F.I. venus de Pont-Croix, Quimper,
Douarnenez, Plogastel-St-Germain, Plouhinec (Compagnie «Indépendance»), Mahalon, Briec.
Les Allemands brûlent la ferme et abattent un vieux fermier sans défense, M. Clet Gourmelen. Mais réagissent timidement vers les F.F.I. qui poussent des attaques répétées mais localisées.
Vers 17 h 00, l'ordre d'une attaque générale arrive et la mise en place sur les positions de départ se réalisent sans trop de difficultés malgré des réactions allemandes par canons et mitrailleuses. Les éléments de Quimper, à hauteur de la route de Beuzec-La Pointe du Van, reçoivent l'appui d'une auto-mitrailleuse légère fournie par l'Etat-Major Régional des F.F.I. Malgré un ennui mécanique de l'auto-mitrailleuse, la progression vers Lesven est irrésistible, sous les tirs des Allemands. Ceux-ci, impressionnés et sans moral, car sans liaison et sans ravitaillement, sont contraints de se rendre avant la tombée de la nuit.
Le bilan est lourd de part et d'autre : F.F.L. : 19 tués et 30 blessés; Allemands 30 tués, 45 blessés, 268 prisonniers. C'est un succès total pour les F.F.I. du secteur. Ils se retirent vers Pont-Croix où ont été regroupés les prisonniers qui sont livrés aux Américains. Les blessés sont soignés au poste de secours installé à l'Ecole des Frères de Pont-Croix.
REDDITION DES ALLEMANDS
Le 26 août, le commandant F.F.I. et la mairie décident l'évacuation des habitants d'Audierne vers Pont-Croix et Plouhinec, et le 12 septembre, l’évacuation des habitants de Lervily et des autres villages menacés par la garnison de Lézongar et d'autre part l'encerclement au plus près des effectifs F.F.I. plus nombreux qui viennent épauler la Résistance du Canton.
Jusqu'au 19 septembre, c'est une guerre de patrouilles, d'embuscades, de tirs d'artillerie de part et d’autre. Les Allemands effectuent de nombreuses sorties pour se ravitailler dans les fermes et les champs voisins.
Chacun reste sur ses positions malgré les échanges des coups de feu de jour et de nuit. Le 20 septembre, dès le matin, des unités motorisées et blindées américaines convergent vers Esquibien et Audierne et investissent Lézongar.
Après un bombardement d'artillerie effectué par les F.F.I. à partir de Plouhinec et des tirs des blindés américains, dans le courant de la journée, des appels à la reddition sont lancés par haut-parleurs. Quatre avions tournent au-dessus de Lézongar mais n'interviennent pas.
En fin d'après-midi, une voiture américaine s'avance vers la plage, des drapeaux blancs apparaissent sur Lézongar et la garnison se rend.
Les Américains embarquent les prisonniers qui sont conspués en traversant la ville. Les unités F.F.I. défilent fièrement dans les rues d'Audierne dans l’enthousiasme de la foule.
C'est la dernière action de la Résistance dans le Cap-Sizun qui est libéré après plus de quatre années de dure occupation avec l'appui final et décisif de nos alliés américains.
LA LIBERATION DU CAP-SIZUN
ET D’AUDIERNE
La Résistance s'organisait depuis longtemps dans le Cap (début 1941), mais le 1" janvier 1944 qu'avions-nous en présence :
- du côté de la Résistance, peut-être 200 hommes, peu armés répartis (nombre porté aux environs 1000 au début d'août) entre les différentes formations F.F.I. et F.T.P.;
- en face 600 Allemands fortement armés cantonnés dans de puissants bunkers bétonnés de Lézongard en Esquibien, de la Pointe du Raz, du Loch, de Poulgoazec, de Pors-Poulhan, et de la Côte de Beuzec.
Malheureusement le parachutage manqué du 27 juillet à Mahalon n'arrangeait pas la situation, le largage prévu pour le 25 ne fut effectué que deux jours plus tard, d'où des indiscrétions qui alertèrent l'ennemi et qui ne s'en prive pas en récupération d'armement et en de nombreuses arrestations.
Mais qu'importe, la Libération était en marche. Le 4 août dans la soirée, le groupe du Lieutenant PERON attaque, quai A-France à Audierne un convoi de ravitaillement, des soldats allemands sont tués. Audierne est aux mains de la Résistance, mais le dimanche 6 août à 7 heures, nouvelle attaque allemande pour s'emparer de la ville, a midi, devant la détermination des F.F.I, les éléments ennemis se replient sur Lézongard, où sont désormais rassemblés tous les éléments allemands du Cap. Alors le Colonel PLOUHINEC Commandant les Forces de la Résistance, obtient du Commandement allemand un cessez le feu», à condition que ses troupes ne sortent pas du camp retranché. Mais reniant sa parole d'officier, l'Allemand fait appel à des renforts (Russes) qui, vers 19 heures investissent Audierne, par la route venant de Beuzec. Devant cette situation, le Colonel PLOUHINEC donnait l'ordre d'évacuation de tous les éléments F.F.I. qui se regroupent sur le maquis de Mahalon ; et lui-même établit son P.C. à Plouhinec sur la route de Guendress avant d'être appelé à l'Etat-Major du Colonel BERTHAUD, Commandant les F.F.I. du Finistère, le 13 août, et établit autour de Lézongard un cordon de surveillance F.F.I.
L'Allemand coriace ne s'avoue pas vaincu, après le combat naval du 23 août, où il perdit cinq chalutiers armés du fait d'une escadre alliée (Français libres et Canadiens), le 26, il tente de s'embarquer à Lesven (Beuzec-Cap-Sizun) pour rejoindre Crozon, ce fut le mémorable combat de Lesven de la Compagnie Surcouf» aidée par Douarnenez et Briec et le Corps Franc du Capitaine DAMPIERRE, qui vit la reddition de 250 Allemands, plus 30 tués et 40 blessés, mais malheureusement 18 Patriotes devaient payer de leur vie cette victoire.
L'encerclement de Lézongard s'étoffant, le Colonel PLOUHINEC, (Mission rattaché à l'Etat-Major du Colonel EON (mission ALOES, représentant le Général KOENIG pour la Bretagne) n’eut de cesse que la Libération d'Audierne devint effective. Plusieurs hypothèses furent envisagées, et au début de septembre, le Lieutenant QUERE était envoyé comme plénipotentiaire auprès du Commandant allemand de Lézongard.
Reçu à la casemate 17, il lui fut répondu que le détachement ne pouvait se rendre qu'aux troupes américaines (sans doute il avait horreur des Terroristes).
Sur ce fait, et devant l'insistance du Colonel PLOUHINEC, l'Etat-Major américain de la région brestoise proposait le bombardement de Lézongard par forteresses volantes, le Colonel s'insurge ne voulant pas la destruction d'Audierne, d'Esquibien et peut-être de Plouhinec, pour 300 Allemands. Ensuite fut envisagé un débarquement de Fusiliers Marins des F.N.F.L. qui occupant la ville, s'attaquerait aux ouvrages des Allemands. Cette hypothèse ne connut aucune suite.
Brest et la Presqu'ile de Crozon libérées, le Colonel américain EARNEST consentit qu'un Groupement blindé attaquerait Lézongard le 20 septembre; mais à condition, que cette diversion ne figure pas sur l'Ordre de Marche de la Division.
Avec l'appui de tous les éléments F.F.I. (du Cap, de Briec, de Quimper), les G.I. tenaient leurs positions dès 11 heures du matin, à 14 heures l'ordre d'attaquer est donné, les premiers drapeaux blancs sortaient des casemates ennemies. La reddition se fit normalement, Les Américains prenant en charge tous les prisonniers (400 environ).
Ainsi se terminaient les quatre années d'occupation que devait subir la population du Cap-Sizun, mais aussi la Libération complète du Finistère, car Lézongard en Esquibien fut le dernier bastion allemand à succomber dans notre département.
P. QUERE,
Co-Président du Comité d’Erection.
