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ROL TANGUY

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 17 avril 2020 / mise à jour 8 juillet 2024


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :

Colonel, chef des FFI d'Île-de-France
Pour mémoire, HENRI TANGUY DIT ROLTANGUY
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  • Ouvrier métallurgiste, militant communiste, secrétaire CGT Paris.
  • Officier dans l’Armée espagnole en 1937 (blessé en 1938), mobilisé comme soldat en France en 1939, entre dans la clandestinité en oct 1940. Chef des FTP Paris, puis région atlantique, chef OPS FFI.
  • Membre du Comité central du PCF (1962-1987)
  • Il est inhumé au cimetière de Monteaux dans le Loir-et-Cher.
  • Compagnon de la Libération (18 janvier 1946)
  • Croix de Guerre 39/45 (3 citations) – Médaille de la Résistance – Croix du Combattant Volontaire – Croix du Combattant Volontaire de la Résistance – Medal for Freedom (USA) – Médaille de l’Amitié des Peuples (URSS)
  • Métier : Inconnue
  • Grade : Grand-Croix
  • Date d’obtention du grade : inconnue
  • Date de naissance : 1908-06-12T00:00:00
  • Lieu de naissance : MORLAIX
  • Date de decès : 08/09/2002
  • Lieu de decès : PARIS
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Source : https://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/2026/05/8-mai-2026-a-morlaix-place-rol-tanguy-discours-d-hommage-a-rol-tanguy-par-lucienne-nayet.html

8 mai 2026 - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet

Remerciements de Claire, Hélène et Francis de rendre hommage à leur père Henri Rol Tanguy ce 8 mai qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, mettant fin aux années de conflits dévastateurs et où les combats ont enfin cessé.

La vie de Henri Rol Tanguy a été au service de la liberté. Né en 1908 à Morlaix, il représente une génération pour qui l'engagement était une nécessité, un sens dans sa vie, un homme dont je vais retracer quelques grandes lignes de son parcours.

Son engagement se déploie d'abord dans les brigades internationales puis dans la Résistance et après guerre dans son action mémorielle:

à l'ANACR (association nationale des combattants et amis de la résistance)

et à l'ACER (Amis des combattants de l'Espagne Républicaine)

Défendre la République espagnole en 1936, c'est une forme de conscience politique lucide à l'époque face aux menaces qui pèsent sur l'Europe. Pour Henry Rol Tanguy la lutte n'a pas de frontière, c'est déjà un chemin pour défendre la liberté en France. Il a eu de nombreuses activités syndicales et politiques.

Il a été secrétaire de syndicat de la métallurgie de la région parisienne CGT avec Jean-Pierre Timbaud, commissaire politique avec les Brigades Internationales, chef d'état major des FFI de la région parisienne, colonel de l'Armée française, membre du Comité central du PCF.

Depuis 1936, avec le syndicat de la métallurgie, Henri Tanguy menait une intense campagne de solidarité avec la République espagnole plongée dans la guerre civile depuis juillet 1936.

Henri Tanguy demande à plusieurs reprises mais en vain à partir se battre en Espagne. En 1937, le PCF demanda à ses cadres de renforcer les Brigades, et Henri Rol Tanguy accepta de faire partie de ce contingent. Il a été désigné commissaire politique de la 14 ème Brigade "La Marseillaise".

Blessé le 18 juin 1938, d'une balle dans la poitrine, il rejoint son poste après quelques journées passées à l'hôpital, refusant d'attendre l'extraction du projectile. Il participe à la vaste offensive de l'Ebre à Tortosa et dans la Sierra Cabalis de juillet à septembre 1938.

Revenu en France, à la dissolution des Brigades, Henri Rol Tanguy reprend ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du PCF.

Le 5 octobre 1940, apprenant qu'une vague d'arrestation frappe les militants du PC, il entre dans la clandestinité. Il participe à la mise sur pied de l'organisation spéciale (O.S), le PCF lui confie la responsabilité du secteur sud de Paris et de sa banlieue d'où il organise des sabotages contre les forces allemandes.

Son épouse Cécile, entrée également dans la Résistance, comme agent de liaison, joue un rôle très important auprès de lui. En Août 1941, il est chargé avec Raymond Losserand et Gaston Carré dans la Région parisienne de groupes armées qui en 1942 deviennent les FTP (mouvement de résistance communiste armée).

Et dans ce trio de résistance, il exerce la fonction de responsable militaire. Losserand et Carré sont arrêtés en 1942 et fusillés 5 mois plus tard.

C'est là qu'il change de zone pour sa sécurité et œuvre dans la région du Poitou-Anjou. Il revient en 1943 en Région Parisienne pour diriger avec Joseph Epstein les FTP en région parisienne.

Il est aussi nommé en tant que FTP au sein des comités d'action contre la déportation chargés de saboter les départs au STO.

Il passe à l'état major de toute la Région Parisienne qui regroupe 11 départements autour de Paris et le 1er juin 1944, il devient colonel régional des FFI et prend son pseudonyme Rol qui lui vient d'un ami des Brigades Internationales, le légendaire Rol, décédé pendant la guerre d'Espagne en combattant des Brigades internationales (Théo Rol, tué en 1938 pendant la bataille de l'Ebre alors que Henri Tanguy se trouvait à ses côtés).

Oui il combat mais il comprend très vite qu'il faut s'organiser, se structurer, entretenir des réseaux et maintenir les liens entre les différents groupes de résistants. Son rôle a été très important et déterminant.

Il s'engage totalement à la préparation de la libération de la capitale en liaison étroite avec le comité d'action militaire du CNR dirigé par le Général de Gaulle et Jacques Chaban Delmas.

Le 17 août 1944, l'état-major de la Résistance appelle à la lutte décisive. Le 21 août, il fait afficher l'ordre de dresser des barricades, 600 brigades sont réalisées et avec 100 000 hommes sous ses ordres il libère une grande partie de la capitale, Paris, en 3 jours, jusqu'au 24 août. Le 25 août, c'est l'acte de reddition signé par Von Choltiz et le Général Leclerc, acte que Rol Tanguy contresigne. Ce moment marque l'aboutissement de plusieurs années de lutte, mais aussi la victoire d'un engagement collectif.

Après la guerre, une phase moins connue, Henri Rol Tanguy ne se retire pas de la vie politique. Il comprend rapidement que l'histoire de la Résistance dans sa diversité ne s'arrête pas là, à la victoire des Alliés. Il s'engage pour poursuivre le combat mémoriel à l'ANACR dont il devient président en 1946, et à l'ACER pour transmettre les valeurs de l'engagement pour la République espagnole et les brigades internationales. Son objectif est évident et ses enfants le rappellent - sa fille Claire est aujourd'hui présidente de l'ACER: le souvenir ne doit pas s'effacer, les sacrifices jamais s'oublier, la volonté de construire une République d'égalité, de justice et de fraternité doit rester ce qui guide.

Rendre hommage à Rol Tanguy aujourd'hui, ce n'est pas seulement honorer son histoire, c'est interroger le monde qui vacille bougrement.

Les situations nationale et internationale sont graves, les guerres tuent tous les jours des populations civiles, détruisent les infrastructures nécessaires à la vie des peuples, le droit international est bafoué. Dans notre pays, l'extrême-droite s'installe, dangereuse pour notre démocratie, l'histoire nous l'a enseigné. Ils distillent des discours racistes, antisémites, complotistes, de rejet de la différence.

Des bottes sont prêtes à écraser les esprits, la raison et la connaissance, de l'histoire, la mémoire de ces hommes et femmes qui ont donné leur vie, qui ont combattu comme Rol pour la liberté, l'égalité et la solidarité.

Rol Tanguy c'est avant tout l'espoir, l'audace d'un monde meilleur.

Engageons la jeunesse dans cette voie citoyenne courageuse.

Lucienne Nayet,

Célébration du 8 mai 2026, 1er moment devant la stèle d'hommage à Rol-Tanguy, place Rol-Tanguy devant la gare de Morlaix, de 9h30 à 10h.
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Discours de Jacques Chirac aux Invalides, le 13 septembre 2002 , pour les obsèques du colonel Henri Rol-Tanguy ,compagnon de la Libération ....commandant des FFI d'Ile de France en 1944 ...

ROL-TANGUY ", J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration ...

Aux Invalides, Jacques Chirac prononce l'éloge funèbre de Henri Rol-Tanguy


Le colonel Henri Rol-Tanguy, héros de la Résistance et l'un des principaux artisans de la libération de Paris, a reçu les honneurs militaires à l'occasion d'une cérémonie présidée par le chef de l'État.


Cécile est là. Quelque part, presque au milieu de cette cour d'honneur de l'hôtel des Invalides. Toute frêle. Mais sans larme : peut-être les a-t-elle laissées couler avant, ailleurs. Peut-être les libérera-t-elle plus tard. Pour l'heure, les traits tirés, mais " assurant ". Robert Chambeiron l'étreint. Elle sait. Tout à l'heure, le cercueil où gît Rol, où gît Henri paraîtra, drapé de tricolore, porté par des gars en uniforme. Ils franchiront lentement le passage sud de la cour, où se dressent les gerbes de fleurs et les porte-drapeaux, tandis que " jouera " la musique. Musique régionale du 8e R.T., avec ses tambours voilés de crêpe. Et il faudra tenir. N'a-t-elle pas été sa marraine de guerre pendant l'affreuse guerre pour l'Espagne républicaine ? Et après... On n'a pas été agent de liaison pendant l'Occupation pour rien. " Lieutenant des Forces françaises de l'intérieur ", ça se mérite. Même aujourd'hui. Peut-être surtout aujourd'hui. Ses enfants, leurs enfants sont là. Et les anciens de la Résistance, et les anciennes. Dans la douleur. Comme autrefois. Quand on ne savait pas si celle ou celui qu'on devait attendre (pas trop longtemps !) serait au rendez-vous...


Ensuite, le président de la République s'approchera. Se penchera, lui parlera. Il lui dira des choses. Des mots de compassion, de réconfort. Puis ce sera la cérémonie : tout bien réglé. Comme savent faire les militaires. Des jeunes, de la légion, de l'armée de terre, de l'air et de la marine. Aux gestes si mesurés, qu'ils ont appris. Mais ces gestes, ils les accompliront pour elle. Par devoir. Comme lors de ces cérémonies en souvenir des fusillés : combien étaient-ils, les torturés, les mitraillés, les déportés, les copains, les copines. Les parents...


Le colonel Henri Rol-Tanguy, né le 12 juin 1908 à Morlaix, décédé au cours de la nuit du 8 au 9 septembre 2002 , à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, repose, depuis le 13 septembre dans le cimetière de la commune de Monteaux (Loir-et-Cher). Il l'a bien mérité. Le 12 septembre, prononçant son éloge funèbre, Jacques Chirac a salué la mémoire de ce militant et résistant communiste dont Charles de Gaulle, le 18 juin 1945, a dit qu'il le considérait comme un de ses " compagnons de la Libération ". 1 059 au total.


La cérémonie a débuté à 14 h 40. Tandis que le cercueil, drapé aux couleurs de la France, après être passé une dernière fois par Denfert-Rochereau et la gare Montparnasse, hauts lieux de l'insurrection parisienne libératrice d'août 1944, était acheminé vers les Invalides. Comme prévu, Jacques Chirac lui a parlé. Puis, sous les doigts de fer des cadrans solaires pointés sur les frontons du musée de l'Armée, il a rappelé le parcours de celui qui devait devenir, le 5 juin 1944, " colonel, chef des FFI d'Île-de-France " et, ès qualités, l'un des principaux artisans de la victoire du peuple de Paris. Parcours initié au sein du peuple : fils de marin entré à Renault-Billancourt ; ouvrier métallurgiste syndicaliste ; à dix-sept ans, avec le plus grand sérieux, il adhère aux Jeunesses communistes. Jacques Chirac : " Il restera toute sa vie fidèle à cet engagement, toujours défenseur d'un humanisme généreux, épris de justice sociale et imprégné des valeurs de la Révolution française. "


Février 1934 : " Les événements puis la guerre d'Espagne vont faire du militant et du syndicaliste un adversaire déterminé du fascisme. " 1939-1940 : sous les drapeaux, " il se battra jusqu'en juin 1940 ", avant de " regagner Paris le 19 août, quatre ans, jour pour jour, ainsi qu'il aimait le souligner, avant le début de l'Insurrection parisienne ". Mais, en 1940, " en ce funeste été 1940, la France, qui vient de subir l'un des plus grands traumatismes de son histoire, mesure toute l'ampleur de la défaite ; dans un pays accablé, Paris, capitale de la liberté, devient " le remords du monde " (...) ; Henri Tanguy est de ceux qui ne peuvent accepter la défaite (...) ; il va se faire stratège pour défendre, avec courage et talent, les valeurs de la République ; il sera de ceux qui, à la tête des combattants parisiens, jouèrent, avec le général Leclerc et la prestigieuse 2e DB, un rôle absolument déterminant dans la libération de la capitale ; plus encore, cette figure mythique de l'insurrection parisienne deviendra l'un des symboles de cette Résistance rassemblant, dans l'ombre, des hommes et des femmes de toutes les origines, de tous les horizons, qui choisirent de se réunir, par-delà leurs différences, sous l'autorité de Jean Moulin ".


Jacques Chirac a ensuite rappelé la plongée dans la clandestinité d'Henri Tanguy et de Cécile, les groupes armés, le détour par l'Anjou-Poitou pour déjouer les chasseurs et le retour, en avril 1943, à Paris : " Il réorganise les FTP affaiblis par de multiples arrestations " et, " en octobre 1943, lorsque commence l'unification des Forces armées de la Résistance, intègre l'état-major des Forces françaises de l'intérieur de la région parisienne. "


Plus tard, " les cheminots déclenchent la grève ; le 15 août 1944 est diffusé le premier ordre d'insurrection ; Rol s'adresse à la police parisienne, à la Garde républicaine, à la gendarmerie, aux gardes mobiles, aux GMR et aux gardiens de prison ; l'" appel aux barricades " tapé par Cécile Rol-Tanguy retrouve l'audace et la vigueur d'un autre appel aux armes lancé en 1871 par Victor Hugo : " Pas de trêve, pas de repos, pas de sommeil, le despotisme attaque la liberté. Ô, francs-tireurs, allez ! " Aussi, lorsque, le 25 août, à la gare Montparnasse, le maréchal von Choltitz remet la capitulation des troupes allemandes de Paris au général Leclerc et au colonel Rol-Tanguy, le chef de la 2e DB peut-il dire avec une satisfaction immense : " La France de De Gaulle, celle qui a refusé de cesser le feu, retrouve la France de l'intérieur, celle qui a refusé de courber le front. "


L'histoire ne s'arrête pas là : Paris libéré, " Henri Rol-Tanguy s'engage dans la première armée française et, sous le commandement du général de Lattre, participe à la campagne d'Allemagne qui le mène du Rhin jusqu'au Danube ; il sera nommé commandant militaire de Coblence et, en octobre 1945, entrera définitivement dans l'armée ".


Se tournant vers Cécile Rol-Tanguy, Jacques Chirac conclut : " Il restera pour tous un exemple de ce que peuvent réaliser, lorsqu'ils sont portés à leur plus haut degré, le patriotisme, l'amour de la liberté, de la République, de la France (...). Madame, j'ai souvent rencontré votre mari. J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration. Je ne l'oublierai pas (...) ; et, parmi toutes les images que le nom d'Henri Rol-Tanguy fait surgir dans mon esprit et dans ma mémoire, je garderai toujours, comme tant de Français, celle de ce colonel FFI, au visage énergique, accueillant avec fierté, aux côtés du général Leclerc, le général de Gaulle, chef de la France libre. C'était le 25 août 1944.


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Cécile et Henri ROL-TANGUY

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LE COLONEL HENRI ROL-TAGUY

Source : https://www.facebook.com/100064832702809/posts/1547446700759739/?rdid=xcHWew4ugFr6Xq39

Voie de la 2ème DB


C'était un 8 septembre...

Le 8 septembre 2002, décès d'Henri Rol-Tanguy....

Henri Tanguy est né le 12 juin 1908 à Morlaix dans le Finistère d'un père officier marinier et d'une mère blanchisseuse. Il fait ses études primaires à Toulon, Brest et Cherbourg. Ouvrier métallurgiste dans la région parisienne dès l'âge de 14 ans, en 1922, il fait son service militaire en 1929 au 8e Régiment de Zouaves à Oran.

Militant communiste, il devient, en octobre 1936, secrétaire du Syndicat des Travailleurs de la Métallurgie CGT de la région parisienne. Il sert en Espagne de février à octobre 1937 dans les rangs des Brigades internationales de l'Armée républicaine espagnole. Il est officier et occupe le poste de Commissaire Politique dans la 14e Brigade ("La Marseillaise"). En février 1938, il retourne en Espagne où il fait l'apprentissage du feu. Le 18 juin 1938, il est blessé d'une balle dans la poitrine sur le front de l'Ebre.

De retour en France en novembre 1938, il est mobilisé en septembre 1939 et affecté comme soldat de 1ère classe au 57e Régiment d'Infanterie coloniale (57e RIC) en Lorraine. En mai 1940, il est affecté comme armurier au 28e Régiment d'Infanterie coloniale mixte sénégalais ; promu lieutenant, il prend part aux combats de la 28e Division du 5 au 24 juin 1940 et est cité à l'ordre du Régiment.
Démobilisé en août 1940, il refuse la défaite et par antifascisme et patriotisme, il rejoint immédiatement les rangs de la Résistance parisienne avec son épouse Cécile et ses camarades du syndicat des Métaux. Il prend la tête des comités populaires de la région parisienne qui doivent remplacer clandestinement les syndicats désormais contrôlés par le gouvernement de Vichy.
Dès le début du mois d'octobre 1940 à la suite d'une vague d'arrestations et alors qu'il est recherché par la police de Vichy, Henri Tanguy, avec son épouse, entre dans la clandestinité prenant alors différents pseudonymes. Dans les mois qui suivent, il participe également à la mise sur pied de l'Organisation spéciale (OS), mouvement communiste chargé de l'action directe et du sabotage, et exerce des responsabilités au sein du PCF parisien.

Dès juillet 1941 il met en place, peu à peu, avec Raymond Losserand et Gaston Carré une direction militaire de la résistance dans la région parisienne, créant de petits groupes armés. Début 1942, Henri Tanguy est nommé chef des Francs-Tireurs et Partisans (FTP) de la région parisienne. Peu de temps après, en mai 1942, Raymond Losserand et Gaston Carré sont arrêtés - et quelques mois plus tard fusillés - alors que Henri Tanguy échappe de peu à l'arrestation à son domicile.

C'est pourquoi, pour des raisons de sécurité, il est nommé en septembre 1942, par le comité national FTP, chef des FTP de la région "Poitou-Anjou" puis de la région Atlantique. En mai 1943, à la suite d'une nouvelle vague d'arrestations à Paris, il est de nouveau nommé chef des FTP de la région parisienne avec pour mission de réorganiser le mouvement. Il rédige également avec sa femme un journal clandestin, le Franc-Tireur Parisien.

En septembre 1943 il est nommé représentant des FTP au Comité d'Action contre la Déportation (CAD) que dirige Yves Farge et qui a pour but d'empêcher le départ en Allemagne des requis du Service du Travail obligatoire (STO), notamment par la fabrication de faux-papiers.

Il participe au titre des FTP, dans le dernier trimestre de l'année 1943, à la mise en place de l'Etat-major des Forces françaises de l'Intérieur (FFI) de la région parisienne (Région P1) qui comprend onze départements. Il prend donc part à la création des FFI et est nommé en janvier 1944, chef du 3e Bureau (Opérations), sous-chef d'Etat-major.

Le 1er juin 1944, il devient chef régional des FFI pour les quatre départements de la région Ile-de-France (Seine, Seine-et-Marne, Seine-et-Oise, Oise) en remplacement de Périco (Pierre Pène), arrêté. Il est en même temps promu lieutenant-colonel et prend à cette occasion le nom de Rol, en hommage à un officier des Brigades internationales, Théo Rol, tué en 1938.

Il se consacre alors entièrement à la préparation de la libération de la capitale en liaison étroite avec le Comité d'Action militaire (COMAC) du Conseil national de la Résistance (CNR), le Délégué militaire national Jacques Chaban-Delmas et les membres du Comité parisien de la Libération (CPL).

L'avance des alliées en Normandie donne bientôt le signal de l'insurrection. Le 8 août, les FTP et le COMAC se mettent à la disposition de Rol. Du 10 au 15 août, des grèves éclatent dans les administrations parisiennes (cheminots, gendarmes, policiers) et le 15 août, le colonel Rol lance un appel aux forces de l'ordre pour qu'elles se rangent aux côtés des FFI.

Le 18 août au matin commencent la grève générale et les premières occupations d'usines. Le même jour, le colonel Rol envoie une première mission chargée d'établir une liaison avec les Américains (commandant de Varreux) et parallèlement, dans la soirée, décrète la mobilisation générale des Parisiens ; une affiche est apposée sur les murs, donnant aux Parisiens l'ordre de rejoindre les FFI. Dès le lendemain, la préfecture de police est occupée par des policiers insurgés auxquels Rol rend visite pour les soutenir.

Le 20 août, l'Etat-major FFI est installé dans son poste de commandement souterrain de la place Denfert-Rochereau, sous le Lion de Belfort. Le même jour, l'Hôtel de Ville est pris et les escarmouches entre forces françaises et allemandes se multiplient en banlieue et dans plusieurs arrondissements, qui sont conquis par les insurgés. Le 21 août en début de soirée, le colonel Rol fait afficher l'ordre de dresser les barricades et renouvelle son appel le lendemain. 600 barricades couvrent rapidement la capitale. Rol fait même appel au secrétaire du syndicat des terrassiers.

Le colonel Rol réalise dans les journées du 20 au 24 août, avec 100 000 hommes placés sous ses ordres, une manoeuvre générale libérant les neuf dixièmes de la capitale, aboutissant à l'isolement puis à l'investissement de l'ennemi dans quelques points d'appui qui sont réduits le 25 août en étroite collaboration avec la 2e DB du général Leclerc ; le colonel Rol assiste à la préfecture de police à la signature de l'acte de reddition sans condition des forces allemandes du général Von Choltitz et contresigne lui-même un des exemplaires.

Il est ensuite affecté à la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny et rejoint après le passage du Rhin, le 151 Régiment d'Infanterie au sein de la 2e Division d'Infanterie marocaine (2e DIM). Dès lors, il participe, à partir du 1er avril 1945, comme adjoint au commandant, à tous les combats du Régiment, du Rhin au Danube. Le 13 avril, il tombe, au cours d'une reconnaissance pour laquelle il s'était porté volontaire, sur un détachement ennemi ; il se jette résolument sur lui, aidé seulement par un lieutenant et un sous-officier, le met en fuite et fait trois prisonniers. Le sous-officier ayant été tué au cours de l'action, il ramène son corps, parcourant plusieurs kilomètres en pleine Forêt Noire, pour rejoindre le PC, sous la menace des infiltrations allemandes.

Après la capitulation de l'Allemagne, le 18 juin 1945, il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle, Place de la Concorde à Paris avant d'être nommé, en juin 1945, adjoint au commandant de l'Infanterie Divisionnaire de la 2e DIM.

En décembre 1945, il est intégré dans l'Armée d'active avec le grade de chef de bataillon et bientôt nommé chef de corps du 27e Régiment d'Infanterie, puis de la 7e Demi-Brigade à Dijon. En avril 1947, il est affecté au cabinet militaire du Ministre de la Défense nationale. De 1948 à 1951, il est chef du 3e Bureau à l'Etat-major de la subdivision du Mans. Il part à la retraite en 1962.
Membre du Comité central du PCF (1962-1987), Henri Rol-Tanguy est également Président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR) et Président de l'Amicale des Anciens Volontaires Français en Espagne Républicaine. Henri Rol-Tanguy est décédé le 8 septembre 2002 à Paris. Il est inhumé au cimetière de Monteaux dans le Loir-et-Cher.


• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 18 janvier 1946
• Croix de Guerre 39/45 (3 citations)
• Médaille de la Résistance
• Croix du Combattant Volontaire
• Croix du Combattant Volontaire de la Résistance
• Medal of Freedom (USA)
• Médaille de l'Amitié des Peuples (URSS)
Publications :
• La libération de Paris (ouvrage collectif, 1964)
• Rol-Tanguy et Debu-Bridel vous parlent de la libération de Paris (1966)
• Le parti communiste français dans la Résistance (1967)
• La Vérité sur la libération de Paris (1971)
• La libération de Paris. Les 100 documents (1994)

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Pour aller plus loin : Visiter le Poste de Commandement du Colonel Rol-Tanguy pendant la Libération de Paris !
Situé à vingt mètres sous le musée (Musée de la Libération de Paris Musée du général Leclerc Musée Jean Moulin) le PC (Poste de Commandement) utilisé pendant la Libération par le Colonel Henri Rol-Tanguy, chef des FFI d’Ile-de-France, est ouvert pour la première fois au public. Visite libre en immersion sonore ou visite innovante en réalité mixte vous sont proposées pour une expérience de visite inédite, au cœur des événements d’août 1944.
Mais attention, prenez bien connaissance des conditions d’accès de ce lieu atypique avant votre visite.
Pour tout savoir, le lien qui va bien :
https://www.museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr/

SOURCE : Yves MAZO

Ci dessous : cliquez sur le dossier pour le télécharger.

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