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🇫🇷DOUARNENEZ


Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le février 2026

📍Résumé des évènements :

1940

📍Date de la Commémoration : libération de la ville le 6-7 août 1944

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :

📍Randonnée :



RAPPORT D'EVASION PAR VOIE DE MER

Départ du Port de TRÉBOUL (Finistère Sud) le 7 avril 1943. Arrivée en ANGLETERRE au Port de NEWLYN le 9 avril 1943 sur la pinasse sardinière le «DAC'H-MAD» immatriculée à DOUARNENEZ sous le numéro DZ. 3048.

🇫🇷 Je soussigné, MAREC Louis, titulaire du Brevet de Patron de Pêche Complet, inscrit à DOUARNENEZ sous le n° DZ. 6560, certifie ce qui suit :

Recherché par les Services de Sécurité Allemands suite à diverses actions contre les troupes d'occupation en Afrique du Nord ainsi qu'en France, tant en zone occupé que libre, et devant la menace d'être arrêté, j'ai accepté la proposition faite par Monsieur Victor SALEZ (syndic des Gens de Mer à Tréboul) appartenant au Mouvement de Résistance «Libération-Nord» (Organisation préparant les Evasions par Terre et par Mer) de prendre le commandement d'une unité de pêche, le « DALC H-MAD» pinasse sardinière de 13 mètres de longueur, munie d'un moteur à essence de 30 chevaux de puissance, pour aider à l'évasion de 17 Résistants Français et d'un Aviateur Canadien vers l’Angleterre.
Après plusieurs contacts avec cette Organisation, je proposai le départ pour la matinée du 7 avril, du port de TRÉBOUL, ou ce bateau était au mouillage, dans l'attente de son réarmement à la pêche semi-hauturière. D'autre part il fut convenu que 500 litres d'essence me seraient fournis (entreposés à bord) quantité maximale qui pouvait être mise à ma disposition sans alerter les services Allemands mais que par crainte d'un retard subit par suite de mauvais temps, je serai dans l'obligation de m'approvisionner pour un complément de carburant, en prenant celui-ci sur les navires réquisitionnés se trouvant au mouillage dans le port.

C'est donc après plusieurs nuits passées à visiter diverses unités et ceci malgré la surveillance très étroite de patrouilles Allemandes, qui une nuit me poursuivit, que je réussis à découvrir 500 autres litres sur un gros navire de pêche «L'INTRON VARIA AR VECH VAD » se trouvant dans le port, en attente d'être réarmé.

📍 Comme convenu, le 6 avril vers 23 heures, 18 hommes ont donc embarqué à bord du «DALC’H-MAD » , qui se trouvait alors au sec dans le fond du port de TRÉBOUL du fait de la basse mer. Lorsqu'ils furent tous à bord, logés dans le poste avant de cette pinasse je leur donnai l'ordre qu'aucun bruit ne devait être entendu car le bateau au sec présentait les propriétés d'une cage de résonance pouvant être repéré par les Allemands patrouillant plusieurs fois par nuit autour des navires échoués. Le 7 avril vers 4 heures du matin, aidé de Monsieur Gordon CARTER, Aviateur Canadien, et de 4 autres passagers, nous avons récupéré les 500 litres de carburant entreposés dans la cale de «l'INTRON VARIA » et, au moyen de l'annexe du navire de mon Père transporté cette essence vers le «DALCH-MAD », ceci malgré la présence de gardes Allemands se trouvant à proximité.

📍 A 8 heures 30 cic ce même jour, étant à environ 2 heures avant la pleine mer, aidé par deux passagers, je fis larguer nos deux chaînes avant et arrière et manoeuvrai pour suivre une pinasse de pêche, le «MOISE» (appartenant à mon Père et commandée par lui-même) qui devait nous précéder vers la passe de sortie afin de nous assurer que la voie était libre de toute surveillance de la part des Services Maritimes Allemands (action ayant été convenue avant notre départ). Pour la «MOISE», rien ne se manifeste, mais dès que nous nous présentons à la hauteur du poste garde, place a la sortie du port, deux douaniers Allemands se trouvant à l'intérieur de ce poste nous hèlent et nous demandent de venir nous placer le long du quai, face à leur poste, pour y être fouillés. Devant leur attitude pleine de hargne, je laisse courir notre bateau sur son erre en leur disant que j'allais prendre de l'essence au port limitrophe de DOUARNENEZ situé à environ un mille. Mais devant leurs ordres plus menaçants, je dus venir me placer parallèlement à ce quai, dans une partie que je connaissais comme étant inaccessible à tout accostage, et ce n'est qu'après plusieurs minutes de palabres qu'ils nous ont autorisé à nous rendre au port de DOUARNENEZ.

📍 A mi-distance entre le port que nous venions de quitter et celui de DOUARNENEZ se trouve l’îlot « LE FLIMIOU» que nous devions contourner en passant par le large et qui, sous un certain gisement nous masquait à ce précédent poste de garde que nous venions de quitter. Arrivés à ce gisement, nous rencontrons un convoi que je savais être autorisé par les Autorités Maritimes Allemandes de DOUARNENEZ à se rendre en pêche au large des côtes de Bretagne. Profitant de cette situation, je me plaçai donc au milieu du groupe de ces bateaux, en prenant la même route vers la sortie de la Baie ; manoeuvre qui a dû créer une méprise aux douaniers en garde au port de DOUARNENEZ, ces derniers nous ayant cru être autorisés à prendre ce convoi, après avoir reçu l'accord des Autorités de TRÉBOUL (car aucune recherche ne fut entreprise le jour de notre évasion). C'est ainsi que nous avons pu continuer notre route jusqu'à la sortie de la Baie de DOUARNENEZ sans être arraisonnés, notre convoi ayant été signalé aux patrouilleurs Allemands se trouvant en Mer d’IROISE.

📍 A 12 heures 50 minutes, nous avons passé le Raz de Sein avec un très fort courant de jusant et pris la route la plus longue en continuant avec le convoi de pêcheurs jusqu'à 30 milles à l'Ouest du Phare d'ARMEN en passant au Sud de ce dernier, d’où, directement, J’ai fait cap sur la pointe du Cap LIZARD (route qui nous ont sauvé d'un désastre, car comme nous l'avons appris à notre arrivée en Angleterre, notre départ avait été découvert le même jour dans la soirée. Les patrouilleurs de service entre les deux iles de OUESSANT et SEIN nous ayant recherché, mais en se basant sur les routes les plus courtes, soit d'avoir passé par L’IROISE).

📍 Dans la nuit du 7 au 8 nous avons été pris dans une très forte tempête de Noroit de 8 à 9 Beaufort qui a duré 18 heures de temps, nous forçant à prendre le cap face au vent, sous tape-cul et moteur au ralenti. Ce n'est donc que dans la matinée du 8, malgré une mer démontée et sans voiles, ces dernières ayant été déchirées par la tempête, que nous avons lentement et progressivement pu reprendre notre route initiale. Vers 14 heures de ce même jour, une forte voie d'eau se déclare dans les formes avant babord et ce n'est qu'après plusieurs heures d'efforts, notre moteur propulsif tournant dans l'eau, que nous avons pu réussir à atténuer cette entrée par l'installation d'une de nos voiles ayant été déchirée lors de la précédente tempête, passée sous la coque, en forme de «Paillat Makaroff».

📍 Je signale d'autre part, que dans la nuit du 8 au 9, nous avons été survolés à très basse altitude par un gros avion que nous n'avons pu identifier. Prévenu de son approche par le bruit de ses moteurs, j'avais arrêté l'avancement de notre navire ainsi que recouvert l'échappement des gaz de notre moteur par un sac mouillé par crainte d'être repéré soit par notre sillage ou par les étincelles sortant de ce dernier.

📍 24 heures plus tard, c'est donc vers 7 heures du matin le 9 avril que nous avons mouillé un pied d'ancre, près de la station de sauvetage du Cap Lizard avec en tête de mât le Pavillon Français (nous ayant été remis lors de notre départ par Monsieur SALEZ (organisateur de notre évasion) portant sur l'étamine blanche une grande CROIX DE LORRAINE peinte par l'un des évadés se trouvant à bord.

📍 Vers 8 heures, après avoir pris toutes dispositions pour la sécurité du «DALC'H-MAD» et établi un rôle d'équipes pour le pompage de l'eau entrant à bord sous une plus forte pression (l'étanchéité n'étant plus assurée par le paillat du fait que le navire se trouve à l'arrêt) de récupérer les papiers et documents en possession de plusieurs passagers, je me suis rendu à terre, accompagné par Monsieur Gordon CARTER (ceci au moyen d'une petite embarcation venue le long de notre bord avec deux pêcheurs Anglais) où nous avons pris contact avec trois personnes en tenue de policier auxquelles j'ai remis tous les documents récupérés. Ces derniers, après avoir retenu Monsieur Gordon CARTER, m'ont demandé de retourner à mon bord où je devais attendre des navires de guerre devant assurer notre sécurité.

📍 Ce n'est que vers 9 heures, qu'escorté par deux navires de Surveillance Maritime, que nous avons fait route jusqu'au Port de NEWLYN où nous sommes rentrés ce même jour, vers 10 heures du matin, soit après un périple de 54 heures pour 170 milles de navigation.

Je certifie d'autre part avoir eu avec moi, sur la présente unité, les 18 passagers dont les noms suivent :
Messieurs : TRELLU Xavier, Professeur Agrégé de Lettres, Gordon CARTER, Aviateur «f/o de la R.A.F.», BOUCHER Jean, KEROUEDAN Jean, BOULIC René, MOREL Gérard, GUEZENNEC Francis, TALLEC Jacques, GUILLOU Marcel, KERVAREC Alain, KERVAREC Auguste, SALEZ Pierre, MONTAGNE Pierre, LURASCHI Aldo, RENARD Louis, PENNANEAC’H Guy, RENAUD Marcel, SERGENT Pierre.

Patriotic School, le 12 avril 1943.
L. MAREC.

BATAILLON «FERNAND»
Compagnie «Kléber»


(affectée plus tard au
Bataillon «LE ROY-SKER»)

SECTEUR DE DOUARNENEZ

Du 25 au 26 juillet 1944 : on constitue des stocks de ravitaillement.

Du 23 au 30 : des affiches sont placardées chaque nuit.

Le 4 août : un groupe de 22 Allemands de AST est désarmé: le matériel est récupéré - Siège de la Kommandantur de Ploaré - Action contre la casemate de Plomarc’h.

Samedi 5 août : à 1 heure du matin : capture par le Groupe «Discipline» de 3 camions de dynamite à Pen-ar-Ménez. Attaque d'un poste à Poullan;

à 5 heures du matin : se livrent des combats de rues acharnés contre les Allemands désireux de reprendre la GAST;

à 13h45 : trêve... De puissants renforts allemands sont signalés, venant du N.E. et du S.-Ouest ; démarche auprès d’un officier anglais à Quimper: il fait adresser un ultimatum aux Allemands, qui évacuent la ville.

Le manque d'armes s'est fait cruellement sentir.

N.B. — Le 5 août : attaque d'un pylône à Créach-Moal par des groupes de Plonévez-Porzay.

Le 6 août : 2 hommes de la Compagnie «Indépendance» trouvent la mort au cours de l'attaque contre une colonne de camions allemands à Beuzec.

Au combat de Lesven (26 août Sizun), un groupe des Compagnies Kléber et de Pont-Croix se trouve engagé.

D'après un Rapport de 1944.

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LIBERATION DE DOUARNENEZ


(Relation de Camille GUYADER, Président honoraire
des Résistants du Canton de Douarnenez)

Les 4, 5 et 6 août 1944 l'agglomération de Douarnenez fut le théâtre d'événements graves.

Le vendredi 4, en l'absence du Commandant du Bataillon F.F.I. de Douarnenez, à l'annonce du déferlement des troupes américaines sur la Bretagne, des groupes de résistants prirent sur eux de déclencher le combat. Munis d'armes hétéroclites, ils s'emparèrent sans coup férir de la GAST (douanes allemandes) faisant 50 prisonniers. La Résistance s'organisant, munis des armes récupérées, ils montèrent à l'assaut de la Kommandantur à Ploaré, fortement retranchée. Malheureusement, les Allemands avaient reçu des renforts russes.

Le siège s'organisa. En même temps, et pendant la nuit suivante, des groupes réduisaient les casemates proches et celles de la côte ouest de la Baie. Ils obtenaient également la reddition de l'Ile Tristan et la récupération d'un canon; le nombre des prisonniers s'élevait à 130 hommes. Un cessez le feu était instantané, mais le combat reprenait le samedi 5, faisant de nombreuses victimes. Les Allemands ayant reçu de nombreux renforts et le nouveau commandant ignorait l'armistice précédent. Néanmoins, une nouvelle suspension d'armes fut obtenue avec échange de prisonniers et des garanties pour l'évacuation de la garnison allemande vers la Presqu'ile.

Le 6 août, une ambulance allemande ayant essuyé des coups de feu lors de son évacuation, les Allemands exécutèrent des civils et mirent le feu à dix maisons.

La troupe allemande partait le lendemain, après avoir fait sauter ses munitions dans la cour de la Kommandantur.

Douarnenez était libérée, mais au prix d'une trentaine de victimes civils et Résistants, les Allemands avaient eu eux aussi de nombreux morts.