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🇫🇷QUIMPER

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 12 février 2026

📍Résumé des évènements :

Sous l’occupation allemande (1940-1944)…
Le Finistère, premier département réfractaire de France en raison du faux cambriolage des services du STO le vendredi 14 janvier 1944 et la destruction des 44 000 dossiers dans le four du boulanger d’Ergue-Gabéric, François Balès, ancien du lycée La tour d’Auvergne.
12 jeunes résistants ont organisé et réalisé cet exploit.
La Corse est libérée à l’automne 43 et Quimper est libérée en août 1944 par les résistants bretons.

Quimper, première préfecture de France continentale libérée par elle-même.

📍Date de la Commémoration : Quimper est libérée le 8 août 1944

📍Vestiges et/ou lieu de Mémoire de la Seconde Guerre Mondiale :

📍Randonnée : QUIMPER, DANS LES PAS DE LA RÉSISTANCE



LES ANNEES NOIRES
DU CANTON BIGOUDEN

Le 20 juin 1940, le déferlement des troupes allemandes, dans sa progression foudroyante vers l’ouest, parvient en bout de course, jusqu'à notre pays bigouden. Un baroud d'honneur l'a un peu retardé devant Lorient, mais à Quimper, les troupes maigres disparates, inopérantes, sont restées dans leur caserne.

C'est dans une stupeur paralysante que l a population vit le début de l'Occupation. Routes et rues se sont vidées. Derrière les rideaux des fenêtres, des regards angoissés fixent les uniformes felgraü, tandis que résonnent les lourdes bottes et que montent les
chants orgueilleux et scandés.

Pont-l'Abbé ne constitue pas un centre stratégique notable. Nos ports-abris, inaptes à recevoir des bateaux de guerre, mais dotés d'un flottille de pêche importante,
constituent avec la surveillance côtière le seul objectif puissant. Aussi, dès l'abord, le dispositif des troupes allemandes est-il assez léger, de l'ordre d'un bataillon.

A Pont-l'Abbé, les principaux bâtiments scolaires sont accaparés : l'Ecole Primaire Supérieure et le Collège Saint-Gabriel qui va abriter la Kommandantur, avec le Bureau général et la prison. Les troupes sont réparties entre Lestréminou, en Plomeur, Plobannalec et Trévannec en Pont-l'Abbé. De petites garnisons sont distribuées le long du littoral pour appuyer l’action de la Gast (police des ports plutôt que douane).

La cohabitation de l'Occupé et de l'Occupant s’installe. Le travail a repris, les commerces sont ouverts. Des soldats retrouvent leur famille, ayant échappé à l'internement. D'autres, hélas, sont cueillis chez eux et conduits dans des camions à la caserne de la Tour-d'Auvergne à Quimper. Ils ne pressentent pas que les stalags vont les retenir pendant cinq

Bien vite, la botte de l'occupant va se faire plus lourde. Dans nos ports, la vie va souffrir de la limitation de plus en plus sévère des jours et horaires de sorties, de l'insuffisance de carburant, de la désorganisation des moyens de transport et du contrôle de plus en plus pointilleux et méfiant de la Gast à la sortie comme à la rentrée au port. La fouille devient une règle.

Malgré cela, des le 22 juin 1940, à bord du « Korrigan », vingt patriotes gagnent l’Angleterre. Quatre d'entre eux, des Guilvinistes, vont établir un véritable service régulier, et embarquer, à Tréboul, à huit reprises, des volontaires pour les Forces Françaises
Libres, à bord du «Roanez ar Peoc'h». Le 24 juin, le « Notre-Dame de Bon Conseil », un sardinier de vingt pieds de quille, doté d'un moteur Beaudoin de 22 cv à essence, pouvant également marcher à la voile, quitte à minuit et demie le port de Kérity avec huit hommes à bord, tous de Penmarc'h. Après 55 heures de traversée, deux journées et deux nuits pendant lesquelles il aura fallu pomper sans arrêt, sans manger ni boire, la pinasse aborde à Sainte-Mary's, des Iles Scilly. C'est l'Angleterre et la liberté. Deux des huit hommes sont encore vivants. Parmi les disparus : Julien DUPUIS, tué le 12 septembre 1940, lors de l'expédition malheureuse de Dakar, sera l'un des premiers résistants fait
Compagnon de la Libération à titre posthume.

Contre l'occupant, dont la brutalité et la morgue grandissent progressivement, au fur et à mesure que le sort des armes tourne en sa faveur et contre le nazisme, des actes isolés de rébellion : le 20 novembre 1940, un marin-pêcheur de Saint-Guénolé, François PERON, âgé de trente ans, est arrêté pour avoir porté un coup de poing à un sous-officier commandant une patrouille, en riposte à un coup de crosse. Condamné à mort, repris après une tentative d'évasion de la maison d'arrêt de Quimper, la jambe brisée, il est enfermé dans une cellule avant d'être hospitalisé à Quimper, puis à Concarneau. « C'est près de cette ville, dans le domaine de Kériolet, que les Allemands fusillent François PERON, le 25 février 1941, allongé sur un brancard à cause de sa blessure. L'évasion dramatique de PERON, les circonstances de son exécution, la première en date dans la région de Quimper, frappent et indignent l'opinion publique. D'aucuns révisent leur jugement sur les Allemands « corrects ». (« Le Finistère dans la guerre », de G.-M. Thomas et A. Le Grand.) F. PERON sera fait Compagnon de la Libération à titre posthume par le Général de Gaulle.

En 1941, le « Vincent-Michelle » en juillet, et le «Veach Mad », en novembre, conduisent à des sous-marins des patriotes français, non sans difficultés. Fait intéressant, le « Vincent-Michelle », de Saint-Guénolé-Penmarc'h, ramène de sa mission des postes émetteurs qui manquent cruellement aux réseaux de renseignements qui, petit à petit, s'organisent. Manquent aussi des armes et des munitions. Pour le compte des F.T.P.F. le côtre « Audacieux » reçoit des containers transbordés du N51 de Daniel LOMENECH, au large de Belle-Ile. Il les transporte jusqu'aux approches de Penfret aux Glénan, où il les mouille. « L'entre-Nous » chargera quatre containers et pourra les débarquer au quai de Léchiagat, grâce au sang-froid du matelot Guillaume BODERE, lors du contrôle de la Gast. Deux barques : le « Saint-Tudy » et « L'Exploité des Mers », vont amener les autres containers au fond du port de Lesconil. A partir de novembre 1942, un bateau concarnois, le « Papillon des Vagues », fait parfois escale à St-Guénolé.

C'est que, sur 6 hommes d'équipage, quatre sont du coin : les frères René et Armand CARVAL, Michel LE GARS, Alain HELIAS. Il est l'un des maillons du réseau CND.CASTILLE que le Colonel REMY a réussi à tisser et qui, sous le nom de code « NARVAL et chaque fois que « Denise a les yeux bleus », à la B.B.C., accomplira une liaison en mer avec un sous-marin anglais, le 23 décembre 1943, avant que la Gestapo n'arrête sur les quais de Concarneau tout l’équipage qui sera déporté au sinistre camp de Mathausen.

Fin 1943, des résistants transportent au château d'eau de Pont-l'Abbé, pour le compte de « Libé-Nord », deux camions d'armes et de munitions, parachutées près de la foret du Cranou. Cette opération est contrôlée par le Colonel BERTHAUD, dont la famille est repliée à Pont-l'Abbé. Progressivement, la Résistance se structure dans divers mouvements et réseaux. Sont actifs dans le canton : les mouvements « Libération-Nord », dont le groupe originel s'est constitué autour de quelques instituteurs de Pont-l'Abbé, « Vengeance », commandé régionalement par les frères DUPOUY, jusqu'à leur déportation en Allemagne d'où ils ne reviendront pas, les F.T.P.F. rangés autour de Daniel TRELLU (futur Colonel CHEVALIER) et qui vont fournir des résistants au maquis de Spézet.

Un fait très grave : l'arrivée à Pont-l'Abbé, début 1944 d'un régiment essentiellement caucasien. La situation devient tendue... L'ennemi rendu nerveux par ses dures défaites et la prescience du grand débarquement allié, sait par ailleurs que la Résistance se renforce. Des coups de main l'avertissent que les «terroristes » guettent le moment de la lutte armée... Dans le canton, le groupe « Vengeance » est décimé. Plusieurs de ses membres sont déportés en Allemagne. Un peu plus tard, de féroces représailles vont faire de Plobannalec-Lesconil et de l'Ile-Tudy deux bourgades martyres.

Le 6 juin 1944, un fort groupement F.T.P.F. occupe prématurément Plomeur, y fait quatre prisonniers ennemis qui sont conduits et internés à Plonivel. Ils vont être libérés par les Allemands alertés et renseignés, le 9 juin. Ce jour-là, les deux frères VOLANT sont (Page 46) abattus, et une série de rafles impitoyables, jusqu'au 19 juin, va terrifier la population. 38 jeunes hommes sont arrêtés, dont 16 sont fusillés à la Torche, en Plomeur, du 15 au 23 juin. Un autre est fusillé au Collège St-Gabriel. tout comme un otage de Plomeur : son Maire : Louis MEHU. Deux des déportés du camp de Dora vont y périr. Au total, vingt-huit de ses enfants vont s'inscrire au martyrologue de Lesconil.

Dans la même période, la population de l'Ile-Tudy est plongée dans le malheur. Tout s'est mis en place le 2 février 1944 avec l'opération « Dalhia » au cœur de laquelle se trouve Yves LE HENAFF (« Fanfan »). Dans la nuit sombre et venteuse, une pinasse noire, assez ancienne, le «Jouet des Flots», mouillée devant la Grande Grève de l'Ile-Tudy, reçoit sa cargaison amenée par quatre marins-pécheurs : au total 32 hommes dont 26 doivent être conduits au large de l'Ile de Sein pour y être embarqués sur un escorteur britannique qui les transportera en Angleterre. Parmi eux, deux personnalités éminentes de la Résistance : Pierre BROSSOLETTE et Emile BOLLAERT qui rentrent à Londres, porteurs de messages importants destinés au Général de Gaulle ; de même le futur Général JOUHAUD; d'autres notabilités françaises ou anglaises, et 10 aviateurs alliés tombés sur notre territoire ou même à l'étranger et qui doivent reprendre le combat. La mer est forte, surtout après Penmarc'h, et dès le début la quille a talonné la roche. A mi-chemin de Sein, le bateau fait eau et la situation s'aggrave : le moteur est noyé tandis que l'on s'approche de la dangereuse Chaussée de sein. La voile est montée, mais emportée par le vent. Grace à un matelot courageux, une drisse est passée en haut du mât, ce qui permet de conduire le «Jouet des Flots » dans les rochers des accores de Plogoff, à Feunteun an Aod. Le débarquement est dramatique mais réussi., et le « Jouet des Flots » vite disloqué, coule. L'accueil de Plogoff est chaud, mais il faut vite se disperser. Treize résistants sont arrêtés par les Allemands soupçonneux, dont Brossolette, Bollaert, Yves Le Hénaff : seul Bollaert survivra à la guerre.

Plusieurs mois plus tard, trois marins-pêcheurs de l'Ile-Tudy sont pris dans une vaste rafle à Combrit et Plomelin, le 19 juin. Deux d'entre eux ne reviendront pas. Le lendemain, avant l'aube, une rafle implacable s'abat sur l'Ile-Tudy où presque tous les jeunes résistants sont arrêtés. Ils vont rejoindre le camp de concentration de Dora, pour un cruel destin. Seize victimes, c'est énorme pour la petite commune de l'lle-Tudy. Parmi eux, deux avaient participé au dernier voyage du «Jouet des Flots ».

Les autres communes du canton ont été relativement épargnées (Pont-l'Abbé a perdu 8 fusillés ou déportés).

Beaucoup ont survécu grâce au patriotisme de notre population, et spécialement des paysans, qui ont abrité le maquis. Grâce aux mairies où la Résistance fut presque de règle.

Après que les Allemands en fuite aient fait sauter des munitions dans un train en gare de Pont-l'Abbé, comme dans un camion près du Château, le Pays Bigouden est libéré.

Deux bataillons F.F.I. apparaissent : le « Bataillon Bigouden » et le « Bataillon Antoine Volant ». Le Bataillon Bigouden a été rejoint par des déserteurs : 29 Russes, 3 aviateurs polonais et 3 Allemands. S'y insère une section de Républicains espagnols. L'une de ses compagnies est recrutée à Plonéour, hors du canton de Pont-l'Abbé. Le 12 août, une action à Tréguennec coûte aux Allemands deux morts en combat et 72 prisonniers. A la mi-septembre, le Bataillon Bigouden participe au siège et la prise des casemates de Lézongar, à Audierne, faisant 60 prisonniers remis aux Américains, tandis que le Bataillon Antoine Volant est engagé dans la réduction de la poche de Crozon. De la fin du mois de septembre 1944 jusqu'au 8 mai 1945, chaque bataillon fournit une compagnie pour combattre sur le front de Lorient. La compagnie qui émane du Bataillon Bigouden y perd, entre autres, son capitaine, Louis LE DREZEN, tombé en opération.

D'autres des nôtres combattent et parfois meurent dans d'autres unités, dont un dans la 1" armée.

Notre canton bigouden a chèrement payé son patriotisme.


Louis LE CORRE.

LA LIBERATION DE QUIMPER

D'APRES UN RECIT
DU MAIRE DE LA LIBERATION


Dans le grand combat de la Libération, la Ville de Quimper, chef-lieu du département du Finistère et capitale de la Cornouaille se devait d'être à l’avant-garde. Plaque tournante du Sud-Finistère, Quimper joua un grand rôle dans l'organisation des départs clandestins vers l'Angleterre. Dès 1941, on dénote la présence de Centres de résistance, de réseaux, héroïques pionniers du début : réseaux «Johnny», «Cahors-Asturies», puis les organisations virent venir vers elles des volontaires : «Libé-Nord», ceux de la Libération «Vengeance», «Front National». Le débarquement du 6 juin déclencha les opérations, les postes de Maquis s'installent aux abords de Quimper. Mais l'ennemi ne tarde pas à connaître leurs existences, ceci grâce à la complicité de Français à leur solde. Le 27 juin au matin le poste installé à Guélen en Briec-de-l'Odet est attaqué par surprise, au début de l'après-midi, c'est le poste de commandement installé à Penhoat, en Kerfeunteun, le 28 à l'heure du repas de midi, c'est le tour de celui installé à Kergrenn en Ergué-Armel. Dix-sept braves devaient tomber sous les balles ennemies, après avoir subi d'atroces sévices. (La Résistance a fait ériger un monument à leur mémoire dans chacun de ces postes).

Les occupants continuent leur sombre besogne, par des arrestations massives au cours de rafles, ou individuelles, ou encore par famille entière qu'ils enferment dans l'école St-Charles, qu'ils font transformer en prison centrale, et jusqu'à la libération de Quimper, ses cellules ne se désemplirent jamais.

Dès le début de la matinée du 4 août 1944, la radio alliée annonce que la Bretagne est coupée du reste de la France par ses troupes. Aussitôt des bruits, courent, signalant la présence de détachements américains dans différents coins du département. Les Allemands s'émeuvent et commencent leurs préparatifs de départs. La Gestapo quitte la ville la première emmenant avec elle un groupe d'espions français à sa solde. Vers 11 h. les drapeaux français commencent à apparaître aux fenêtres, rue Laënnec l'immeuble de la Gestapo est mis à sac, il en est de même du garage de la Feldgendarmerie rue de Brest, au début de l'après-midi, c'est le tour de la Manutention Militaire à Locmaria et du Soldatenheim au Cap-Horn. Pendant ce temps, les officiers de la Feldkommandatur entassent archives et valises dans toutes les voitures qu'il trouvent disponibles. Le dernier Allemand n'est pas encore sorti que déjà flotte le drapeau français au lieu et place de celui à croix gammée.

Les première affiches françaises signées du Lt-Colonel BERTHAUD, chef départemental des F.F.I., apparaissent sur les murs, proclamant l'Etat de Siège interdisant le pillage et ordonnant de respecter l'ordre partout. Les détachements stationnés en différents points de la côte ont reçu l'ordre de rejoindre Brest en passant par Quimper, où en arrivant ils occupent les différentes places de la ville, tirant sans discernement sur les passants désarmés et inoffensifs. Dans la matinée de ce même jour deux soldats allemands sont tués près de la Préfecture; jugeant que ces coups de feu provenaient de là, ils s'y engouffrent, grimpent jusqu'aux combles où sont entassés de vieux papiers, il y jettent des grenades incendiaires, le feu se propage très rapidement. Les employés sont poussés dehors les mains croisées derrière la nuque et le canon du fusil dans le dos. Enfermés immédiatement à St-Charles, ils sont relâchés dans la soirée. Ce même soir également un fort détachement allemand est accueilli par des coups de feu, au Moulin-Vert, faubourg de Quimper, sur la route de Locronan, d'où il venait. Immédiatement toute la population présente est prise en otage, et obligée de marcher devant lui, pour protéger son entrée en ville et ce, jusqu'au boulevard Kerguélen, où elle est libérée, et peut rentrer chez elle.

La journée du 6 août (un dimanche) se passa sans de sérieux accrochages, il n'en est pas de même le lendemain 7 août. Brûlants de patriotisme, les F.F.L. s'opposent partout aux détachements qui tentent de forcer le passage. A Ty-Roux, route de Douarnenez, à l'Eau-Blanche, route de Coray, sur la route de Concarneau, le plus sérieux accrochage a lieu route de Brest près du Moulin de Tréqueffélec, où les patriotes postés sur les hauteurs, abrités par des talus attendent les convois essayant de rejoindre Brest. Ils sont reçus par un feu nourri, leur tuant une bonne centaine d'hommes et détruisant 7 camions. Le 8 août sentant la position intenable, la garnison allemande se prépare à partir, mais avant, elle fait sauter ses dépôts de munitions, incendie le relais téléphonique de Kerfeunteun. Vers midi les geôliers abandonnent la prison de St-Charles avec ses détenus enfermés à clef dans les cellules. Les portes sont vites cassées par le requis de la protection civile et les membres de la Croix-Rouge, où les détenus sont sortis hâves et hirsutes. La ville est occupée par les maquisards en armes, des affiches sont placardées annonçant la libération de la ville. Le 11 août la radio de Londres annonce au Monde la libération de Quimper, après 4 jours de combat et la vaillance des patriotes qui en furent les auteurs. Seul un monolithe en granit élevé au centre des Allées de Locmaria et au pied de la frondaison du Mont , perpétue le souvenir de la LIBERATION de QUIMPER.

Les jeunes étudiants, lycéens et collégiens de Quimper
ont participé très activement à la RESISTANCE dès ses débuts,
nombreux sont ceux qui tombèrent sous les coups ou furent déportés en Allemagne.






LES COMBATS
POUR LA LIBERATION DE QUIMPER
D'après allocution de BERTHAUD du 9-8-1964

«Quimper devra être libérée au plus vite» : cet objectif m'avait été assigné par l'Etat-Major de Londres.

Les opérations de guérilla dans les secteurs opérationnels pendant près d'un mois, sans le moindre répit, disloquèrent, désorganisèrent, jour après jour, nuit après nuit, le réseau de communications utilisé par l’ennemi.

17 de ces héros et leur chef périrent tragiquement sur le théâtre même de leurs exploits du Guélen 27 juin, de Penhoat et de Kergrenn.

Les combats à la grenade et au pistolet de la nuit du 4 août dans les rue de Quimper, firent prendre conscience à l'ennemi de la détermination des patriotes de ne pas attendre les Américains pour libérer leur ville.

Les sanglants engagements des routes de Coray, de Rosporden, de Concarneau, de Bénodet-Fouesnant, de Locronan et de Brest permirent aux hommes des Compagnies «Nicolas - Fer - Bédéric - Danion- Espern - Pennanéach et Le Gars de bloquer les accès de Quimper.

Le combat de la route de Brest qui engagea contre 300 Allemands la Compagnie de Briec renforcée par les sections «Cornille » et «Pennanéach»..sonna le glas des espoirs allemands à se maintenir plus longtemps a Quimper : la garnison allemande, ayant compris que le temps des escarmouches était révolu, se décida à quitter rapidement et massivement Quimper par la seule issue possible, c'est-à-dire, en direction de Crozon, vers laquelle, pourchassées de toutes parts par les Forces Françaises de l'Intérieur, les troupes allemandes refluaient.

Il était primordial que cette libération, comme l'avait demandée le Général de Gaulle, fut autant que possible l'œuvre des Français, et des Français seuls.
C'est-à-dire, sans qu'il fût forcément nécessaire pour cela de raser la ville, comme ce fut, hélas, trop souvent le cas ailleurs.

BERTHAUD, 9-8-1964.



N.B. - Le 7 août, à l'Eau Blanche (sortie de Quimper), un convoi allemand se dirigeant vers Lorient est attaqué par les Compagnies «Bayeux» et «Cartouche» (du Bataillon «Normandie»).


INSTRUCTIONS

de JUIN 1944
du P.C. de l'ARRONDISSEMENT de QUIMPER
à P.C. CANTON de CHATEAUNEUF-DU-FAOU

Extraits : L'action directe est celle indiquée par les Ordres nos 5, 10, 11 et 18 du Chef départemental F.F.I. Ne laisser aucun répit à l'ennemi. Toutes les communications téléphoniques doivent être constamment coupées (poteaux sciés en deux ou en trois). Les routes bloquées, les ponceaux doivent sauter, etc. Faire si possible de la récupération.

N.B. - La voie ferrée à Châteauneuf est actuellement très importante; presque tous les convois prennent la voie ferrée Châteaulin-Carhaix.
Prévoir un nécessaire de pharmacie dans toutes les sections.
Prévoir un service de santé - Pressentir un docteur au moins.




BATAILLON «LA TOUR D’AUVERGNE»
(du secteur Concarneau-Fouesnant-Quimper)


1" Compagnie : «Sous-Marin Curie»
(fondée par «FERNAND» (Cabellic),
blessé à Kernabat, décédé peu après à Quimperlé)

Rapport de 1944
sur les opérations militaires et coups de main
effectués par la 1° Compagnie

Février 1943 . sabotage de véhicules allemands.
Mars 1943 : récupération de 2 machines à écrire.
Mai 1943 : destruction de 4 voitures allemandes et 800 litres d'essence.

Récupération du fichier des cartes d’identité, des cachets et de 8 revolvers.

Pour les hommes des maquis :

de 2 revolvers - de vêtements - de tissus - de tabac - d'essence - d’argent.
Sabotages de 12.111 l. de gasoil plus 3.000 l. 8.000 I. d'essence - câbles téléphoniques souterrains - d'un camion - d'une draisine - de locomotives.
Déraillement : d'un train allemand (munitions et ravitaillement) pendant la bataille de Normandie (trafic arrêté pendant 4 jours), idem ligne Quimper - Brest, Quimper-Rosporden, Quimper-Pont-l’Abbé.
3 août : regroupement à Langolen. Contact avec le Groupe d’Ergué-Gabéric
Attaque contre la prison Saint-Charles à Quimper, le 4 août 1944 (pertes allemandes nombreuses).

Le Commandant de la Compagnie est libéré.
Soirée du 4 août : combats meurtriers dans Quimper près de la Poste et dans toute la ville.
Parachutages : nuit du 3 au 4 août - nuit du 4 au 5 août.
Engagement au lieudit le «Brieux».
Engagement route de Brest contre un camion allemand allant vers Brest.
16 août : en route vers Concarneau.
17 au matin : en position à Lanriec - Installation de postes avancés au Passage, face à des nids de mitrailleuses ennemis camouflés dans les talus, à 400 m. de Lanriec. Engagement : une rafale de mitrailleuse blesse 3 de nos hommes et 2 femmes du bourg.
Engagements : divers - patrouilles.
Recherche du contact à la Pointe du Cabellou avec l'aide des chars américains.
18 : attaque vers Concarneau - Chars et mortiers américains pilonnent les casemates à 16 heures. Nos hommes assurant leurs flancs, ou postes en avant de la ligne de feu. Riposte ennemie très violente (11 blessés, dont 3 grièvement dans nos rangs).
Repli vers 17 h 30.
Tenue au feu de la Compagnie tout entière : excellente.

LA RESISTANCE A QUIMPER


Le général de Gaulle, Bretons des Forces à Noël 1941, écrivait aux Françaises combattantes: « La fidélité des Bretons n'a jamais été plus grande que dans le plus grand péril que la France ait toujours connu. Parmi les bons et purs Français, marins, soldats, aviateurs qui combattent toujours pour la France, un sur trois est Breton ».

Dans le grand combat de la Libération, la ville de Laënnec et de René Madec, chef-lieu du département du Finistère et capitale de la Cornouaille, se devait être à l'avant-garde. La vie de la cité, pendant les cinq années d'occupation, fut semblable a celle de toutes les villes de France: difficultés sans nombre, exigences allemandes, résistance larvée, espoirs.

Dès 1941, puis augmentant en nombre et en force au fur et à mesure que les événements iront en s'amplifiant, on dénote l'existence de centres de Résistance, de réseaux héroïques pionniers du début : Bretons amis de l’Angleterre, Réseau Johny, Réseau Cahors - Asturies, puis les organisations qui virent accourir à elles la grande masse des Résistants: Libération-Nord, ceux de la Libération, Vengeance, Front National.

En effet c'est d'un bureau de poste, dans l'avenue de la France Libre à Kerfeunteun, que fut effectué le 2 avril 1941, la première liaison radiophonique entre Londres et la France occupée. De même, un message signé « Saint-Corentin Santig-Du », transmis par un quimpérois qui a gardé jusqu'à présent l'anonymat, fut lancé par Radio-Londres, en 1942, pour encourager la population quimpéroise à persévérer dans la lutte contre l’occupant.

Lorsque, à la demande de l'Allemagne, Vichy institua le Service du Travail obligatoire (S.T.O.), les jeunes quimpérois y répondirent par un refus quasi-total et, c'est à partir de cette époque-là que les Résistants se sont groupés et organisés en prévision du combat qui devait libérer la France.

Et, ce fut le coup de tonnerre, le 6 juin 1944. Aussitôt, une effervescence nouvelle s'empare des milieux de la Résistance. Les postes de commandement des maquis s'installent aux portes de Quimper, tandis qu'une nombreuse jeunesse prend le chemin de la lutte en armes.

Dans les jours qui suivent, des bruits timides d'abord, puis s'amplifiant de plus en plus, annoncent l'attaque imminente de la ville par les Forces Françaises de l’intérieur.

Les Allemands étaient débordés, et la Gestapo confiait à la Feldgendarmerie, une partie de sa sinistre besogne.

Les 27 et 28 juin, une rumeur de désastre va en s'amplifiant. On finit par apprendre l'atroce vérité. En effet, mis sur la piste à la suite de renseignements fournis par des indicateurs à leur solde, les feldgendarmes allemands avaient attaqué par surprise, le 27 au matin, le poste F.F.I., installé à la ferme de Guéles, en Briec-de-l'Odet puis le poste de commandement de Penhoat l'après-midi et celui de Kergren, en Ergué-Armel, le lendemain. 17 braves devaient tomber sous les balles de mitraillettes allemandes non sans avoir subi d'atroces sévices. La Résistance a fait élever dans chacun de ces postes un monument à leur mémoire.

Par la suite, durant le mois de juillet, Quimper vécut sous la terreur nazie. Les arrestations succèdent aux arrestations, les prisons deviennent trop petites. Les rafles massives s'ajoutaient aux arrestations individuelles ou de familles entières. L'école Saint-Charles, à Kerfeunteun fut transformée en prison centrale et ses cellules ne désemplirent pas. De nombreux quimpérois furent dirigés vers les camps de concentration en Allemagne et, hélas plusieurs ne sont pas revenus.

La libération de la ville se passe en 4 journées.

Le VENDREDI 4 AOUT, la radio annonce que la Bretagne est coupée par les forces alliées du reste de la France. Les Allemands font leurs préparatifs de départ. La Gestapo quitte la ville, puis les drapeaux tricolores apparaissent aux fenêtres. Vers 18 heures, une roule dense se masse sur la place Saint-Corentin et un quimpérois grimpe le long des flèches de la cathédrale pour y fixer un immense drapeau tricolore.

Dans la soirée des coups de feu sont échangés entre Allemands et F.F.L., à 23 heures le calme règne sur la ville.

SAMEDI 5 AOUT : les détachements allemands de Concarneau, Bénodet, Guilvinec, Penmarch et d'autres points de la côte avaient reçu l'ordre de rejoindre Brest en passant par Quimper. La garnison allemande de la ville, ne voyant pas d'Américains, s'était ressaisie et entendait bien faire payer cher aux quimpérois leur attitude de la veille.
Des patrouilles armées parcourent les rues, mitraillant ou arrachant les drapeaux
demeurés aux fenêtres tirant sur les passants désarmés et inoffensifs.

Vers 9 heures 15, deux soldats allemands sont tués par des francs-tireurs, l'un pont Sainte-Catherine, l'autre sur le pont du Champ de Bataille. La troupe allemande se précipite dans la Préfecture, d'où croit-elle, sont partis les coups de feu. Les Allemands y mettent le feu à l'aide de bombes incendiaires.

La bataille entre Allemands et F.F.L. fait rage par endroits. La nuit et la journée du 6 août se passèrent sans accrochages sérieux, cependant que la fusillade se faisait entendre par intermittence et que le canon continuait de tonner.

LUNDI 7 AOUT : ce fut la journée de grands combats autour de Quimper. Des accrochages sérieux ont lieu à Ty-Roux sur la route de Douarnenez, à l'Eau Blanche, sur la route de Coray, sur la route de Concarneau.

MARDI 8 AOUT : la ville s'éveille dans le calme et, bientôt, des rumeurs propagent la nouvelle que des pourparlers seraient engagés entre la Croix-Rouge et les 2.000 Allemands qui gardent la ville.

Les pourparlers n'aboutissent pas et les Allemands fuyaient, couvrant leurs arrières.

Un sérieux accrochage a eu lieu route de Brest, à Tréqueffélec où la Compagnie de Briec-de-l'Odet, armée de 17 fusils-mitrailleurs, 101 fusils et 69 mitraillettes, anéantissait un
convoi allemand se dirigeant vers Brest.

Après ce combat, les maquisards en armes occupant la ville et les affiches annonçant la libération, sont placardées.

Le 11 août, la radio anglaise faisait connaitre au monde la libération de Quimper après 4 jours de combat et la vaillance des patriotes qui en furent les auteurs.

Un simple monolithe de granit, au centre des allées de Locmaria et au pied des frondaisons du Mont-Frugy, perpétue le souvenir de la libération de Quimper.

RESUME DETAILLANT LA LIBERATION
DU SECTEUR 1 DE LA REGION QUIMPEROISE,

du 6 juin au 7 juillet 1944, Capitaine MONTEIL,
du 8 juillet à la fin, Capitaine LAUTRIDOU.

Le 6 juin au matin avec le Capitaine MONTEIL nous rejoignons tous les deux la ferme Ker-Yen, située à environ 3 km à gauche de la route de DOUARNENEZ, propriété de M. et Mme LE VIOL. La question de notre hébergement était réglée d'avance. Nous étions logés dans les dépendances, les repas pris à la ferme. Nous étions 10 de prévus au maximum. 3 ou 4 n'y venaient que la nuit pour les opérations que nous effectuions selon les circonstances par demi-groupe de trois ou quatre à peu près toutes les nuits. Sabotages des lignes téléphoniques aériennes ou souterraines, et des voies ferrées de QUIMPER à BREST, à DOUARNENEZ ou à PONT-L'ABBE, abattages d'arbres en travers des routes, déplanter les piquets mis en terre par l'occupant pour éviter des parachutages. Au début de la seconde quinzaine de juillet, le Capitaine MONTEIL prend le commandement du SECTEUR N° 2 à la place du Capitaine BELLAN, arrêté par la Gestapo, et moi je prends le commandement du SECTEUR I. Les occupants ayant pris trois de nos postes de commandement de secteurs, par mesure de précautions nous avons dû déménager deux fois avant d'occuper le camp d'aviation de PLUGUFFAN, par la suite l'Ecole de PENANGUER à l'entrée de QUIMPER par la route de Pluguffan.

De là nous avons participé à différentes opérations toutes en dehors de notre secteur. Le 26 août à LESVEN où nous avons récupéré 15 fusils et 2 mitrailleuses légères, et fait 7 prisonniers. La Compagnie se regroupe à LOCRONAN, d'où elle part en direction de la cote 163 pour relever la 6e Compagnie à LESLOYS et KERBENNEC. Vers 21 h, 2 sections accompagnées d'une section américaine prennent position sur la cote 163. Le lendemain, vers 10 h, elles sont prises à partie par des éléments allemands qui essaient de les déborder par la droite. Le D.L. LOO américain se trouvant près de moi, à ma demande il déclenche un tir de barrage par ses chars qui sont en position en arrière de PLOMODIERN, l'attaque est stoppée nette, j'ai 2 blessés légers. L'après-midi la Compagnie reçoit le renfort de 2 sections de la Compagnie de PLOGASTEL, et reprise de la progression en direction de ST-NIC qui est prise rapidement, et nous continuons par TELGRUC, nous occupons au passage un bois de pins, où nous récupérons de nombreux prisonniers, 1 mitrailleuse lourde, 3 légères, 3 fusils-mitrailleurs, 25 fusils. J'ai eu 2 blessés graves. Nous continuons et dépassons le bourg de TELGRUC, nous nous installons sur la gauche de la cote 133 pour passer la nuit, le lendemain nous devions continuer sur TAL-AR-GROAS, mais le bombardement américain nous a arrêtés. Le 4 septembre nous sommes rentrés à QUIMPER, le 11 départ pour PONT-CROIX, le 14 départ de la Compagnie pour ESQUIBIEN avec 2 sections de PLOGASTEL, déjà sur place, pour participer à l'attaque de la poche LEZONGAR.

C'est la dernière opération pour le Sud-Finistère. Avant mon départ pour la poche de LORIENT.

Alain LAUTRIDOU.


RESUME DES ACTIVITES DE LA COMPAGNIE
DES FORCES FRANÇAISES DE L'INTERIEUR
DE PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN


La résistance a été organisée dans le canton de Plogastel-Saint-Germain sous la responsabilité de Monsieur Léon GORAGUER.
La Compagnie F.F.I. de Plogastel a été mise sur pied à partir du 1ª octobre 1943 et avait reçu la mission de se préparer en vue des combats de la libération.————-
Elle a été rassemblée le 4 août 1944 à l’école publique de Plogastel. Malheureusement à cette date, seule une section (35 hommes) a pu être armée (un parachutage avait été prévu au mois de juin 1944 à «Peumerit», mais il avait été décommandé au dernier moment, alors que tout le dispositif pour recevoir le matériel était en place).
J'ai pris le commandement de cette section.
Le 12 août à Tréguennec et le 23 à Pouldreuzic (baie d'Audierne), après quelques résistances de la part des marins allemands qui s'étaient rassemblés sur la côte à la suite des combats navals, la section a fait 89 prisonniers et récupéré des armes et des munitions.
Le 26 août, elle a participé aux combats de Lesven (Beuzec-Cap-Sizun).
Du 31 août au 4 septembre, rattachée à la 1" Compagnie du 2º Bataillon de Quimper, elle a participé aux combats du Ménez-Hom. Le 1e Septembre au soir elle occupait les hauteurs ouest de Telgruc. Le 2 elle a subi les attaques de l'aviation d'assaut alliée et les bombardements de l'aviation américaine. Heureusement que le terrain offrait par ses talus et ses fossés profonds, une protection naturelle, ce qui a, sans aucun doute, évités des pertes à la section.
Du 11 au 21 septembre, la Compagnie a pris part aux opérations contre les troupes allemandes retranchées à Lézongar (Audierne). Avec les armes et les munitions qu'elle avait récupérées à Saint-Nic après les combats du Ménez-Hom, elle avait pu équiper une centaine d'hommes. Les Allemands se sont rendus le 21 septembre.

A Plogastel-Saint-Germain, le 26 mars 1984.

Le Lieutenant-Colonel Jean-Louis BARS.


LE CORPS-FRANC «MARCEAU»
DU LYCEE LA TOUR-D'AUVERGNE
par Georges VAZEL


Année scolaire 42-43. Le lycée est occupé, les lycéens dispersés en ville. Quelques-uns décident de passer à la lutte contre l'occupant. Au début, ils sont douze ou quinze. Leurs premières actions consistent à rédiger des tracts en allemand et à les glisser dans les revues et journaux destinés aux troupes d’occupation.

A la rentrée d'octobre 43, nouveau départ. La décision est prise de passer à l'action immédiate. Après quelques essais, certains préfèrent renoncer et il ne reste que huit volontaires : sept élèves de terminale (Max, Ernest, Oscar, Lulu, Loulou, Fernand et Lannic) et un étudiant (Jacques) qui vient de quitter le lycée La Tour d'Auvergne pour Paris et qui reviendra au premier appel.

La liaison est trouvée avec un mouvement de résistance. Le groupe prend le nom de Marceau, le travail sérieux commence. Au lycée de filles Brizeux, un groupe se monte en liaison avec le groupe Marceau. Son action consistera surtout à tricoter des vêtements quand les garçons prendront le maquis. Mais deux de ces jeunes filles prendront une part active à l'exécution d'un agent français de la Gestapo. Elles seront arrêtées par la suite. Annick ne reviendra pas, Jacqueline parviendra a échapper à la déportation en s'évadant du train qui l’emporte vers l’Allemagne.

Début 44, on annonce au groupe Marceau que l'on va procéder à son éducation politique. A l'unanimité ceci est refusé et le groupe Marceau se sépare du mouvement. Peu de temps après, un soldat allemand est abattu par le groupe. La situation devient difficile et la décision est prise de partir au maquis. Certains, qui habitent Quimper avec leurs parents, préfèrent attendre. Début février, Fernand, Oscar, Max et Lulu prennent le maquis où ils sont bientôt rejoints par Jacques. La liaison est trouvée avec le futur colonel Berthaud qui prend le corps-franc Marceau directement sous ses ordres et fournit «stens» «colts» et explosifs. Le but que se fixe le groupe Marceau est d'exécuter deux «coups• par semaine. Ceci sera à peu près respecté, le Colonel Berthaud n'étant pas toujours tenu au courant. Le groupe n'a pas de chef désigné. Chacun prend sa semaine et est responsable des opérations exécutées pendant son temps de commandement. Il n'y aura jamais de contestation. Les camarades qui n'ont pas pris le maquis participent aux actions du groupe dans la mesure du possible.

Mais le groupe est connu des Allemands. Lannic est arrêté. Déporté peu avant la libération, il parviendra lui aussi à s'évader du train. Loulou, à son tour, est arrêté.
Il ne reviendra pas d'Allemagne. Des camarades de différentes origines viendront par moments grossir les rangs du groupe : «Petiot», «Tintin», Paul, Roger.

A la suite de la destruction d'un poste allemand, le corps-francs tombe dans une embuscade près de Briec. Les Allemands ont de lourdes pertes, Marceau ne perd que deux sacs. Mais le groupe est dispersé et certains ne rejoindront qu'après le débarquement. Le 6 juin, Oscar est tué au cours d'un accrochage. Berthaud décide de disperser le groupe et affecte les survivants au commandement de plusieurs secteurs.
Plus tard il tentera de reconstituer le corps-franc Marceau à Penhoat. Mais Penhoat sera attaqué avant que le rassemblement ne soit terminé. Jacques et Paul y seront tués. La libération trouvera Max et Lulu à la tête du maquis de Douarnenez. Ernest sera tue au cours des combats de la libération. Lannic passera son bac en septembre. Max et Lulu s'engageront pour la durée de la guerre avec le grade d'aspirants. Max mourra brutalement en 45. Il aura eu le temps d'apprendre que la commission d'homologation des grades a transformé son galon de sous-lieutenant en galon de caporal. Lulu, démobilisé en 46 avec le grade de sergent, retournera au Lycée la Tour d'Auvergne terminer sa philo, deux ans presque jour pour jour après l'avoir quitté. Les tués du groupe Marceau ont donné leur nom à des salles de leur lycée. Max a laissé son nom à un square de Douarnenez. Peut-être ne sont-il pas tout à fait oubliés ?