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🇫🇷PLOMODIERN

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 22 février 2026

📍Résumé des évènements :

1940

📍Date de la Commémoration :

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :

📍Randonnée :



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Source :
https://www.ouest-france.fr/bretagne/chateaulin-29150/plomodiern-une-mysterieuse-decouverte-75-ans-apres-la-rafle-6231720


Plomodiern. Une mystérieuse découverte, 75 ans après la rafle
Une plaque à la mémoire de Corentin Marchadour, fusillé pendant la Seconde Guerre mondiale a été découverte, par hasard, à Landerneau. L’enquête mène à une histoire tragique qui s’est passée le 8 juillet 1944, à Plomodiern (Finistère).

L’aventure démarre en janvier, quand Jean-Yves Le Moan trouve près de chez lui, rue des Déportés, à Landerneau, un sac mis en évidence. À l’intérieur, une plaque de marbre blanc commémorative avec une inscription surmontée de deux drapeaux français : « À la mémoire de Corentin Marchadour arrêté par les Allemands le 8 juillet 1944 à l’âge de 21 ans ».

Une véritable enquête commence alors. Qui est cet illustre inconnu ? Pourquoi la plaque a-t-elle été déposée dans cette rue au nom prédestiné ?

Un vrai puzzle à reconstituer

Jean-Yves Le Moan se rapproche des archives de Landerneau. Pas de trace du nom du jeune homme. Pourquoi ce dépôt près de chez lui ? Pur hasard dû au nom de la rue ? Le mystère reste encore entier à ce jour.

Didier Thoulouzan, de Plouzané, est le neveu du malheureux disparu. Il a vent de l’histoire et se manifeste. Il est d’ailleurs né à Plomodiern, dans la maison familiale. Le domicile se situait dans la maison habitée par Georges et Patricia Motreff. Le pâtissier retraité se souvient d’ailleurs avoir vu cette plaque, lors de l’acquisition de la maison pour la remettre ensuite à Madame Thoulouzan, une voisine et sœur de Corentin Marchadour. Le puzzle commence à se reconstituer.

Emprisonné et fusillé

Corentin Marchadour est né à Plomodiern, le 10 février 1923. Il a été fait prisonnier par les Allemands, le 8 juillet 1944. Il passe quelques jours à Châteaulin avant d’être interrogé à Landivisiau, puis incarcéré à la prison de Pontaniou, à Brest. Il a été fusillé par un peloton d’exécution allemand, le 7 août 1944. Didier Thoulouzan, le neveu, détient d’ailleurs une lettre de huit pages d’un compagnon du jeune homme détaillant ces événements.

En 1962, le cadavre de Corentin Marchadour est découvert dans un charnier de 52 résistants, lors d’un chantier de terrassement. Mais nul ne sait où les corps ont ensuite été enterrés.

La rafle du 8 juillet 1944

Les quelques rares témoins encore vivants à se souvenir de cet épisode, ont dépassé les 90 ans. Chacun est resté « marqué à vie par cette tragédie », reconnaît Jean Pelliet, habitant Plomodiern, avait une vingtaine d’années à l’époque. Il faut se remémorer le contexte.

Le Débarquement en Normandie remonte au 6 juin. L’armée allemande est nerveuse. Les Plomodiernais ont encore en tête le massacre d’Oradour-sur-Glane, le 10 juin.

Anna Golhen, a vécu dans la commune et garde un souvenir très précis de cette histoire. Elle raconte : « Mon père a vu une traction sans portière, conduite par les FFI mitraillette au poing, arriver à toute allure place de l’Église et tirer sur un soldat russe qui envoyait son cheval à ferrer. Le cheval s’est enfui vers la Kommandantur, installée dans l’école publique d’aujourd’hui et le Russe a pris la poudre d’escampette dans la campagne. La nuit, ma mère entend un bébé pleurer sur la place. C’est anormal. Elle réveille mes deux frères, âgés d’une vingtaine d’années pour les cacher dans une planque du grenier. Bien lui a pris : les Allemands fouillaient les maisons et regroupaient tous les hommes présents le long de la maison Marchadour. « Si on ne trouve pas le Russe, vous serez fusillés », les prévenait l’officier allemand. »

Femmes et enfants sont rassemblées au terrain de football, cernés de soldats armés. Un silence de mort règne. Certaines femmes s’assoient mais d’autres, dont l’épouse du directeur de l’école, restent debout. « Madame Lecuyer nous disait : « Soyons dignes et nous sommes restées debout de 4 h à 11 h. Notre dernière heure est arrivée pensions-nous », continue Anna Golhen.

L’officier Allemand disait pouvoir être très méchant avec eux. Il demandait qu’on lui remette les armes, en échange de quoi aucun mal ne sera fait. « Je me rappelle avoir vu le toit de la maison Marchadour se soulever comme un champignon. Les Allemands nous avaient prévenus qu’ils allaient la faire imploser et non pas exploser. »

Les parents de Corentin ont survécu

Jean Pelliet, lui, se souvient de voir deux familles embarquées : les parents Marchadour et leurs trois enfants, Corentin, alors âgé de 21 ans, Mimi (20 ans) et Hervé (15 ans), ainsi que les Trétout (Yves, Jean et Yvette) et René Guidal. Les parents des deux familles sont revenus à Plomodiern au bout de quelques jours, mais Corentin Marchadour, Yves et Jean Tretout n’ont jamais revu le Menez-Hom.

Ce travail de mémoire est aussi l’occasion de glaner des informations auprès de ces précieux témoins. « Le système D et le troc étaient une question de survie. Ma mère envoyait du beurre par La Poste dans l’est de la France, en échange de pelotes de coton que l’on vendait pour tricoter. Les gens de la presqu’île venaient échanger à Plomodiern des coquilles Saint-Jacques, contre des légumes et produits fermiers. Et il fallait pédaler, sans dérailleur, pour se déplacer ! »