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🇫🇷POULLAOUEN

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 13 février 2026

📍Résumé des évènements :

Poullaouen
Zone rurale occupée dès 1940, Poullaouen connaît surtout la réquisition agricole et la présence allemande ponctuelle. Le secteur sert de zone de passage et de refuge pour des résistants et des réfractaires au STO, profitant du relief boisé et isolé.
Carhaix
Nœud ferroviaire stratégique, Carhaix est fortement surveillée par l’occupant. La Résistance y est active : sabotages de voies ferrées, renseignements et actions de groupes FTP et FFI. La ville subit des représailles et est libérée à l’été 1944 lors de l’avance alliée en Bretagne.
Rostrenen
Rostrenen devient un foyer important de la Résistance bretonne. Les maquis environnants mènent des actions armées, mais la région est marquée par une répression allemande sévère en 1944 (arrestations, exécutions). La libération intervient après de violents combats locaux.

📍Date de la Commémoration : : A venir

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale : : A venir

📍Randonnée : : A venir



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Source : Philippe Le Borgne
Tableau de Paul Marzin Chef FFI


Ce tableau de Paul Marzin Chef FFI est caché du public dans le bureau du maire du Huelgoat : *Le 31 aout 1944 la section spéciale de Carhaix et un groupe d' Huelgoat parviennent en fin d'après - midi à 200 mètres du Ménez-Hom et arrosent le sommet au mortier ,mais sont contraints de rebrousser chemin.
Au cours du repli Yves Lamandé de la compagnie d' Huelgoat est mortellement blessé .Son évacuation sous le feu ennemi est impossible.
Le FFI décède vers minuit ,au moment où ses camarades réussissent à le rejoindre.



BATAILLON F.T.P. «LE ROY SKER»
Compagnies
«Barbusse» - «Docteur Jacq» - «Volant»
«Kléber»
(Chef : PERON Hervé)



La Compagnie «Barbusse» (Poullaouen)
(Chef : Joseph RIVOAL - Responsable : E PERON)

  1. — ORIGINE

Un «triangle» de jeunes F.T.P. à Carhaix (E.P., J.H.Rts) en contact avec
Jean PRIOL et l'Etat-Major Front National du Finistère. L'un d'eux, Emile PERON, fonde la Compagnie vers le 15 mai, au maquis de Restamenach en Poullaouen, avec quelques armes récupérées, ralliant une dizaine de camarades. Ancien marin, s'était lié d'amitié à «P.L.M.» (Pierre-Louis MENGUY), qui, torturé et tué, a donné son nom à une Compagnie du Bataillon «Guy Môquet» des C.d.N (Compagnie de «Plévin-Tréogan»).

2. - RECRUTEMENT :

Des jeunes hommes du secteur de Poullaouen - Locmaria-Berrien- Huelgoat ;
réfugiés brestois, un groupe de Carhaisiens, et 5 jeunes filles, agents de liaison, qui prendront part à divers engagements et aux opérations de la Presqu'ile de Crozon (ravitaillement de la Compagnie en ligne, et participation au combat).

3. - ACTIONS

23 juillet 1944 : un premier parachutage permet d'armer 60 hommes, les effectifs sont complété. Cantonnement à Lémézec au lieu dit Parcellou.
4 août : deuxième parachutage.
5 août: l'équipe assurant la protection est surprise par des Allemands vêtus de kaki : 2 Résistants blessés qui peuvent s’échapper.

28-29 juillet : l'état d'alerte est proclamé. Emile, le responsable de la Compagnie, en mission au P.C. de Châteauneuf, est arrêté à Plonévez-du-Faou : le 26, transféré à Sizun puis relâché, faute de preuves, et à cause de la panique qui s'empare des Allemands; ces derniers exécutent une partie de leurs prisonniers.
Le 30 juillet, à 1 heure : un convoi d'Allemands et de miliciens est signalé, et attaqué par la
Compagnie «Tunisie».
Nuit du 30 au 31 juillet, à 11 h 30, la Compagnie «Barbusse» cantonne au Château de Tymeur, et 2 jours après, au bois de Liorzou à 5 km au Nord de Poullaouen échappant ainsi à l'encerclement du château par 2 centaines d'Allemands.
Le 2 août : engagement au Guilly : un adjudant allemand est tué.
Le 4 août: un convoi allemand de renfort vers Carhaix est accroché pendant 1 heure, par un groupe de 4 hommes : 2 sont blessés (dont
LE ROY, qui sera ramené au maquis (à 4 km de là) dans une brouette par 2 jeunes filles de la Compagnie; il mourra à l'hôpital de Carhaix); un combattant devra la vie à son sang-froid et à sa détermination.
Les Allemands ont perdu plusieurs hommes
Le 5 août : à Restamézec-Kerbizien, plus d'une centaine d'Allemands, bien armés, se sont repliés vers 15 h 30 (à cause de l'arrivée des forces blindées américaines); ils sont attaqués à 17 heures par un groupe ce la Compagnie «Le Baut» d'André LANE (Bataillon «Bir-Hakeim»), une section du mouvement «Libération» de Poullaouen, et une section de la «Barbusse» (qui perd
Yves SKER).
Les Allemands se retirent vers Tymeur.
Du 5 au 26: la Compagnie mène des patrouilles de nettoyage dans tout le secteur.
Une patrouille «automobile» pénètre dans Carhaix dont les habitants ont été évacués vers Plévin.
26 août : cantonnement à Pleyben.
27 août : cantonnement à Saint-Vénec en Landrévarzec.
Le 14 septembre : la «
Barbusse» relève la Compagnie «Kléber» sous les tirs de mortiers, à Hirgars près de Tal-ar-Groas, coopérant avec les chars U.S.
De nombreuses patrouilles dans le «no mans' land» essuient les tirs allemands de mortiers, de mitrailleuses.
Le 17 septembre : la dernière patrouille composée des cadres du
Bataillon «Volant» et du responsable de la liaison de «Barbusse», partie à 5 heures du matin arrive à quelques mètres de la base du Poulmic et prend contact avec un poste avancé américain. Après accord, la décision est prise de lancer l'assaut et de faire appel à la Compagnie «Barbusse» qui devra nettoyer tout le secteur côtier truffé de champs de mines, à l'aile droite du dispositif américain, la liaison devant être assurée coûte que coûte.
La
Compagnie «Docteur Jacq», du Huelgoat, progressera en 2° échelon, complétant le nettoyage.
11 h 15 : la
«Barbusse» et les Américains pénètrent dans la base jusqu'alors pilonnée par l'artillerie U.S. très dense dans le secteur.
La
«Barbusse» progresse en file indienne, à cause des mines et des pièges, Joseph RIVOAL, Chef de la Compagnie, et Raymonde en tête.
12 h 30 : combats et libération de Lanvéoc; la colonne américaine est bloquée sur la route par des tireurs allemands qui blessent 5 soldats ; la
Compagnie «Barbusse» met fin à cet arrêt dans un mouvement enveloppant qui annihile les forces ennemies (nombreux Allemands hors de combats ou prisonniers) ; elle perd un de ses combattants; elle progresse vers Le Fret passant outre aux ordres donnés par les Américains (au Fret ville-sanitaire, de nombreux Allemands deviennent soudainement porteur de l'emblème de la Croix-Rouge).
Le18 septembre : avec l'aide de Résistants de Lanvéoc, la liaison est rétablie avec la Compagnie (la traversée du Fret s'est faite sans combat, cf. ci-dessus) ; la Compagnie progresse vers l'Ile Longue où un élément avancé (2 hommes et une jeune fille) prend contact avec une ou deux centaines d'Allemands, puissamment armés qui, pour se rendre, attendent la venue des Américains !
De nombreux prisonnier allemands ont été remis aux forces U.S. La Compagnie a libéré un camp de soldats alliés et de F.F.I. captifs des Allemands (cf. le raid sur Brasparts du 16 août).
Elle a reçu les félicitations du Commandement américain.
Elle est alors relevée par la Compagnie «Volant» (
Bataillon bigouden de «Kerveillant»), qui poursuivra l'offensive vers St-Fiacre, le fort de Quélern, Roscanvel et la Pointe des Espagnols où, le 19, Ramcke s’est rendu aux Américains.

Rapport de la Compagnie «Barbusse»,
d'août et de septembre 1944,
et Témoignages.

COMPTE-RENDU JOURNALIER
Date : 13 septembre 1944
BATAILLON «LE ROY-SKER» - P.C.

Kermoualch, le 13 septembre.

La Compagnie A. VOLANT, effectif 120, arrive à Saint-Nic dans la matinée.
Après entente avec le Lieutenant LE BIDEAU, la relève du Bataillon «Stalingrad» est décidée pour l’après-midi.
15h00 - La Compagnie A. VOLANT monte en ligne et occupe les positions du bataillon relevé.
16 h 00 — La Compagnie KLEBER arrive à Kerlivit, où elle prend provisoirement son cantonnement; une section demeurée à Plonévez-Porzay reçoit l'ordre de rallier immédiatement Kerlivit (section ralliée à 21 heures).
17 h 00 — Ordre à la Compagnie JACQ de cantonner à Trévéoc. La Compagnie Barbusse se trouve en difficultés avec ses moyens de transport et ne ralliera que le 14.
21 h 30 — Quelques obus allemands à 50 mètres du P.C. de la Compagnie VOLANT installée à Hirgars - R.A.S.
24 h 00 — Secteur calme - Les Américains occupent quelques positions au-devant de nos troupes.

Destinataire : E.M. - 4 — Copie : Archives.

Le Chef de Bataillon :
Hervé PERON.


BATAILLON «BIR-HAKEIM»
Compagnie «Bir-Hakeim»
103 hommes - P.C. : Pleyber-Christ

SECTEUR :
Berrien - Scrignac - La Feuillée - Poullaouen - Plouyé - Collorec - Saint-Herbot - Huelgoat.

ORIGINE :
Un groupe «Jacq» de 8 hommes.

ACTIONS:
Sabotage de la ligne H.T. Saint-Herbot-Morlaix en décembre 1943 et à Huelgoat en janvier 1944.

Décembre 1943 : attaque de camions allemands à La Feuillée.

Création de nouveaux détachements :

  • «Stalingrad» à Berrien ;
  • «République» à Brennilis-La Feuillée ;
  • «Jaurès» à Scrignac.
  • Des armes sont récupérées chez des particuliers et sur des soldats allemands à Poullaouen et La Feuillée d'août 1943 à février 1944.
  • 17-7-1944 : parachutage : réception de 6 tonnes d'armes et de munitions.
  • Sabotage des lignes électriques ; attaque et mise hors de combat de soldats et officiers ennemis dont un S.S.
  • Déraillement d'un train allemand au Cloître-St-Thégonnec, le 10 avril 1944.

 Le 4 août : la Compagnie est attaquée par les forces allemandes très supérieures en nombre et en armement; le chef de la section «Valmy», GUERN Jean, a tenu l'ennemi en respect sous le feu de son F.M. pendant 3/4 d'heure, assurant le repli en bon ordre de la Compagnie.

Bilan du combat :

Compagnie «Bir-Hakeim» : 1 seul blessé ;
 Allemands : 15 tués; nombreux blessés.
  • Le 3-8 : accrochage de Plougonven à Kerléoret (2 Allemands tués).
  • Le 4 : à Kerseach en Scrignac (2 Allemands tués).
  • Le 5 : combat à Poullaouen (17 Allemands hors de combat).
  • Le 6 : 22 prisonniers au bois de la Haye (et, en coopération avec les blindés américains, combats pour réduire les nids de mitrailleuses ennemies sur la montagne de Botmeur).
  • Le 7 : 2 prisonniers à Berrien.
  • Le 8 : 3 prisonniers à Huelgoat.

L'état d'esprit est excellent : tous demandent de passer à l'action.

Signé :


le Commissaire aux Effectifs (C.E.)
EDOUARD 9.
(Rapport de 1944).