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🇫🇷SPÉZET

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 20 février 2026

📍Résumé des évènements :

Le maquis de Saint-Goazec - Spézet : le "bataillon Stalingrad"
Le premier maquis de Bretagne, le "bataillon Stalingrad", appelé aussi "maquis de Saint-Goazec - Spézet", est fondé au village de Kervigoudou en Saint-Goazec, fin avril 1943 à l'instigation de Daniel Trellu, et en présence d'Hippolyte Balc'h, instituteur à Saint-Goazec, d'Yves Le Gall, de Châteauneuf-du-Faou et de Marcel Cariou de Pont-l'Abbé.

📍Date de la Commémoration : Spézet est libérée le

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :

📍Randonnée :



Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9zet


La Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts de Spézet porte les noms de 31 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[84].
Le maquis de Saint-Goazec - Spézet : le "bataillon Stalingrad"
📍Le premier maquis de Bretagne[88], le "bataillon Stalingrad", appelé aussi "maquis de Saint-Goazec - Spézet", est fondé au village de Kervigoudou[89] en Saint-Goazec, fin avril 1943 à l'instigation de Daniel Trellu[Note 11], et en présence d'Hippolyte Balc'h, instituteur à Saint-Goazec, d'Yves Le Gall, de Châteauneuf-du-Faou et de Marcel Cariou de Pont-l'Abbé.
Les premiers recrutés au printemps 1943 sont 8 membres des Jeunesses Communistes de Pont-l'Abbé (Noël Guyader, Marcel Le Moal, Lucien Lebrun, René Le Bolzer, Lucien Mavric, Jo Larnicol, Jean Le Berre, Pierre Durand, mais cinq d'entre eux abandonnèrent ce maquis assez tôt, y trouvant les conditions de vie trop difficiles, seuls Lucien Guenneau
[90], Marcel Cariou et René Le Bolzer y restant), accueillis au début de juin 1943 par Jean-Louis Berthélémé dans sa ferme de Kersalut en Plonévez-du-Faou, rejoints par 4 Camarétois[Note 12], puis en octobre 1943 par 8 autres Camarétois[Note 13], car la plupart des hommes de Camaret étaient réquisitionnés pour travailler pour le compte des Allemands dans la base aéronavale de Poulmic où certains, soupçonnés d'avoir commis des attentats, jugeaient plus prudent de prendre le maquis, qui en juillet 1943 s'est installé à Coat-Quéinec et au moulin de Roc'h Hir, à la limite de Saint-Goazec et Spézet[91]. D'autres les rejoignent peu après, comme Yves Le Page[92], réfractaire du STO et Hervé Laniel, tous deux de Pleyben, deux tchèques déserteurs de l'armée allemande, etc[93].
René Galand a écrit : « On envoya des équipes avec du plastic et des détonateurs pour détruire les lignes de chemin de fer et les ponts. (...) Nous avons erré de-ci de-là à travers le pays, des limites de Landeleau à celles de Pleyben et de Laz à Plonévez. C'est pendant la nuit que nous nous déplacions »[94].
📍Parmi les actions commises par ces maquisards, des "incendies de sensibilisation" qui visent des paysans accusés de collaboration : ainsi le 1er août 1943 plusieurs fermes sont brûlées à Bot Vegen en Plonévez-du-Faou, à Ker Morvan et à Ker Nevez en Saint-Goazec ; des meules de paille ou de foin sont également brûlées ; les résistants attaquent de la mairie de Plonévez-du-Faou le 3 août 1943, incendient un dépôt de fourrage de l'armée allemande à Guiscriff en septembre 1943 et attaquent le 27 novembre 1943 du château de Kervoazec[95] qui appartenait alors au baron de Foucault, accusé de collaboration[96] dans le but de le tuer (ce qui échoua). Ces actions sont décidées par des membres de ce maquis qui se sont érigés en "Tribunal de salut public" autoproclamé[97], composé de trois personnes : Daniel Trellu, Marcel Dufriche et Rosine
Kersulec[98] condamne à mort des personnes accusées de collaboration : Yann Bricler, militant quimpérois de l'Emsav, est tué à Locmaria, un quartier de Quimper, le 4 septembre 1943 ; Joseph Le Marchand, un inspecteur de police et Jean Trarieux, directeur départemental du STO, le 11 novembre 1943 à Quimper sont blessés lors de deux attentats survenus le même jour. Le 16 novembre 1943, Yves Kerhoas, de Saint-Goazec, militant du PNB et membre de la Selbstschutzpolizei, dont le père qui porte le même nom est un "koulak" local, est assassiné à son tour lors d'un bal de noces à Plonévez-du-Faou. L'abbé Perrot est tué le 12 décembre 1943 à Scrignac par Jean Thépaut.
Alan Heusaff, qui habitait le manoir de Ménez-Kam, fut membre du Bezen Perrot[99].
Yves Bevin et Maurice Cam, ce dernier originaire de
Pont-de-Buis, sont arrêtés au Fell en Spézet le 24 novembre 1943, emprisonnés à Quimper et fusillés le 21 avril 1944 en compagnie de 32 autres résistants sur la plage de Steir-Poulguen à Penmarc'h[100]. Pourchassés par les Allemands, les autres maquisards se cachent pendant l'hiver 1943-1944 dans le bois de Conveau, à cheval sur les communes de Tréogan (Côtes-du-Nord) et Langonnet (Morbihan) dans les Montagnes Noires ; ils trouvent aussi refuge dans une maison isolée située à 1 km du bourg de Plévin (Côtes-du-Nord) sur la route de Paule. De là, ils mènent des expéditions punitives, rançonnant en particulier des personnes soupçonnées de collaboration. Le 21 janvier 1944, après avoir rançonné un notable du bourg de Plévin qui était un collaborateur notoire, sept maquisards font irruption dans le village de Gartulan en Plévin dans le but de trouver de l'argent et tuent deux paysans, Joseph Hourman et Corentin Mahé qui tentent de s'y opposer. Une opération de police consécutive à ces assassinats entraîna une dizaine d'arrestations ; trois des maquisards ayant participé à cette opération furent arrêtés, puis exécutés à Rennes le 19 mars 1944[Note 14]. Un procès tenu en 1947 entraîna pour ces deux crimes l'arrestation de deux autres personnes[101], qui furent condamnées à respectivement 15 et 10 ans de travaux forcés[93].
📍Ce maquis éclata au début de l'année 1944 en deux groupes, l'un, dirigé par Lucien Guenneau, restant dans le giron du Parti communiste clandestin, refusant désormais d'attaquer des cibles civiles, l'autre, "incontrôlé", comprenant notamment Jean Pennec, dit "Capo"[102], Georges Saint-Cyr, Simon Vigouroux, Joseph Scotet[Note 15] et partisan d'actions beaucoup plus dures[103].
Le 9 juin 1944, Jean Guivarch
[104] est tué et André Le Mignon gravement blessé (il décéda quelques mois plus tard) par une patrouille de feldgendarmes de Châteaulin à l'entrée du bourg de Spézet[105].
Le 24 juin 1944, onze résistants du
maquis FTP de Spézet (Yves Bloas, Pierre Clech, Michel Clech, Jean-Marie Clech, Jacques Guéguen, Jean Guillou, Jean Jaouen, Louis Lollier, Jean Le Roux, tous dix de Spezet, et Jean Le Goff de Saint-Goazec)[106] arrêtés à Spézet le 21 juin 1944, sont fusillés à Rozangat en Lanvénégen après avoir été condamnés à mort par une cour martiale allemande siégeant dans l'école Sainte-Barbe au Faouët[107]. Marie-Louise Le Goff, épouse de Michel Clech, est affreusement torturée et restera infirme.
Dans la nuit du 8 au 9 juillet 1944, les maquisards de Saint-Goazec-Spézet réceptionnèrent trois parachutistes
Jedburgh de l'équipe Giles (le capitaine français Le Bel, le capitaine américain Bernard Knox et le sergent opérateur radio anglais Gordon Track), chargés d'encadrer les résistants locaux, sous l'autorité du général Éon[108] et de son adjoint le colonel Passy, parachutés à Kerien (entre Bourbriac et Saint-Nicolas-du-Pélem) dans la nuit du 4 au 5 août 1944 dans le cadre de la "mission Aloès" pour fédérer les actions des mouvements de résistance de Bretagne intérieure[109]. André Chabas, dit "Dédé le Parisien", est tué le 4 août 1944 à Poulodron en Châteauneuf-du-Faou lors d'une embuscade tendue par des parachutistes allemands de la 2e division commandée par le général Ramcke[105].
📍D'autres maquis se sont constitués en Bretagne à la même époque, notamment les maquis des Montagnes Noires (dit aussi maquis du Bois de Conveau), le maquis de Bubry[110] et Saint-Marcel dans le Morbihan et celui des cimes de Kerchouan en Saint-Bihy au début de 1944 dans les Côtes-du-Nord[111]. Un monument érigé à Gourin porte la mention "À la mémoire des résistants des Montagnes Noires, victimes du nazisme" : 92 noms y sont inscrits. Une plaque commémorative a été apposée dans le hameau du Fell en Spézet en 1993 :"50e anniversaire FFI-FTPF. Hommage au premier maquis de Bretagne créé au printemps 1943 entre Spézet et Saint-Goazec"[112].