🇫🇷Le MENEZ-HOM
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020 / mise à jour 8 juillet 2024 / le 9 fév 2026
Liens utiles :
- https://www.lesamisdelaresistancedufinistere.com/page221/styled-20/page402/
- https://www.ouest-france.fr/bretagne/plomodiern-29550/recit-apres-75-ans-l-histoire-de-la-bataille-du-menez-hom-est-toujours-douloureuse-6499333
- http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/groupe-defensif-cotier-de-crozon-code-cr/5405236b-d006-49ce-867a-e88ad3c0a8f1
- https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20060904&article=12713476&type=ar
- https://polejeanmoulin.com/page-28/page-70/page-163/
En août 1944, le Ménez-Hom, point stratégique dominant la baie de Douarnenez et la vallée de l’Aulne, est le théâtre de combats entre les forces allemandes et les résistants français (FFI), appuyés par l’avance alliée en Bretagne. Les Allemands fortement armés y avaient installé des postes d’observation et de défense afin de contrôler les axes de circulation et de ralentir la progression ennemie.
Les groupes FFI locaux, souvent mal armés mais connaissant parfaitement le terrain, mènent des actions de harcèlement, des embuscades et coupent les communications. Face à la pression croissante des résistants et au repli général des troupes allemandes après la percée alliée, le secteur du Ménez-Hom est libéré à la mi-août 1944, marquant la fin de l’occupation allemande dans cette partie du Finistère et facilitant la libération des villes voisines.
📍Date de la Commémoration : autour du 30 août
📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :
📍Randonnée :
LE CENTRE MEDICAL CLANDESTIN
A Kergoat-Quéménéven fut créé un centre médical clandestin (Drs. G. et S. DESSE) recevant particulièrement les maquisards de St-Thois (Lieutenant Morillon) et des aviateurs de la R.A.F. et de la R.C.A.F. récupérés au sol. Dès le début de la campagne de Crozon y furent adressés les blessés légers des autres compagnies, l'évacuation des cas graves vers Quimper rendue possible.
La progression des troupes vers le Ménez-Hom s'effectuant, le Dr. G. DESSE et CHEVALIER, étudiant en médecine (F.T.P.F., Compagnie Kleber, bataillon Fernand - commandant Stéphan) se joignaient aux médecins de la 2º compagnie du bataillon F.F.I. (commandant Bellan) : les docteurs BERCEGEAY, JAHAN et VAZEL, accompagnés des pharmaciens capitaines POSTE et DIZERBO, des dentistes TRAONOUEZ et CROSLEY, des étudiants en médecine DENTEL, PHIPPS et d'une infirmière : Mlle NEDELEC (devenue Madame THOMAS).
Un poste de secours fut installé à Ploeven, puis à Plomodiern où furent traités blessés français et américains.
Le Ménez-Hom conquis, l'équipe médicale s'avança à Argol, bénéficiant d'une ambulance douarneniste, de malles de secours anglaises et de matériel récupéré à l'ennemi, alors qu'un poste avancé à Telgruc subit un violent pilonnage de l'aviation américaine, erreur qui coûta la vie à quatre de nos infirmiers : Mlle BLOCH, MM. PELLEN, OLLU, PLOUHINEC et où fut blessé le Dr. VAZEL.
La Presqu'ile libérée, les évacuations des blessés vers des centres hospitaliers effectués, le service médical se disloqua le 15 septembre.
Georges DESSE.
DANS LA CHAPELLE
SAINTE-MARIE DU MENEZ-HOM
La chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom dans son écrin de verdure sur la route dorsale de la Presqu’ile. L'édifice dispose d'un corps de logis attenant à la nef mais distinct, avec rez-de-chaussée, étage. C'est le «toul-du», le trou noir. Le moine de Landévennec qui desservait l'endroit y logeait. Le grand fabricien offre toujours repas au clergé ainsi qu'aux porteurs de bannières et aux membres de sa famille, le jour du pardon…
Pendant plus d'une semaine vingt-trois aviateurs alliés vont vivre là sans que personne ne s'en doute, en dehors bien sûr des gens qui s'occupent de leur protection.
Le 31 août 1943, un jeune homme flexible le long de cent quatre vingt-treize centimètres s'est présenté à Plomodiern, chez Madame VOURC'H l'épouse du Docteur parti pour l'Angleterre après l'arrestation de «Tante Yvonne» le mercredi de Pâques 1942. Il se dit Raoul CAULAINCOURT, mais s’appelle Jean-Claude CAMORS et dirige le réseau Bordeaux-Loupiac spécialisé dans l'évasion des aviateurs tombés du ciel.
Yves VOURCH, le dernier fils de la maison (les autres, Guy, Jean, Paul ont déjà rejoint les F.F.L.) se lie tout de suite d'amitié avec le visiteur qui a remis, en guise d'entrée en matière, une lettre de son frère Guy, son condisciple à l'école des «Cadets», le Saint-Суг des Français Libres. Par l'entremise de Pierre MERRIEN, le secrétaire de mairie de Camaret, il trouve vite un bateau. Les candidats au voyage arrivent maintenant en gare de Quimper. Avec Yves VOURC'H, des amis, Pierre PHILIPPON de Quimper, Jean de la PATELLIERE de Nantes les accueillent et les répartissent dans les différents refuges. Il en arrive encore et cela finit par faire beaucoup de monde qu'il convient de rassembler dans un local suffisamment vaste et discret aux approches du port où le départ se prépare. On jette son dévolu sur la chapelle, avec l'accord du Recteur. Mais Jean-Claude CAMORS n’est pas revenu le lundi Il octobre. On apprendra plus tard que ce jour-là un Français au service de la Gestapo l'avait abattu à Rennes... On s'organise quand même sur place.
Trois fermes environnent le sanctuaire. Celle, juste en face, appartient aux parents de Jos LE BRIS, ami d'enfance d'Yves VOURCH. Ils détiennent les clés de l’édifice. Jos pourra ainsi s'en servir à volonté, sans attirer l'attention des siens. Tout est prêt pour recevoir les hôtes. Les huit ramenés de Vannes la veille inaugurent les locaux.
A vingt-deux heures, Yves VOURC'H et ses trois compères, Pierre PHILIPPON, Jean de la PATELLIERE et Pierre DREVILLON de Morgat, le jeune pécheur qui fut le messager de «Tante Yvonne », les réceptionnent en gare de Châteaulin. Le couvre-feu est à vingt-trois heures. Par petits groupes espacés, ils entament une lente marche de douze kilomètres. L'un des clandestins, brûlé aux jambes, suit à bicyclette. Aux abords de la chapelle, Jos LE BRIS attend. Il lance le mot de passe : «An amzer 20 brao… » (Le temps est beau).
Il a garni la salle de repos de paille fraîche. Désormais il se lève la nuit en cachette pour faire bouillir l'eau des tisanes, pour cuire les pommes de terre dans la vieille maison de la ferme et porte le tout à la chapelle. Juste la route à traverser.
Les aviateurs rappliquent toujours. On s'arrange pour les nourrir convenablement et ce n'est pas une mince affaire. Guillaume BERNARD, le boucher, va y pourvoir dans une large mesure au mépris du danger auquel il s'exposait. Madame VOURC'H se met à l'ouvrage devant son fourneau. Et ce sont d’étonnantes retrouvailles dans la chapelle ! On commence pourtant à s'impatienter. Le temps est long dans le «toul du»...L'ennui perturbe les esprits. Des discussions s'engagent, de plus en plus vives. Certains veulent repartir, sans plus attendre. Yves et ses camarades, qui se relaient auprès d'eux, doivent élever la voix pour faire entendre raison. Ils sont là maintenant vingt-trois, dans une pénible promiscuité. Quand arrive enfin la bonne nouvelle : «le bateau partira demain matin, mardi19 octobre et dès ce soir on regagnera Camaret».
Ils y sont reçus par Pierre MERRIEN et conduit chez le boulanger, Jean BATANY, sur le quai. Une réception chaleureuse. La bande convoyée par les inséparables Yves, Jean et les deux Pierre qui doivent eux aussi s'en aller, s'endort sur des planches au-dessus du four, dans une douce chaleur.
Elle n'est pas au bout de sa peine. A trois heures du matin, l'embarquement a commencé. Les groupes de deux ou trois sortent du fournil, traversent le quai en courant, et hop! disparaissent sous le pont. On a beau les tasser, encore deux, encore un, il n'y a pas de place pour tout le monde! Le bateau retenu n'étant pas disponible il a fallu se rabattre sur le «Suzanne-Renée», plus petit, que commande Jean-Marie BALCON. Les convoyeurs et quatre aviateurs devront attendre une nouvelle occasion. Ils se rendent à l'évidence, l'impossible et, le cœur gros repartent à pied vers Crozon, à cinq heures, sous la pluie.
Mais dans le «Suzanne-Renée », ce n'est pas la joie non plus. La tempête s'est levée, interdisant toute sortie en mer. Les malheureux aviateurs resteront à fond de cale cent trois heures pénibles et ne s'en iront que le 23 octobre. Ils se souviendront longtemps de Sainte-Marie du Ménez-Hom.
René PICHAVANT.
Le Mot du Maire de Plomodiern
«Le Comité d'Erection du Monument à la Gloire de la Résistance Finistérienne me demande de rédiger un mot au sujet de la Résistance dans notre Département. Non seulement, je tiens à l'en remercier, mais j’en suis, par ailleurs, très honoré.
En effet, cette tâche est peut être chose facile pour ceux qui ont vécu l’occupation, mais en ce qui me concerne, étant né en 1946, je n’ai peu connaître et juger les faits que par les ouvrages, les documents écrits ou verbaux qui les ont relatés.
Lorsque j'ai appris que le Monument du souvenir allait être érigé sur le Parking de Saint-Marie du Ménez-Hom, j'en ai été personnellement touché et fier et j'ai réalisé tout ce que ce choix pouvait apporter à mes concitoyens qui, eux, avaient traversé cette période sombre de leur existence.
De plus, l'emplacement choisi m'a semblé parfaitement judicieux car le Ménez-Hom fut effectivement un haut lieu de la Résistance dans le Finistère.
Dois-je, en effet, rappeler que cet endroit fut le point de ralliement des aviateurs alliés abattus par les Allemands et que leur hébergement et leur rapatriement en Angleterre étaient alors pris en charge par le réseau de résistance de la Région dont le maillon principal était la Famille VOURCH de PLOMODIERN.
En outre, que les jeunes de ma génération et les plus jeunes, n’oublient surtout pas que même dans la période difficile que nous traversons, ils doivent leur liberté, la paix et l'espérance dans l'avenir, au sacrifice volontaire des hommes de l'ombre qui sont tombés sans uniforme, peut-être, mais avec abnégation pour l'Honneur, la grandeur et la dignité de leur Pays, et cela malgré les divergences de tout ordre.
Et à tous ceux qui s'arrêteront près de ce monument, je demande qu'il ne soit jamais oublié avec quelle audace et quel courage se sont battus des hommes bien souvent au visage juvénile pour que la France retrouve son indépendance et toute sa puissance.»
Claude BELLIN,
Maire de PLOMODIERN.
Source : ANACR Finistère
LA 3' COMPAGNIE DU MENEZ-HOM
Sous la responsabilité de Yves FAVENNEC et de Jacques LE ROUX est formée la 3e Compagnie du Ménez-Hom composée en majeure partie de volontaires de Plomodiern.
Cette compagnie est rattachée au au Bataillon de la Presqu'ile commandé par Alfred LE DU.
A partir de mars 1944 la mission principale de la Compagnie, faute d'armes, consiste en des actes de sabotages sur les lignes téléphoniques et sur la voie ferrée aux environs de Plomodiern.
Au cours du mois d'août 1944, différents parachutages donneront enfin les moyens à nos maquisards de prendre position au Nord du bourg de Plomodiern face aux collines fortifiées du Ménez-Hom.
Mise ensuite à la disposition du Bataillon «Normandie», la 3e Compagnie participe à diverses opérations avant contribué à la chute de la cote « 330».
Connaissant parfaitement la région, des volontaires de la compagnie serviront de guides aux troupes américaines.
Malheureusement, cet acte de courage conduit certains d'entre eux à y laisser leur vie, d'autres seront sérieusement blessés, en particulier au cours du tragique bombardement de Telgruc-sur-Mer.
La Compagnie sera dissoute après la capitulation de la Presqu'ile de Crozon, mais la majorité de l'effectif continuera la lutte dans la poche de Lorient encore occupée.
Quelques artilleurs du Porzay ont mis sur pied une batterie F.F.I. sans doute la première de France. Le Capitaine ESPERN en prend le commandement, elle est en position à Ploéven.
Le dimanche 27 août, il est 15 h 40, les hommes sont à leurs postes, la pièce de 155 est pointée et chargée «feu» !!! 14 secondes s'écoulent lorsque notre Capitaine nous crie «objectif atteint, continuez le tir». 20 poitrines poussent un hourra ! de victoire : tous les 4 à 5 minutes 28 kg d'acier vont atterrir et éclater sur la cote 330 et cela jusqu'au soir.
Le lendemain, le 155 reprend son pilonnage avec la même précision, le Yed est copieusement arrosé : 2 coups au but ont été déterminants, l'un sur la génératrice électrique, l'autre sur le local de la radio, tous les deux pulvérisés.
Les F.F.I. donnent l'assaut final, la bataille du Ménez-Hom se termine : elle est gagnée, nous poursuivons l'ennemi vers la Presqu’ile.
Le 20 septembre c'est l'ensemble fortifié de Lézongar à Audierne qui est pilonné par le 155 et un 75 ; très vite drapeau blanc et victoire.
La Batterie va passer un rude hiver dans la poche de Lorient, elle prendra part de nouveau au combat et à la libération.
Les artilleurs F.F.I. ont accroché une part de mérite sur les pentes du Ménez-Hom, mais ils n'étaient pas seuls; les forces vives du pays étaient là l'arme au poing, le doigt sur la gâchette, la détermination au cœur; sus à l'envahisseur ! jusqu'à la victoire; le temps qui efface tout ne pourra pas jeter l'oubli sur ces jours de gloire, car le courage et le patriotisme gravés dans le dur granit breton de la stèle témoigneront pour l'histoire.
Le Pointeur du 155 :
C. BLOUET,
Plonévez-Porzay.
DANS LA PRESQU'ILE DE CROZON
On observe deux phases dans les combats pour la libération de ce secteur très important.
Dans un premier temps, où la situation reste soumise à la domination par l'ennemi du Ménez-Hom, culminant à la cote 330 avec plusieurs points fortifiés, les Forces Françaises de l'Intérieur — F.F.I. - F.T.P. - ont à contenir plus de 10.000 soldats allemands et mercenaires. Le nombre de ceux-ci s'accroît du fait d'une communication par mer avec le camp retranché de Brest.
Quimper a été libéré le 8 août, Douarnenez le 6, Bénodet le 11, mais plusieurs points retiennent des unités de F.F.I. : Concarneau qui tiendra jusqu'au 25 août, Lézongar près d'Audierne, le dernier bastion de l'ennemi à se rendre dans le Finistère le 20 septembre.
Par ailleurs, à Brest, les Américains, rencontrant une farouche résistance du Général RAMCKE notamment et de sa 2° Division parachutiste, ont confié d'importants secteurs aux forces issues de la Résistance, et les F.F.I. finistériens participent sur la Laïta à l'investissement de la poche de Lorient.
Néanmoins, pour ce qui concerne la Presqu'ile de Crozon, les ordres du Commandant départemental des Forces Françaises de l'Intérieur sont de resserrer le dispositif en place et de faire savoir à l'ennemi qu'il est bloqué dans la péninsule.
C'est là une mission héroïque. La ligne de front s'étend sur une douzaine de kilomètres F.F.I.-F.T.P. présent n'atteint pas les 2.000 hommes, sommairement équipés, disposant d'armes légères, les vêtements et chaussures en mauvais état, en face de soldats allemands bien retranchés avec d’importants moyens matériels et un armement lourd.
Sur Plomodiern, le 12 août, on trouve le 1er Bataillon F.T.P. qui va prendre l'appellation de «Normandie» avec ses Compagnies «Bayeux», «Cartouche», «Corentin Cochennec», «Normandie» - auquel viendront s'adjoindre d'autres formations de l'arrondissement de Châteaulin : les Compagnies «Surcouf», «J.-P. Calloc'h», de Huelgoat, celles de Berrien, Scrignac, Carhaix, Plonévez-du-Faou, le Groupe «Kenavo» de Plomodiern, le service sanitaire du Docteur DESSE.
A droite de «Normandie», dans la partie N.-E. du Ménez-Hom, sur Dinéault, est en ligne le Bataillon F.T.P. «Stalingrad», Compagnies «Châteaulin», «De Gaulle», «Ténacité «Victoire».
La tactique des F.F.I. reste celle de la guérilla, patrouilles, accrochages, décrochages, escarmouches, voire engagements plus sévères sur les points où l'ennemi devient agressif, notamment pour assurer son ravitaillement.
Paniqués dans les premiers jours, les Allemands se sont ressaisis. Le 16 août, un raid sur Brasparts, conduit de Brest avec des engins motorisés pour libérer des prisonniers, illustre la précarité de la défense F.F.I.
Le Colonel EON, nommé par Londres Commandant des F.F.I. de Bretagne, parachuté dans les Côtes-du-Nord, arrivé à Châteaulin vers cette date du 15 août, se rendra par deux fois au P. C. du Général MIDDLETON, Commandant le 8º Corps d'Armée américain, pour demander un appui de cavalerie motorisée.
Le 18, le Colonel BERTHAUD, Chef départemental des F.F.I., a désigné le Commandant PHILIPPOT pour prendre le commandement du secteur. Il s'agit, en premier lieu, de colmater la brèche existant entre la position occupée par «Normandie» et la mer.
Il met en ligne le Bataillon «Bellan», de Quimper (5e, 6e et 7e Compagnies), renforcé par la 2e Compagnie du Bataillon F.T.P. «La Tour-d'Auvergne», la Compagnie de Douarnenez («Chancerelle»), des éléments de la Compagnie de Briec, la Batterie d'Artillerie «Espern» utilisant des pièces récupérées sur les Allemands.
L'effectif pour l'ensemble du Front F.F.I. est d'environ 3.000 hommes.
Un détachement motorisé américain, commandé par le Colonel LINGUEST, arrive enfin le 26 août (800 hommes environ). Il se retire chaque soir, les F.F.I. restant seuls en ligne.
PRISE DU MENEZ-HOM (Cote 330)
Jour après jour, des actions se poursuivent sur les axes Dinéault - Trégarvan et Sainte-Marie - Saint-Nic pour l'encerclement du Ménez-Hom.
Les F.F.I. perdent des hommes ici et là, tués ou blessés.
Le 28 août, les combats s'étendent à l'ensemble du front, et les jours suivants les positions allemandes sur les crêtes tombent les unes après les autres.
Le 1e septembre au matin, la cote 330 est atteinte.
Le Lieutenant BERNARD, du Bataillon «Normandie», envoie au Commandement F.F.I ce message : «Le drapeau français flotte sur le Ménez-Hom».
Le Général allemand RAMCKE cherchera à minimiser la victoire des F.F.I. en ironisant sur l'Ordre du Jour rédigé par le Colonel BON. De même, il contestera les prisonniers dont le nombre est important, le matériel pris…
par Alain LE GRAND.
RAPPORT DE LA PRISE
DU PRINCIPAL BASTION DU MENEZ-HOM
PAR LA PREMIERE SECTION DE LA COMPAGNIE «NORMANDIE»
Source : ANACR Finistère
Après avoir été désignés pour occuper la position avancée devant «SAINTE-MARIE», nous rejoignons notre poste sous une pluie d'obus et de mortiers et perdons le premier jour 2 de nos camarades blessés grièvement par les éclats (Henry Joseph et Richard).
Nous tenons durant deux longues journées sous un pilonnage incessant, retranchés dans quelques trous individuels pour nous protéger des éclats. La pluie ne cesse de tomber et nous gêne sérieusement.
Mercredi 30 aout : Le «Corps-Franc» de la Compagnie tente une action contre la cote 299, mais il est reçu par des rafales de mitrailleuses venant de la cote 330. Nous protégeons son repli en mitraillant le sommet du Ménez-Hom où l'ennemi prenait position pour résister. Après un pilonnage incessant de l'artillerie le point d'appui met bas les armes et hisse le pavillon blanc. Des hommes de la section partent à la recherche des prisonniers…
Nous savons, par eux, que la cote 299 est libérée, mais la cote 330, bastion principal, de la chaîne de montagnes, est toujours occupée.
Jeudi 31 août: Le Corps-Franc appuyé par notre section ( tente d'occuper la côte, mais nous sommes reçus par un feu de barrage des armes automatiques ennemies. Les obus de mortiers pleuvent de toutes parts. Nous maintenons notre position devant Sainte-Marie. Après une nuit assez mouvementée (2 alertes):
La pluie nous a encore gênés pendant la nuit.
1er septembre : Prévenu par le guetteur «Hermant» de la présence de deux hommes sur la cote 330... Je constate avec mes jumelles que ce sont 2 Allemands qui descendent de la montagne et se dirigent vers nos lignes avec un pavillon blanc. J'envoie immédiatement 2 hommes à leur rencontre... J'obtiens par eux d'utiles renseignements à savoir : «L'armée allemande a évacué toute la montagne au cours de la nuit. Le bastion est inoccupés. Je décide d'envoyer les prisonniers montrer la route à un groupe de volontaires de la section et j'avertis les Compagnies voisines de ne pas ouvrir le feu. Les hommes partent vers 9 heures 1/2 et peu de temps après occupent la cote 330»... Malheureusement l'aviation ignorant sans doute notre action ouvre le feu sur nos hommes qui se réfugient en hâte dans tous les abris possibles... La 2 section les rejoint sous le bombardement... Les hommes qui sont couchés sur le mont sont démoralisés d'autant plus qu'ils sont dans l'impossibilité de se déplacer...Les avions ne cessent de mitrailler et de lâcher leur chargement de bombes…Malgré tout, après cet instant tragique, un petit détachement envoyé en hâte à leur secours gravit la cote 330 avec un drapeau tricolore (Henri Birrien du P.C. Cie). Les avions apercevant notre fanion cessent de bombarder et de mitrailler.
Enfin les hommes se regroupent, constatant avec joie qu'il n'en manque aucun à l'appel. (Notons en outre qu'ils ont fait un prisonnier qui se trouvait dans une casemate.)
Le drapeau français flotte au sommet du Ménez-Hom et le reste de la section rejoint.
Le Ménez-Hom est occupé par la Compagnie «NORMANDIE».
Ménez-Hom, le 1er septembre 1944.
Le Chef de la 1 Section :
BRAUN.
HISTORIQUE DU MENEZ-HOM
Source : ANACR Finistère
Appelé en renfort le 12 août 1944 dans la Presqu'ile de Crozon, le Bataillon «NORMANDIE», constitué par les Compagnies «SURCOUF*, «BAYEUX*, «CORENTIN COCHENNEC» et «CARTOUCHE», prend position, le 13 août 1944 sur une ligne jalonnée par les villages de Ploéven, Plomodiern et la route de Châteaulin-
Crozon.
Dès le 14 août, les actions de patrouilles commencent et la guérilla, chère aux maquisards, met à l'épreuve nos jeunes gars non encore aguerris. Le contact avec l'ennemi s'affermit dès les premières heures et déjà «du matin au soir» me parviennent des résultats indiquant que l'ennemi, très supérieur en nombre, veut se défendre farouchement. Néanmoins, nos gars en veulent, le premier choc a lieu et l'accrochage est sévère. Les boches paraissent très surpris de l'attaque et après avoir perdu dix morts et des blessés sur le terrain, se replient, abandonnant entre nos mains quelques armes. Chaque jour la Compagnie «CORENTIN COCHENNEC» et particulièrement la Compagnie «BAYEUX» mènent la vie rude aux boches. Les jeunes chefs connaissent maintenant l'art de tendre une embuscade et l'Allemand, pourtant éprouvé par une guerre de quatre ans, se laisse prendre au piège.
Le 15 août, un nouvel accrochage se produit : trois Allemands de plus à l'actif de la Compagnie «BAYEUX» et une quinzaine de blessés sans que la moindre perte nous soit infligée.
Le 16 août, sur mon ordre, toutes les compagnies poussent leurs sections d'assaut dans les lignes ennemies et la S.S. de la Compagnie «BAYEUX» réalise l'exploit de pénétrer dans les lignes allemandes sur une profondeur de 10 km (Pouloupry près de St-Nic) d'où elle rapporte de précieux renseignements transmis immédiatement à l'Etat-Major.
De son côté, la Compagnie «CORENTIN COCHENNEC», qui occupait un secteur très difficile à défendre, se trouve en contact à Kervigen où elle rencontre un ennemi très supérieur en nombre, encerclée, elle réussit un décrochage savant qui lui permet de demander très rapidement du renfort pour stopper l'Allemand qui menaçait déjà Plonévez-Porzay. Une légère panique s'ensuivit dans la population, mais le calme est vite rétabli.
Les S. S. «SURCOUF» poussent jusqu’à Trois Canards où ils sont accueillis par un violent tir de mitrailleuses; néanmoins, un des S.S. réussit à s'infiltrer dans les lignes allemandes déguisé en paysan et nous revient apportant des renseignements très précis sur la situation des ennemis dans ces parages.
La S.S. «CARTOUCHE» patrouillera dans les environs de Plomodiern et comblera les trous énormes entre les compagnies : mission remplie avec bonheur, cette section ayant été encerclée par un groupement ennemi qui n'osa cependant pas l’attaquer.
Le 17 août une patrouille de la Compagnie «CORENTIN COCHENNEC » réédite l'exploit de la Compagnie «Bayeux» et traverse les lignes ennemies jusqu'a 1 km de Saint-Nic.
Le 18 août les Compagnies «BAYEUX», «CORENTIN COCHENNEC» et le groupe de Plomodiern qui vient s'adjoindre à nous, sont encore sur la brèche.
La Compagnie «BAYEUX» et le Groupe «KENAVO» de Plomodiern sont accrochés sérieusement à Lesloys où un groupe d'Allemands vient se ravitailler. Nos gars ne s’en laissent pas compter et 15 Allemands demeurent sur le du tapis. Nous perdons un homme Brélivet Yves du Groupe Plomodiern, et Plassart
Marcel est blessé. Ici commencent les exploits de nos gars qui sous le feu de leur F.M. tiennent en respect les Allemands et demeurent à leur poste de combat jusqu'à épuisement de leurs munitions. Tout le monde décroche.
Le même jour, patrouille Groupe «KENAVO» de Plomodiern qui s'était aventurée jusqu’a Gorre Rible, rencontre des Allemands se ravitaillant à la ferme, feu des nôtres; un Allemand est tué un autre blessé. Repli immédiat de la patrouille sur Kergonec.
Le 18 août encore, une patrouille de la Compagnie «BAYEUX» surprend un groupe de Russes sur le terrain de football de Plomodiern, après une manœuvre d'encerclement que les Russes aperçoivent, l'alerte est donnée mais, malgré le renfort ennemi, 6 Russes demeurent sur le sol, morts ou blessés.
La Compagnie «SURCOUF» opère chaque jour des actions de patrouille sur Dinéault cote 248 et les 3 Canards d'où elle rapporte des renseignements précieux qui seront exploités quelques jours plus tard au cours de notre action offensive vers Sainte-Marie du Ménez-Hom.
Le 18 août toujours, une section de la Compagnie «BAYEUX», en embuscade à la sortie de Plomodiern, voit venir vers elle un convoi hippomobile allemand et 50 hommes; bénéficiant de la surprise la section fait feu de toutes parts et 25 Allemands de plus, dont 10 tués, demeurent sur le sol, les autres se regroupent et ajustent un tir de mortiers sur la section qui se replie sur Saint-Gilles après avoir reçu un appui de feu sérieux de la part du Groupe «KENAVO» qui, une heure auparavant, revenait de Gorre Rible.
Le 19 août, rien à signaler de particulier si ce n'est que les paysans viennent de confirmer le résultat de l'accrochage de la veille au Nord de Plomodiern. Sur l'ordre du Colonel PASSY de l'E.M. du Général KOENIG, des barrages sont établis à tous les points cruciaux du secteur du Bataillon.Ces barrages sont tous gardés et comme conséquence les patrouilles diminuent d’intensité.
La Compagnie «BAYEUX» récupère du matériel téléphonique et se relie immédiatement au P.C.
Les patrouilles effectuées par les Compagnies «Surcouf», «Bayeux», «Corentin Cochennec» et «Cartouche» ne donnent aucun résultat.
Journée du 20 août 1944 : à 10 heures du matin une colonne ennemie descend vers Kervigen lieu de prédilection pour les réquisitions. Elle est accueillie par le Corps-Franc de Corentin Cochennec ; mais l'embuscade est mal tendue et les boches étaient sur leurs gardes ; un tir de mortiers ajusté oblige le Corps-Franc à se replier immédiatement.
Une patrouille «CARTOUCHE» sort en vain sur la route de Plomodiern-Saint-Nic ou on venait de lui signaler un mouvement de troupes ennemies.
Le Corps-Franc du Capitaine DAMPIERRE fait son apparition dans le secteur de Plomodiern, nous lui adjoignons deux sections en renfort et occupons Plomodiern.
Le 21 août le Corps-Franc de la Compagnie «BAYEUX», composé du Chef Yvenat et 5 hommes, pousse jusqu'à Sainte-Marie du Ménez-Hom et poursuit son action sur le village. Elle est surprise par cinq Allemands qui ouvrent immédiatement le feu, les Allemands et les nôtres se replient sans perte.
La Compagnie «CORENTIN COCHENNEC» est relevée du secteur et sa place est occupée par un bataillon de Quimper commandé par le Capitaine BELLAN. Liaison réalisée avec Capitaine BELLAN et Commandant PHILIPPOT, Commandant l'arrondissement de Quimper. La Compagnie de CARHAIX, commandée par le Lieutenant P. LE GOFF remplace CORENTIN COCHENNEC et est placée en réserve d'action immédiate sur la Garenne Kerlaziou.
Le secteur du Bataillon se rétrécit à la suite de ce renfort. Nos actions de patrouilles de contact vont s'affermir en liaison étroite avec toutes les compagnies du bataillon.
Journée du 21-8-44 - Secteur calme R.A.S.
Journée du 22-8.44 - Le Groupe «KENAVO», 2 sections «CARTOUCHE», section de la Compagnie «RICHELIEU et le P.C. Bataillon s'installent définitivement à Plomodiern. Des barrages sont établis sur toutes les routes qui mènent à Plomodiern.
Journée du 23 août 1944.
Le Corps-Franc de «CARTOUCHE» descend jusqu’à Lesloys où il rencontre deux Allemands qu'il abat.
Corps-Franc de la Compagnie «NORMANDIE», qui se distinguera jusqu'à la prise du Ménez-Hom, fait une action sur Coat-Yfinec où il rencontre à la ferme San-Séau un groupe d'Allemands se ravitaillant. Deux Allemands sont tués, les sept autres évitent la bagarre et s’enfuient.
Journée du 24 août: La Compagnie «SURCOUF» est relevée, remplacée par la 2e Compagnie du Huelgoat et une Compagnie de Berrien-Scrignac, et la Compagnie «BAYEUX» par la Compagnie «NORMANDIE».
Le 5 groupe de la Compagnie «CARTOUCHE» part en patrouille sur les 3 Canards où elle rencontre aux abords immédiats du carrefour un groupe de neuf Allemands; des coups de feu sont tirés de part et d'autre et les Allemands perdent à nouveau trois hommes sûrement tués.
Le Corps-Franc de la Compagnie «CARTOUCHE» pousse une patrouille aux sorties de Plomodiern en liaison avec une patrouille du Bataillon de Quimper. A Lesloys il rencontre 2 Allemands isolés sur lesquels nos hommes ouvrent le feu, un Allemand est tué, le deuxième peut s'enfuir à la faveur d'un tir de mortiers dirigé sur les nôtres. Nous perdons ce jour-là le maquisard CALFETER atteint d'une balle en pleine poitrine par un de ses camarades au cours d'un bousculade.
Les Corps-Francs de «NORMANDIE» et de «CARTOUCHE», toujours sur la brèche, cherchent à intercepter les Allemands qui viennent ravitailler Lescobet, mais en vain, car les Allemands sont trop nombreux et sur leurs gardes.
Les Américains arrivent dans le secteur; nous établissons aussitôt une liaison étroite avec les chefs des colonnes blindées et une action d'infanterie très délicate à mener avec des combattants mal instruits va se réaliser et les exploits de nos petits gars se compter sans cesse.
Le Colonel EON, Commandant les F.F.I. de Bretagne, le Lieutenant LE GALL, Commandant le secteur de la Presqu’ile de Crozon, donnent au bataillon des ordres fermes et dès le 26 août 1944, les Compagnies «RICHELIEU», «NORMANDIE», «CARTOUCHE», Groupe Plomodiern, vont réaliser, au nez et à la barbe des Américains, une avance en territoire ennemi sans avoir reçu le moindre appui de leurs blindés.
Nous conservons nos positions acquises jusqu'au lendemain puis, après un tir effectué par un blindé américain à 400 mètres de Sainte-Marie, l’infanterie d'assaut du Bataillon, constituée par une section de la Compagnie «RICHELIEU» et commandée par Jean PONTHOU, une section de la Compagnie «NORMANDIE» et le Corps-Franc de cette même compagnie, vont occuper Sainte-Marie du Ménez-Hom. Une reconnaissance effectuée auparavant par le Chef de Bataillon sur Sainte-Marie du Ménez-Hom à travers les champs de mines assurait aux Américains qu'il n'y avait plus un Allemand au village mais qu'il était indispensable que leur équipe de déminage se mette au travail pour nous permettre de nous installer dans les meilleures conditions.
Ce à quoi nous nous attendions advint. Un tir de mortiers ajusté sur Ste-Marie crée une légère panique au sein de nos sections. 3 hommes sont blessés éclats, 5 hommes sautent sur des mines. Evacuation des blessés par une ambulance américaine qui se risque aux premières lignes.
Dix prisonniers faits dans la nuit par le Corps-Franc de «NORMANDIE» assurent le déminage du secteur.
La section de «NORMANDIE» nous ramène également 5 Allemands au P.C.
Le 28 la Compagnie «CARTOUCHE» prend position à Sainte-Marie où elle est accueillie par un bombardement de mortiers très violent; mais les hommes ont pris la précaution de s'enterrer et seul un blessé léger est évacué; néanmoins quelques armes, dont un F.M., demeurées sur le talus, sont rendues inutilisables par le bombardement. Tout le Bataillon va de l'avant et s'installe à 248, Sainte-Marie du Ménez-Hom, Kergaoc, Stang ar Vennoc, laissant à 1,500 km derrière lui le Bataillon de Quimper. Les blindés américains sont toujours aux 3 Canards. L'avance est réalisée uniquement par notre infanterie et, désormais, nous collectionnerons les prisonniers dont la plupart sont faits par les C.F. des Compagnie «NORMANDIE», «RICHELIEU», Groupe «KENAVO». Les armes récupérées sont immédiatement servies par le groupement de Plomodiern et une section de Morgat rattachée à la Compagnie «RICHELIEU».
La Compagnie de CARHAIX, en réserve d’action immédiate à Pratiganec, qui avait reçu l’ordre combler en partie le trou existant entre le Bataillon «NORMANDIE» et le Bataillon de Quimper, fait des difficultés pour monter en ligne. Les mauvaises têtes sont désarmées et renvoyées sur Carhaix. Le Lieutenant P. LE GOFF demeure avec une cinquantaine de gars et, en liaison avec la Compagnie du Capitaine FER et la Compagnie «RICHELIEU», exécute sa mission.
Néanmoins les boches demeurent agressifs et le 29 ils tentent une contre-attaque par la gauche appuyée par un violent tir de mortiers qui oblige l'infanterie américaine forte de 30 hommes à lâcher ses positions avancées. Mais nos hommes tiennent bon et reçoivent sans sourciller un bombardement de mortiers durant quatre heures. Seuls 3 blessés légers chez nous, qui refusent de se laisser évacuer.
Le Corps-Francs de «NORMANDIE» fait encore, dès la première partie de la nuit, une dizaine de prisonniers, la plupart armés.
Dans la nuit du 29 au 30 quelques éléments du Corps-Franc «NORMANDIE» du Corps-Franc «RICHELIEU» accompagnés et conduits par un chef de section de la Compagnie de Plomodiern, s'aventurent sur la cote 246 d'où ils ramènent une compagnie de Russes forte de 87 hommes dont 3 officiers. Les armes sont récupérées et immédiatement servies. Les prisonniers sont remis aux Américains qui les dirigent sur un camp.
La Compagnie «NORMANDIE» a également à son actif une vingtaine de prisonniers, tandis que la Compagnie «CARTOUCHE» en place à Kergaoc en fait quatre. La Compagnie «LE GUERN» de Plonévez-du-Faou, deux.
Les Allemands continuent à nous bombarder et à nous mitrailler dans la journée du 30. Les blindés américains sont toujours aux 3 Canards et au-delà, quelques canons tirent sur 246, 299 et 330. L'aviation alliée intervient également mais, le tir effectif au 330 a été réalisé par nos artilleurs français qui placèrent un tir magnifique sur la position fortifiée du Ménez-Hom (330).
Le 30 août 1944, en accord avec les Américains, je fais cesser le tir d'artillerie sur 299 pour permettre au C.-F. de «NORMANDIE» d'y pousser une reconnaissance, à deux reprises 8 hommes de ce groupe tentent l'encerclement d'un blockhaus en vain ! Vers 15 heures cependant, ils réussissent avec une audace inouïe à pénétrer dans le blockhaus et font prisonniers 7 Allemands sur 9, deux d'entre-eux ayant réussi à fuir et à donner l'alerte. Nos gars redescendent vers Stang ar Venoc avec leurs prisonniers, mais sont mitraillés de 246 et de 330. J.-P. Gourvest est blessé à l'épaule mais les prisonniers ne sont pas lâchés et fourniront aux Américains des renseignements précieux que leur artillerie exploitera ainsi que l'aviation alliée. Nous récupérons encore du matériel, armes individuelles, grenades, mitrailleuses allemandes, etc…
Les prisonniers allemands affluent de toutes parts et chaque compagnie en compte à son actif un lot important. Tous sont récupérés par les Américains.
Le 31 août le C.-F. de «NORMANDIE» tente d'achever la récupération des armes de la cote 299 mais, avant que nous puissions tout emporter, un feu nourri, en provenance de 246, nous accueille et nous devons nous replier sur Stang ar Venoc; mais dans la nuit du 31 au 1er, des actions incessantes de patrouilles sur 163, 246, 299 et 330, vont rendre la vie intenable aux derniers défenseur des hauteurs du Ménez-Hom. La Compagnie
d'Huelgoat, liaison avec la Compagnie «CARTOUCHE», effectue une action «en force» contre le Ménez-Hom. Les mortiers de 60 de la Compagnie d'Huelgoat réalisent l'exploit de faire déloger les derniers boches du Ménez-Hom permettant le lendemain à quelques éléments du C.-F.«NORMANDIE» et «RICHELIEU», d'occuper sans coup férir le MENEZ-Hom où il ne demeurait plus que quatre Allemands.
La Compagnie «RICHELIEU» pousse quelques éléments sur 246 et y cueille les derniers défenseurs sans occuper la position.
Le 1er septembre 1944, le Ménez-Hom est occupé par la Compagnie «NORMANDIE»; la Compagnie «LE GUERN» de Plonévez-du-Faou recueille 5 prisonniers russes; la Compagnie «NORMANDIE» 9 prisonniers. La Compagnie «RICHELIEU» et le Corps-Franc de «NORMANDIE» occupent 246 et 299 pendant que le Bataillon de Quimper dépasse la cote 163 et fonce sur Saint-Nic derrière les blindés; le groupe Plomodiern, qui a fourni à ces derniers la majorité des guides, part, sur mon assentiment avec le Bataillon de Quimper. Le Bataillon «NORMANDIE» reçoit l'ordre de demeurer sur les hauteurs du Ménez-Hom pour récupérer le matériel abandonné par les Allemands pendant que les colonnes blindées américaines, trouvant maintenant le champ libre devant elles, foncent sur Telgruc-Argol.
Matériel récupéré sur les hauteurs du Ménez-Hom :
- 2 canons 77 avec munitions ;
- 1 mortier de 81 avec munitions :
- 3 mitrailleuses Hotchkiss avec munitions et 3 canons de rechange;
- 3 canons de 20 ;
- 5 mitrailleuses légères allemandes et russes ;
- 1 mitrailleuse lourde allemande ;
- des appareils téléphoniques:
- 16 mausers avec munitions ;
- 1 caisse de grenades offensives;
- 30 grenades à manche;
- 1 projecteur, etc.
Châteauneuf-du-Faou, le 20 septembre 1944.
Le Capitaine BERNARD,
Commandant le Bataillon «Normandie».
Voir sur le site : LITTOUX Eugène
Le 25 juillet, 50 jours après le débarquement, les forces alliés sont encore bloquées dans le Cotentin et en Basse-Normandie.
Le 26 juillet 1944, les Américains du Général PATTON crevaient le front allemand à Avranches. Au soir de cc jour, ils passaient au compte-gouttes sur le pont de Pontaubant, à portée de grenade des parachutistes allemands ..
Le général allemand qui commandait le front a écrit, il y a 10 ans, que s'il avait pu recevoir le renfort des parachutistes de RAMCKE, qui s'étaient mis en mouvement depuis l'Ouest de la Bretagne, il aurait cloué sur place et refoulé, sans doute, les forces américaines.
Que se serait-il passé ?
Sans doute, le destin de la guerre n'eût-il pas été modifié. L'Allemagne hitlérienne était déjà condamnée.
Mais nous savons qu'il s'en serait suivi un ou plusieurs débarquement à la pointe de Bretagne, c'està-dire des bombardements en tapis, si tragiquement connus. C'est-à-dire des morts par dizaines de milliers, des ruines amoncelées.
Or, depuis les premiers jours d'août, les chars américains étaient sous Brest, après avoir traversé la Bretagne sans pratiquement rencontrer les Allemands.
C'est que la Bretagne insurgée s'était levée. Pas une route, pas le moindre chemin, pas un pont n'était libre pour les soldats hitlériens. Des hommes presque sans armes avaient disloqué la machine de guerre éprouvée des Allemands et mis en déroute la tristement célèbre division de parachutistes du Général RAMCKE.
EINSENHOWER lui-même a dit que son plan de guerre fut avancé de 6 semaines.
Sans doute avons-nous eu des morts. Sans doute des femmes et des enfants furent-ils suppliciés par les barbares que d'aucuns voudraient réhabiliter, sans doute la trahison de quelques individus et en particulier celle de ces soi-disant autonomistes bretons d'alors qui avaient lié leur sort à HlTLER nous ont-ils coûté bien des drames, mais combien de vies sauvées !
Et quelle fierté d'avoir soi-même conquis sa liberté ! Quelle fierté de recevoir les soldats venus d'audelà des mers comme des compagnons d'armes qui se saluent et non comme des sauveurs attendus à qui l'on doit tout.
Voilà cette page que nous avons vécue, dite, sinon redite.
LE FINISTERE DANS LA GUERRE - 39 -45 - DEVOIR DE MEMOIRE -
Les anciens résistants du Menez-Hom.
Compagnie Richelieu.
A Cast le 15 août 1948.
Archive d'Yves L'Helgoualc'h.
1.Hervé Provost du Créach à Cast. 2. Jean Pierre Gestin de Mengleuz à Cast. 3. Jean Pennanéach de Kernaou à Cast. 4. Yves L'Helgoualc'h de Tréfry en Quéménéven. 5. Pierre Hascoët du Créach à Cast. 6. Jacques Hascoët de Bodennec Vras à Cast. 7. Louis Douérin de Plomodiern. 8. Joseph Bidan de Cast. 9. Pierre Coeur de Pouloupry à Cast. 10. Jean-Pierre Mauguen de Pouloupry à Cast.
Combats du Menez-Hom, août 1944
Mesdames, Messieurs, Mes anciens camarades de combats
Nous sommes réunis en ce lieu, pour la commémoration du 70 ème anniversaire de la chute du Menez-Hom, point fort de la défense Allemande de la presqu’ile de Crozon, où se tenaient, environ 12000 Allemands, sans compter les mercenaires, Caucasiens et autres
Le colonel EON, à la tête des Résistants, s’emploie à tenter de réduire la défense Allemande du 17 au 26 août, puis, à compter du 27 août avec le soutien des chars de la cavalerie US
Prennent position :
Le «bataillon « Normandie »,…. compagnies : Cartouche, Bayeux, Marat, Surcouf, Richelieu, ……et la Compagnie de Plonevez du Faou
A sa droite, le bataillon « Stalingrad »,…… Compagnies : Châteaulin, De Gaulle, Ténacité, et Victoire, ce bataillon est commandé par le lieutenant, parachuté, « Equivalence », qui sera blessé le 28 août, et remplacé par le lieutenant Paul Bidauld, qui prend provisoirement le commandement
Arrivent également le bataillon »Bellan » de Quimper : 5èmè, 6ème, et 7ème compagnies, renforcé par la compagnie jean Simon du bataillon « La Tour d’Auvergne » de Quimper
En retrait sur Ploeven, la batterie d’artillerie du capitaine Espern, rattachée au Bataillon »Angéli » de Quimper, entre en action le 19 août, avec ses canons de divers calibres pris aux Allemands
Cela fait environ 2000 FFI-FTP, ils ne seront jamais plus de 3000
Le 21 août, quelques véhicules blindés légers Américains arrivent dans le secteur du bataillon « Bellan » de Quimper, il s’agit en fait de reconnaissances légères dont fait état le commandant Philippot, ….destinés effectivement à se montrer pour faire illusion sur un soutien Américain ! ……..le soir, chaque soldat a un sac de couchage confortable, et dort sous la tente collective……tandis que nos hommes, en ligne, sont installés dans les fossés, avec parfois un peu de paille, mais aussi, bien souvent, dans un trou creusé dans la terre,….et…sans couverture !... « Les compagnies, très mal équipées ne pourront résister plusieurs jours sous l’orage » signale le lieutenant Bernard au colonel Berthaud au pied du Menez-Hom ; les chaussures, les vêtements sont en très mauvais état !
Le 22août, le colonel EON, s’est rendu de nouveau au PC du général Américain, pour insister sur l’envoi de chars et artillerie, pour renforcer les unités FFI-FTP, le général promet l’envoi d’un détachement de cavalerie motorisée sous 48 heures
« Les Américains arrivent enfin jusqu’à nous ! » signale la compagnie DE Gaulle ; ils font aussi une reconnaissance aux approches du Menez-Hom avec la compagnie Calloc’h ; ….de même source le 26 août, une colonne Américaine très importante avec autocanons et chars, s’avance vers la presqu’ile, semblant vouloir prendre position
Le colonel EON, installe son PC à Plomodiern le 27 août, les commandants Américains des deux colonnes en opération, pourront être joints : le lieutenant Anderson « aux 3 canards », le lieutenant Wilson à Dinéault
Ce dimanche 27 août, au début de l’après-midi, le commandant FFI- FTP, transmet l’ordre d’attaque générale pour la possession des crêtes du Menez-Hom. Avec nos armes légères, nous ne pouvons neutraliser mitrailleuses lourdes et mortiers…….l’unité américaine n’a pas bougée ! Elle pourrait pourtant, efficacement, neutraliser les armes lourdes……sans doute n’a-t-elle pas d’ordre ! Nous avons l’impression qu’il n’y a aucune coordination entre eux et nous…..la suite des évènements le démontrera d’une façon assez tragique !
Le 28 août, les combats se poursuivent sur l’ensemble du front….Le 29 l’équipe Jedburgh, parachutée en juillet et qui a participé à la libération de Concarneau, rejoint à Ploeven le PC du commandant Philippot
Il pleut le 30 août…….l’ordre donné aux Compagnies « Victoire », « Châteaulin » et « De Gaulle » d’occuper Keraliou, Cosquer et Kervili est reporté au lendemain……
Dans la nuit du 31 août et 1er septembre, le chef de la Cie « Richelieu » reçoit la reddition d’Allemands….il s’agit de 87 Russes dont 3 officiers, qui sont remis aux Américains
Le 1er Septembre, à 13 heures,….. Henri Birrien de Châteauneuf du Faou, plante le drapeau Français sur le sommet du Menez-Hom…………..Les Allemands sont partis……………
Nous les retrouverons plus loin…………………………………..
Je vous remercie
Eugène Littoux.
Le 25 juillet, 50 jours après le débarquement, les forces alliés sont encore bloquées dans le Cotentin et en Basse-Normandie.
Le 26 juillet 1944, les Américains du Général PATTON crevaient le front allemand à Avranches. Au soir de cc jour, ils passaient au compte-gouttes sur le pont de Pontaubant, à portée de grenade des parachutistes allemands ..
Le général allemand qui commandait le front a écrit, il y a 10 ans, que s'il avait pu recevoir le renfort des parachutistes de RAMCKE, qui s'étaient mis en mouvement depuis l'Ouest de la Bretagne, il aurait cloué sur place et refoulé, sans doute, les forces américaines.
Que se serait-il passé ?
Sans doute, le destin de la guerre n'eût-il pas été modifié. L'Allemagne hitlérienne était déjà condamnée.
Mais nous savons qu'il s'en serait suivi un ou plusieurs débarquement à la pointe de Bretagne, c'està-dire des bombardements en tapis, si tragiquement connus. C'est-à-dire des morts par dizaines de milliers, des ruines amoncelées.
Or, depuis les premiers jours d'août, les chars américains étaient sous Brest, après avoir traversé la Bretagne sans pratiquement rencontrer les Allemands.
C'est que la Bretagne insurgée s'était levée. Pas une route, pas le moindre chemin, pas un pont n'était libre pour les soldats hitlériens. Des hommes presque sans armes avaient disloqué la machine de guerre éprouvée des Allemands et mis en déroute la tristement célèbre division de parachutistes du Général RAMCKE.
EINSENHOWER lui-même a dit que son plan de guerre fut avancé de 6 semaines.
Sans doute avons-nous eu des morts. Sans doute des femmes et des enfants furent-ils suppliciés par les barbares que d'aucuns voudraient réhabiliter, sans doute la trahison de quelques individus et en particulier celle de ces soi-disant autonomistes bretons d'alors qui avaient lié leur sort à HlTLER nous ont-ils coûté bien des drames, mais combien de vies sauvées !
Et quelle fierté d'avoir soi-même conquis sa liberté ! Quelle fierté de recevoir les soldats venus d'audelà des mers comme des compagnons d'armes qui se saluent et non comme des sauveurs attendus à qui l'on doit tout.
Voilà cette page que nous avons vécue, dite, sinon redite.
Ci-dessous : Le groupe FFI de Plonévez-du-Faou dans le Menez-Hom.
Source : Michèle LE BRAS
Michèle Le Bras![]()
En septembre 1994, Yves lit la presse locale et il est très déçu par l'article consacré à la commémoration de la libération du Menez-Hom, cinquante ans plus tôt.
Il adresse alors une lettre au journal pour donner sa version des faits et il y cite les noms de ses camarades déjà oubliés.
Ne recevant pas de réponse du journaliste, il décide alors de commencer à consigner ses souvenirs dans un cahier.
Dans la série d'articles qui va suivre, Yves nous raconte sa vie de clandestin à Kergoat, la peur qui ne le quitte plus et sa participation à la libération du Finistère.
"Une jeunesse gâchée" dit-il.
Lien vers l'article suivant :
https://www.facebook.com/groups/365144744745357/permalink/397431198183378/
Michèle Le Bras
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Acte 1
Souvenons-nous. (1)
Le siège de la forteresse, commence le 12 août et va durer 20 jours. Les conditions météorologiques sont défavorables, les résistants dorment dans des fossés qui se transforment au petit matin en ruisseaux, après des averses nocturnes violentes.
- d'un côté (au moins) douze mille militaires allemands puissamment armés et retranchés dans la Presqu'île de Crozon, déterminés à défendre la forteresse du Menez-Hom.
- de l'autre, deux à trois mille (selon la date à laquelle on se place) très jeunes maquisards, mal habillés, mal chaussés, à peine formés, armés surtout de leur courage.
Au début du siège, deux bataillons encerclent le Mont :
- Côtés nord et est, "Stalingrad" commandé par le Capitaine "SOE", Marcel Siche (alias Equivalence) et le Capitaine "FTP", Auguste Le Guillou, constitué des 4 Compagnies : "de Gaulle", "Ténacité", "Victoire" et "Châteaulin".
- Côtés sud et ouest, "Normandie", commandé par le Capitaine Jean Bernard (alias Egalité), constitué des 4 Compagnies : "Surcouf", "Bayeux", "Cartouche" et "Corentin Cochennec".
D'autres compagnies et groupes arrivent ensuite en renfort :
Le groupe Kénavo de Plomodiern est présent le 17 août. Le Corps-Franc du Capitaine Dampierre, le Bataillon de Quimper commandé par le Capitaine Bellan et la Compagnie de Carhaix arrivent le 20. La présence de la Compagnie Richelieu est signalée le 22. Celles de "Normandie", du Huelgoat et de Berrien le 24.
Le 24, les Américains arrivent enfin sur place. mais ils restent en retrait du front et installent leurs pièces d'artillerie aux "Trois-Canards". Ils sont bien équipés et dorment sous la tente. Leur présence, repérée par les Allemands, a toutefois un impact sur le moral de ces derniers et a sûrement accéléré la fin des combats...
(1) Historique de la Bataille du Menez-Hom écrit par le Capitaine Jean Bernard.
A suivre ...Acte 2
https://www.facebook.com/.../permalink/2349517958629838/
Michèle Le Bras
Acte 2
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Souvenons-nous.
Le 26 août 44
Les résistants harcèlent les Allemands depuis déjà 14 jours, par leurs patrouilles de jour comme de nuit, les empêchant ainsi de venir se ravitailler dans les fermes des environs. L'étau se resserre sur eux.
Le 27 août, le tir d'un blindé américain sur Sainte-Marie du Menez-Hom fait fuir les Allemands et l'infanterie d'assaut du Bataillon Normandie, commandée par le sous-lieutenant Jean Ponthou (Compagnie Richelieu) prend le village, "sans coup férir".
Mais le terrain est miné.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Et les Allemands se ressaisissent en tirant sur eux au mortier. Pendant son repli, le groupe de Jean Ponthou enregistre des pertes : 9 hommes sautent sur des mines et 3 sont grièvement blessés par éclats d'obus. Les morts et les blessés sont évacués par une ambulance américaine qui ose s’aventurer en première ligne. Jean Ponthou, bien que blessé, refuse de se faire évacuer.
Le harcèlement des Allemands continue et les prisonniers capturés sont employés au déminage malgré les observations désagréables que ne manquent pas de faire de nous les Américains".
Témoignage d'un agent de liaison de la Compagnie Richelieu :
"A Sainte Marie du Menez-Hom, sur notre aile droite, nous avons eu beaucoup de blessés : les tirs de mortiers et les mines ont fait beaucoup de ravages.
Petit Claude, Guy Cornec, Guillaume Férec et combien d’autres se sont trouvés amochés. Roger Nédélec a pris Guy sur son dos. Arrivé à Ste Marie, il a trouvé Jean Coulloch qui, en brouette, l’a descendu à Plomodiern : drôle de Croix-Rouge" !
A suivre...Acte 3
https://www.facebook.com/.../permalink/2349531438628490/
Michèle Le Bras
Acte 3
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Souvenons-nous.
Les prisonniers allemands :
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Dans la nuit du 29 au 30 Août, vers quatre heures du matin, une compagnie entière de Russes, dont trois officiers, se rendent sans combattre au Lieutenant Henri Laouenan commandant la Compagnie Richelieu. Désarmés et allégés de leurs bottes, ils sont confiés aux Américains."
Témoignage d'un résistant de la Compagnie Richelieu présent cette nuit-là :
"80 soldats Allemands, les meilleurs soi-disant, se sont rendus à Stang-ar-Vennig au Lieutenant. Ils avaient déposé leurs armes dans une fermette et, avec drapeau blanc, se sont rendus. Quel changement d’attitude, lorsqu’ils ont vu qu’ils avaient affaire à des « terroristes », eux qui croyaient se rendre aux Américains. Trop tard les amis ! Nous leur avons imposé les mains sur la tête. J’ai pour ma part choisi dans la bande un gradé et lui ai troqué ses belles bottes contre mes brodequins qui n’avaient plus de semelles. Ce n’était pas bien méchant … mais quelle gueule, ils faisaient ! Un groupe les a escortés jusqu’à Plomodiern".
Témoignage de Jean Hourmant :
"Au cours de la nuit suivante, mes supérieurs me désignèrent pour monter la garde en compagnie d'un soldat Américain, sur la route menant du Ménez-Hom au village de Tol ar Braz. Il pleuvait. Vers 3 h du matin nous entendîmes un fort bruit de botte, marchant sur la route, qui nous a fortement inquiété. Nous vîmes alors s'avancer vers nous un long drap blanc que tenaient onze jeunes Allemands, manifestement désireux de se rendre aux Américains. Ayant compris le sens de leur démarche, nous nous rendîmes tous ensembles au PC, pour les remettre au lieutenant Laurent Le Guern. Observant la réaction de certains camarades éprouvés par l'offensive nazie, j'ai dû crier haut et fort que ces soldats, qui s'étaient rendus sans violence, soient remis aux Américains et traités comme prisonniers de guerre, ce qui eu pour effet de les épargner.
Sur ordre des officiers nous encadrant, ces jeunes Allemands furent remis aux alliés Américains, mon frère Maurice (aujourd'hui décédé) qui parlait couramment leur langue étant en mesure de fournir les explications nécessaires. Ces Américains (qui n'avaient encore jamais vu de soldats Allemands) nous ont exprimé leur satisfaction, nous offrant des cartouches de cigarettes, des chewing-gums, du chocolat et des bidons d'essences. Avant de quitter le poste de commandement des Américains, je ne peux m'empêcher de me souvenir du regard de reconnaissance de ces jeunes Allemands qui ont vu la mort de très près. C'était de jeunes combattants de mon âge qui n'avaient pas eu d'autre choix que de participer à cette deuxième guerre mondiale. Je suppose que, si certains sont encore en vie, ils se souviennent de cette journée du 1er septembre 1944 et de celui qui a imposé sa loi leur permettant d'avoir la vie sauve. J'aurais été heureux de revoir au moins l'un d'entre eux. Malheureusement, c'était la guerre et je n'ai jamais eu aucun renseignement quant à leur identité."
A suivre ...Acte 4
https://www.facebook.com/.../permalink/2349534441961523/
Michèle Le Bras
Acte 4
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Souvenons-nous.
L'artillerie du Porzay :
"Quelques artilleurs du Porzay ont mis sur pied une batterie FFI, sans doute la première de France. Le Capitaine Espern en prend le commandement, elle est en position à Ploéven (près de Keramporchet).
Le dimanche 27 août, il est 15H40, les hommes sont à leurs postes, la pièce de 155 est pointée et chargée "feu" !!! 14 secondes s'écoulent lorsque notre Capitaine nous crie "objectif atteint, continuez le tir". 20 poitrines poussent un hourrah ! de victoire : tous les 4 à 5 minutes 28 kg d'acier vont atterrir et éclater sur la côte 330 et cela jusqu'au soir.
Le lendemain (28), le 155 reprend son pilonnage avec la même précision, le Yed est copieusement arrosé : 2 coups au but ont été déterminants, l'un sur la génératrice électrique, l'autre sur le local de la radio, tous les deux pulvérisés.
Les FFI donnent l'assaut final, la bataille du Ménez-Hom se termine : elle est gagnée, nous poursuivons l'ennemi vers la Presqu'île.
Signé :
Le Pointeur du 155
Corentin Blouet.
Plonévez-Porzay"
Le 30 août
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Les Allemands continuent à nous bombarder et à nous mitrailler pendant toute la journée du 30. Les blindés américains sont toujours aux « Trois-Canards ». Leurs canons effectuent des tirs sur 246, 299 et 320. L’aviation alliée intervient également mais le tir effectif à la cote 330 est réalisé par nos artilleurs qui placeront un tir magnifique sur la cote 330".
A suivre ...article 5.
https://www.facebook.com/.../permalink/2350162845232016/
Michèle Le Bras
Acte 5
La conquête du Menez-Hom en août 1944.
Souvenons-nous.
Le 1er septembre,
Toutes les hauteurs sont conquises.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Mais, dans la nuit du 31 Août au premier Septembre, d’incessantes actions de patrouille vont rendre la vie intenable aux derniers défenseurs de la cote 330 du Menez-Hom.
La Compagnie du Huelgoat nantie de deux mortiers de 60, en liaison avec la Compagnie Cartouche, effectue une action de feu contre le Menez-Hom lui-même. Les derniers défenseurs sont délogés, permettant ainsi, pour le lendemain, la prise, sans un coup de fusil, des derniers éléments Allemands, plus morts que vifs et d’occuper sans perte la position fortifiée.
La Compagnie Richelieu s’emparait de son côté des cotes 299 et 256 et y cueillait les derniers défenseurs de la position.
Le lendemain 1er Septembre toutes les hauteurs étaient entre nos mains.
Le groupe Kenavo ouvre alors le passage et les blindés Américains qui, trouvent le champ libre, foncent sur Telgruc, Argol pendant que le Bataillon Bellan de Quimper, axé sur St Nic, va à son tour, prendre une part très active à la Bataille de Crozon.
Témoignage d'un résistant de la Compagnie Richelieu :
"Aussi, l’ascension a été décidée. Nous sommes partis aux environs de la route actuelle, qui, à cette époque, n’existait pas. J’étais avec le premier groupe, avec pour mission de revenir avertir le Lieutenant. Je ne me souviens que de Pierre Doaré qui, j’en suis certain, a été le premier là-haut. Après avoir constaté que le sommet était déserté, je suis redescendu rendre compte de ma mission. Je me trouvais à mi-parcours lorsque des avions américains ou anglais se sont mis à mitrailler le sommet. Certains disent qu’il y avait 2, moi j’ai toujours pensé qu’ils étaient 3. Ce jour-là Sainte Marie nous protégeait sûrement car il n’y a pas eu un seul blessé. Le Lieutenant (Henri Laouénan) en colère est monté là-haut."
Henri Birrien (membre du corps-franc du Bataillon "Normandie"), enfourche alors une moto (allemande), fonce au sommet et déploie un drapeau français. L'attaque de l'aviation cesse immédiatement. Il sauve ainsi la vie de ses camarades.
https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php…
Publié le 04 septembre 2006
Anciens combattants. Cérémonie du souvenir au Menez-Hom
Des cérémonies émouvantes, organisées par l'Anacr et les Amis de la Résistance, ont marqué, hier matin, la commémoration de la prise du Menez-Hom, emplacement-clé de la presqu'île de Crozon, face aux troupes allemandes, le 1 er septembre 1944.

Henri Birrien et Eugène Littoux se sont souvenus du 1 e r septembre 1944 sur le Menez-Hom, où ils ont contribué, par leur assaut, à la victoire de la Résistance finistérienne sur les troupes allemandes. (Photo Pierre Grall)
Des cérémonies émouvantes, organisées par l'Anacr et les Amis de la Résistance, ont marqué, hier matin, la commémoration de la prise du Menez-Hom, emplacement-clé de la presqu'île de Crozon, face aux troupes allemandes, le 1 er septembre 1944. Les manifestations, au sommet du « Yed », à 330 m, dans un épais brouillard, et devant le monument élevé près de la chapelle de Sainte-Marie du Menez-Hom, ont été rehaussées par la présence de Henri Birrien, membre du corps franc du bataillon « Normandie », qui avait planté le drapeau français sur le Menez-Hom, à l'issue de l'assaut sous la mitraille et sur des pentes truffées de mines antipersonnel. Parmi les 200 personnes rassemblées, plusieurs participants à cette lutte acharnée face à des troupes aguerries se sont souvenus de ces moments dramatiques, de Ploeven à Trégarvan, qui devaient aboutir, le 19 septembre, à la capitulation du général Ramcke, à la pointe des Espagnols. Claude Bellin, maire de Plomodiern, a rappelé « le courage et l'audace de ces jeunes hommes à qui nous devons notre liberté ».
A suivre...Article 6
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Michèle Le Bras
Acte 6
Menez-Hom
Après le 1er septembre...
Souvenons-nous.
Le Bataillon Bellan de Quimper continue sur Argol et Telgruc où il subit de lourdes pertes sous le terrible bombardement allié du 3 septembre.
Les deux Bataillons les plus éprouvés au Menez-Hom (Stalingrad et Normandie) sont relevés et peuvent enfin se reposer.
Témoignage du Capitaine Jean Bernard :
"Le 3 Septembre, le Bataillon Normandie quitte les hauteurs du Menez-Hom pour Telgruc où il demeurera encore 48 heures avant d′apprendre sa relève définitive du secteur de Crozon. Il rentre au repos à Châteauneuf-du-Faou où il procède, suivant les directives du commandement, à la constitution d’un bataillon type "RANGER"."
Le Bataillon Stalingrad se trouve à Châteaulin le 14 septembre où il est photographié par Jos Le Doaré.
La Compagnie Richelieu revient à son camp de base, le château de Tréfry (Quéménéven) pendant quelques jours, puis direction Châteaulin...
Témoignage de son agent de liaison :
" La Compagnie Richelieu a rejoint Tréfry. Nous sommes restés là quelque temps et avons profité d’un repos bien mérité. Les camarades sont rentrés chez eux et ont pu ainsi rassurer leurs parents qui, inquiets, dans l’angoisse même, voyant de chez eux, surtout la nuit, ce feu d’artifice créé par les balles traçantes, le grondement des canons et des bombes, se disaient : "est-ce qu’il va revenir ?"
Après avoir pris des forces, nous avions deux cuisinières qui nous préparaient des bons plats, toujours en costume dépareillé, nous voilà partis pour Châteaulin. Pendant une dizaine de jours, nous avons séjourné dans des baraques situées à l’emplacement du Centre Leclerc d’aujourd’hui. Ces baraques étaient infestées de punaises. Ces sales bêtes, inconnues pour nous, ne s’attaquaient pas à tout le monde. Certains, au matin, avaient la tête qui avait doublé de volume.
De Châteaulin, nous sommes partis à pied à Plonévez-du-Faou, où nous logions."
La plupart de ceux qui, du fait de leur jeune âge, n'ont pas encore fait de service militaire, signent un engagement jusqu'à la fin de la guerre. Incorporés au 118e RI, ils partent en novembre sur le front de Lorient. La guerre est loin d'être terminée.
A suivre ...acte 7
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Michèle Le Bras
Acte 7
Le monument commémoratif inauguré le 23 septembre 1984 à Sainte-Marie du Menez-Hom.
Souvenons-nous
. 
A suivre...acte 8
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Michèle Le Bras
Acte 8
70ème anniversaire de la libération du Menez-Hom.
La commémoration du 26 août 2014.
Souvenons-nous.
"Sainte-Marie du Ménez-Hom. Une cérémonie empreinte de gravité.
Eugène Littoux, ancien combattant du Ménez-Hom au sein de la 3e Compagnie de Gaulle, 2e bataillon Stalingrad...
Samedi matin, à l'invitation de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance et amis du Finistère (Anacr), une centaine de personnes sont venues commémorer la mémoire des résistants qui ont contribué à la prise du Ménez-Hom fortifié, le 1er septembre 1944. La conquête du Ménez-Hom a notamment contribué à la libération de Brest, le 18 septembre, et de la presqu'île de Crozon le 19. Eugène Littoux, qui a pris part à la bataille du Ménez-Hom, a retracé cette période. Il faisait alors partie de la section spéciale des corps francs. Une unité où il a combattu et a été blessé, au sein de la 3e compagnie de Gaulle, 2e bataillon Stalingrad, dont faisait également partie Alain Le Bris, présent à cette cérémonie. Les vétérans ont rappelé que le Ménez-Hom était défendu par plus de 12.000 soldats allemands. Annie Friant, présidente de l'Association nationale des anciens combattants de la résistance et amis du Finistère (Anacr), a plus particulièrement mis l'accent sur le courage de ces hommes, mais également des femmes qui ont permis de revoir le drapeau tricolore flotter sur la côte 334.
Un devoir de mémoire à perpétuer
Claude Bellin, le maire de Plomodiern a, quant à lui, souligné que le sacrifice de ces hommes de l'ombre ne devait pas faire oublier que la paix est fragile, tout comme le député Richard Ferrand, qui a salué, « au nom de la Nation, le courage de ses femmes et de ces hommes qui ont permis à la patrie de retrouver la liberté et que ce devoir de mémoire devait servir dans la vie de tous les jours et pour les générations futures ». Bernard Guillou, dont le père est à l'origine, en septembre 1984, de l'édification du monument à la mémoire des résistantes et résistants de ce bastion, a remercié les autorités présentes. Pour cette cérémonie spéciale, le sous-préfet de Brest, Bernard Guérin, le colonel Éric Polaillon, nouveau commandant l'école de gendarmerie de Châteaulin et de nombreux élus avaient fait le déplacement, notamment le député Richard Ferrand, les maires de Cast, de Plomodiern, de Dinéault et de l'Ile-de-Sein. Sans oublier des porte-drapeaux des différentes sections du Finistère et d'un détachement d'élèves gendarmes de Châteaulin. Après le « Chant des partisans » et la « Marseillaise », interprétés par la chorale de l'Aulne, les autorités ont honoré les soldats morts au combat par un dépôt de gerbes, avant de se retrouver autour du verre de l'amitié."
Publié le 31 août 2014
https://www.letelegramme.fr/…/eugene-littoux-ancien-combatt…
A suivre un dernier article numéroté 9...
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Michèle Le Bras
Menez-Hom - Dernier acte numéroté 9
Devoir de mémoire
Pour clore cette série d'articles, je souhaite rendre ici hommage à un résistant de l'ombre parmi tant d'autres : Yves L'Helgoualc'h (1922-2017).
Agent de liaison du Lieutenant Henri Laouénan (commandant la Compagnie Richelieu), Yves commence à consigner ses mémoires dans un cahier, après avoir lu la presse en septembre 1994 (à l'occasion du cinquantenaire des combats du Menez-Hom). Déçu de ne pas y trouver les noms de ceux qui étaient en première ligne et d'y voir d'autres qui n'ont jamais tenu une arme (sic), il alerte mais ne reçoit pas de réponse.
Yves est co-auteur de mes articles car son cahier de mémoires donne du relief aux récits officiels.
L'oubli guette maintenant les combattants du Menez-Hom : les acteurs survivants ne sont plus qu'une poignée. Certes la stèle de Sainte Marie rappelle aux passants cet évènement important pour la libération du Finistère... mais est-ce suffisant ?
Restent les livres... mais, à ma connaissance, aucun ouvrage de synthèse sur cette bataille n'a encore été publié à ce jour.
Pour tous ceux qui souhaitent faire des recherches sur ce sujet, voici les sources qui m'ont été le plus utiles :
- Les trois gros livres de Georges-Michel Thomas et Alain Le Grand "Le Finistère dans la guerre 1939-1945". Editions de la CITE. Très détaillés avec des index par noms de lieux et de personnes.
- La brochure publiée en 1984 à l'occasion de l'inauguration de la stèle de Sainte-Marie du Menez-Hom où figure le récit du Capitaine Jean Bernard sur le rôle du Bataillon Normandie au Menez-Hom.
Tous ces ouvrages sont aujourd'hui épuisés, mais il est encore possible de les trouver auprès de vendeurs spécialisés en occasion.
Sur internet : attention à la fiabilité des données publiées.
Les archives des journaux locaux sont intéressantes.
Enfin, pour le Bataillon Stalingrad, les archives d'Auguste Le Guillou, publiées par son fils Bernard, sont incontournables et faciles d'accès.
- Le pôle Jean Moulin : https://polejeanmoulin.com/page-28/page-135/
- Le blog de Bernard Le Guillou : https://bleguillou9.wixsite.com/archivesaleguillou
Pour retrouver l'intégralité de mes articles sur ce sujet, cliquez sur le lien ci-dessous pour accéder à l'acte 1. A la fin de chaque article, un lien permet de lire le suivant.
https://www.facebook.com/.../permalink/2349522518629382/
A gauche : Les deux bénévoles Jean-Pierre Le Quéau et Jean Le Guillou au pied de la stèle qu'ils viennent de restaurer.© Ouest-France
Mardi 29 novembre 2016 07:06 - Châteaulin
Plomodiern. Ils peignent les 350 lettres de la stèle de la Résistance
À Sainte-Marie du Menez-Hom, dans la commune de Plomodiern (Finistère), la stèle du souvenir des combats et des morts dus aux affrontements de la Seconde Guerre mondiale a été restaurée par deux bénévoles.
Au pied du Menez Hom, deux bénévoles font perdurer le souvenir de la Résistance.
Jean-Pierre Le Quéau et Jean Le Guillou ont repeint les 350 lettres gravées dans ce monument de granit sculpté par Guy Pavec de Landudec et inauguré en 1989.
Aujourd’hui, dix Résistants et une vingtaine de sympathisants locaux assurent la pérennité de ce travail de mémoire.
Par Ouest-France
Tableau de Paul Marzin Chef FFI
Ce tableau de Paul Marzin Chef FFI est caché du public dans le bureau du maire du Huelgoat : *Le 31 aout 1944 la section spéciale de Carhaix et un groupe d' Huelgoat parviennent en fin d'après - midi à 200 mètres du Ménez-Hom et arrosent le sommet au mortier ,mais sont contraints de rebrousser chemin.
Au cours du repli Yves Lamandé de la compagnie d' Huelgoat est mortellement blessé .Son évacuation sous le feu ennemi est impossible.
Le FFI décède vers minuit ,au moment où ses camarades réussissent à le rejoindre.
SOURCE : ANACR du Finistère
Ci dessous : cliquez sur le dossier pour le télécharger.



























