BOHEC Jeanne
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020 / mise à jour 8 juillet 2024
Liens utiles :
- http://enenvor.fr/eeo_actu/wwii/jeanne_bohec_la_plastiqueuse_a_bicyclette.html
- http://www.lesamisdelaresistance56.com/index.php/resistance-en-morbihan/recits-de-resistant-e-s/temoignage-d-agent-de-liaison-jeanne-bohec
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Bohec
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Exposition : La guerre… A bicyclette !
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Jeanne Bohec (1919–2012)
Résistante française – agente du BCRA – spécialiste du sabotage
Jeanne Bohec naît le 16 février 1919, née le 16 février 1919 à Tourlaville (Manche), dans une famille d'origine bretonne, Son père est marin, originaire de Lanmeur, sa mère est de Plestin-les-Grèves.Très jeune, elle manifeste un fort tempérament indépendant et un profond attachement aux valeurs de liberté et de justice. Élève brillante, elle s’oriente vers des études scientifiques, un choix encore rare pour une femme de son époque.
L’engagement dans la France libre
En mars 1940, un de ses professeurs lui apprend qu'un poste d'aide-chimiste est vacant à la poudrerie de Brest. À peine majeure, non diplômée, elle est sélectionnée pour l'emploi. Suivent de longues heures d'études alternant avec des petits moments de repos. Le salaire est maigre, mais l'expérience acquise n'aura pas de prix. Elle lit, dans les journaux, les nouvelles sur la drôle de guerre.
Le 10 mai 1940, les premières attaques sont portées sur la Belgique, elles sont suivies par la pénétration rapide du territoire français. Jeanne s'attend à une bataille de la Marne qui n'arrive pas. C'est le temps de la blitzkrieg, la guerre éclair.
Au moment de la défaite française de juin 1940, Jeanne Bohec refuse l’armistice et l’occupation allemande. À seulement vingt et un ans, elle décide de poursuivre la lutte. En 1941, elle parvient à rejoindre Londres, via l’Espagne et le Portugal, au terme d’un périple périlleux. Elle s’engage alors dans les Forces françaises libres.
Grâce à l'appui d'Henri Frenay en visite au laboratoire où elle travaille, elle entre au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), dirigé par le colonel Passy, où elle suit la formation d'instructeur sabotage (appelé « code râteau »).
Jeanne Bohec devient rapidement l’une des rares femmes françaises formées à ce niveau technique.
« La résistante aux explosifs »
Contrairement à de nombreuses agentes chargées de missions de liaison ou de renseignement, Jeanne Bohec se spécialise dans un domaine considéré comme particulièrement dangereux et réservé aux hommes : la destruction d’infrastructures ennemies. Elle élabore et enseigne des méthodes de sabotage simples, efficaces et reproductibles par les maquisards avec des moyens limités.
Parachutée en France occupée en 1944, elle est chargée d’une mission capitale : former les réseaux de la Résistance intérieure à l’utilisation des explosifs. Elle intervient notamment en Bretagne et dans d’autres régions stratégiques, instruisant les résistants au sabotage des voies ferrées, ponts, dépôts de carburant et installations allemandes, en préparation du Débarquement et de la Libération.
Sous le nom de code « râteau », elle est se pose à la fin de mois de février 1944 dans la région d’Alençon puis, après un court passage par Paris, revient en Bretagne où elle prend le pseudonyme de « Micheline ».
Le 8 mars elle descend à la gare de Questembert dans le Morbihan. Sa mission est précise : elle doit former au maniement des explosifs les résistants qui opéreront lors du déclenchement du plan vert, plan qui prévoit de saboter les voies de chemin de fer au moment du débarquement afin d’empêcher que les Allemands n’acheminent des renforts vers la Normandie. Pendant plusieurs semaines, la jeune femme sillonne la Bretagne. Elle suscite d’autant moins la méfiance de l’Occupant qu’elle circule au guidon d’une inoffensive bicyclette.
Inoffensive, Jeanne Bohec ne l’est pourtant pas. En parallèle des formations qu’elle anime, elle participe activement à des opérations de sabotage comme le 7 mai 1944 lorsqu’elle fait sauter un rail de 11 mètres à proximité de la gare du Roc Saint-André dans le Morbihan. Au soir du 18 juin, elle parvient à s’enfuir de Saint-Marcel et rejoint Quimper où elle contribue activement à la libération de la ville le 8 août.
Son rôle est déterminant dans la désorganisation des transports et de la logistique allemande. Elle agit constamment sous la menace de l’arrestation, de la torture et de la déportation, tout en assumant une autorité technique rare pour une femme à cette époque.
Après la Libération
À la fin de la guerre, Jeanne Bohec quitte l’armée avec le grade de lieutenant. Contrairement à beaucoup d’anciens résistants, elle retourne à une vie civile discrète. Après-guerre, Jeanne Bohec est décorée de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance. La parenthèse est fermée. Elle reprend finalement le cours de sa carrière et devient professeur de mathématiques. Elle sort de son relatif anonymat en devenant maire-adjointe du 18e arrondissement parisien avant de s’éteindre le 11 janvier 2010. Elle est enterrée à Plestin-les-Grèves.
Pendant plusieurs décennies, son action reste peu connue du grand public. Ce n’est que tardivement qu’elle accepte de témoigner, notamment auprès des élèves et des historiens, afin de transmettre la mémoire de la Résistance et de rappeler le rôle essentiel des femmes dans le combat contre le nazisme.
Elle s’éteint le 5 août 2012 à l’âge de 93 ans. Aujourd’hui, elle est reconnue comme l’une des figures majeures de la Résistance française féminine, symbole du courage, de la compétence et de l’engagement patriotique. Son parcours illustre la diversité des rôles assumés par les femmes dans la lutte clandestine et la nécessité de leur pleine reconnaissance dans l’histoire nationale.
Reconnaissance et mémoire
Jeanne Bohec reçoit plusieurs décorations, parmi lesquelles :
- la Légion d’honneur,
- la Croix de guerre,
- la Médaille de la Résistance.
Yves-Marie Evanno, "Jeanne Bohec, la plastiqueuse à bicyclette" sur le site En Envor
Pour approfondir cette courte biographie, voir BOHEC, Jeanne, La Plastiqueuse à bicyclette, Paris, Mercure de France, 1975.
Source : Musée de la Résistance en ligne Fondation de la résistance
Voir aussi le livre : J'ai vécu la résistance : Seconde Guerre mondiale
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