PÔLE JEAN MOULIN

Cérémonie le lundi 22 août 2022 à Brest à 11h00-"De Bortoli, lucide sur son sort, endosse la responsabilité des divers actes de la résistance locale pour clore les enquêtes ou lever des soupçons. Il est alors condamné à mort le 14 mai 1942." -https://www.resistance-brest.net/article1108.html-



DISSARD Marie-Louise
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 25 AVRIL 2021mise à jour le 28 mai 2022


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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Françoise dans la Résistance
Responsable du RÉSEAU FRANÇOISE (211 membres)
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source : https://www.boudulemag.com/2022/02/grands-seniors/


Marie-Louise Dissard 1881 – 1957
Sexagénaire, elle a convoyé des pilotes anglais et des Résistants à travers les cols pyrénéens.
Couturière au 40 rue de la Pomme, Marie Dissard ne vendait pas que des boutons. Sa boutique était le centre de transit et de commandement du plus grand réseau d’évasion par les Pyrénées : le réseau Françoise (de son nom de Résistante). Riche de 211 membres, l’organisation permit la fuite en Espagne de 700 pilotes alliés et Résistants. À plus de 60 ans, Marie-Louise Dissard convoyait elle-même certains combattants jusqu’en Espagne, franchissant à pied les cols pyrénéens. Célébrée par le général de Gaulle à la Libération, cette grande figure de la ville fut l’une des rares femmes à diriger seule un réseau de ce type, et fut la Française la plus décorée par les Alliés pour faits de Résistance. Avant sa disparition à la fin des années 1950 à l’âge de 76 ans, elle aura le temps de faire avancer la cause des femmes en initiant la création d’un centre d’apprentissage féminin route d’Espagne (l’actuel lycée Françoise reconstruit à Tournefeuille après l’explosion de l’usine AZF).
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Marie-Louise DISSARD dite Françoise (1881.1957)

Marie-Louise Dissard née le 5 novembre 1881, à Cahors, rue de la Liberté ... Sa mère Léontine est modéliste et son père, Guillaume, professeur. Toute la famille quitte le Quercy pour Toulouse au début du siècle. Douée pour la couture, elle suit aussi des cours de peinture et de dessin, à l'école des Beaux-Arts.

Une femme en avance sur son temps
À 32 ans, secrétaire dans les services de la Ville de Toulouse, puis maîtresse d'internat dans un lycée de jeunes filles, elle est bientôt nommée inspectrice de couture pour les écoles municipales. Mais lassée par cette fonction, elle démissionne et achète une petite boutique rue de la Pomme qu'elle baptise « À la poupée moderne ». Ses talents et son imagination lui procurent rapidement de nombreuses commandes du Théâtre du Capitole.

Les jours sombres
En 1940, c'est la défaite, l'exode, l'humiliation, la répression, les premières lois antisémites. Marie-Louise a 59 ans, en novembre 1940 lorsque le maréchal Pétain vient en visite à Toulouse. Anti-fasciste et courageuse, elle diffuse les messages d'un homme encore inconnu des Français, invitant à ne pas cesser

le combat: le Général de Gaulle. Enjouée, exubérante, rigoureuse et sévère à la fois, Marie- Louise dit haut et fort ce qu'elle pense! Au point que la police française ouvre une enquête sur elle. Le rapport conclut au déséquilibre mental. Marie-Louise en tire profit subtilement et joue de cette réputation pour agir plus tranquillement.

« Victoire »
Elle entre en contact avec l'un des premiers groupes de résistance toulousains: le « Réseau Bertaux ». Sous le pseudonyme de «Victoire », elle diffuse des tracts clandestins, récolte des renseignements pour les résistants. Mais la police française, très active démantèle le réseau en décembre 1941. Tous ses membres sont jugés et enfermés « au secret » dans la sinistre prison militaire de Furgole. « Victoire » se débrouille alors pour ravitailler toutes les semaines ses camarades emprisonnés.

Le Réseau d'évasion Pat O'Leary
Au printemps 1942, elle rencontre le Docteur Guérisse alias «Pat O'Leary», chef d'un réseau d'évasion chargé de récupérer les pilotes alliés tombés en territoire occupé. Pat O'Leary comprenant la valeur de Marie-Louise Dissard pour son organisation, lui accorde aussitôt toute sa confiance. En juin 1942, elle installe le PC du réseau chez elle et prend en main l'organisation des transits par Toulouse: réception, hébergement, camouflage et convoyage des aviateurs anglais ou américains pour les remettre à des passeurs. Pour marquer son engagement patriotique elle prend le pseudonyme de « Françoise ».

Le Réseau Françoise (mai 1943 - août 1944) À partir de novembre 1942, les Allemands envahissent la Zone Sud et en mars 1943, la Gestapo démantèle complètement le réseau Pat O'Leary. Françoise perd de nouveau tous ses camarades. Après avoir sauvé les papiers compromettants, elle se réfugie quelques temps dans sa ville natale, Cahors, puis déterminée retourne à Toulouse. Elle convainc les Anglais de lui donner les moyens nécessaires à la mise en place d'un nouveau réseau, homologué sous le nom de« Réseau Françoise ». Dès lors, Françoise reçoit les instructions directement du vice-consul britannique, «l'Oncle François », qui lui envoie les moyens financiers, les renseignements sur les filières à emprunter et les lieux où les« colis» (les combattants) doivent être récupérés et transportés.

Surveillée par la Gestapo, Françoise vit cachée. C'est depuis des greniers, des garages ou des caves qu'elle dirige les actions. Maîtresse dans l'art du déguisement, elle utilise tous les subterfuges pour passer inaperçue et récupérer renseignements et faux papiers; un jour en veuve éplorée, un autre en paysanne ou en femme excentrique.

Une personnalité exceptionnelle
L'efficacité, l'ingéniosité, le courage, la détermination, le dévouement et le sang-froid avec lesquels Marie-Louise Dissard a dirigé son réseau ont permis à près de 700 aviateurs alliés et résistants de franchir les Pyrénées. Françoise fut l'une des seules femmes en France à avoir dirigé seule une organisation de la Résistance.

Femme d'exception, Marie-Louise Dissard a su montrer son sens profond des valeurs humaines non seulement pendant les Années Noires mais également à travers son action en faveur de l'apprentissage des jeunes filles. C'est elle qui initie l'idée de créer à Toulouse un centre d'apprentissage féminin, inauguré en 1956, route d'Espagne.







DISSARD Marie-Louise : voir la page sur LE RÉSEAU FRANÇOISE

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Source : https://www.ladepeche.fr/article/2011/05/08/1076879-une-heroine-francaise.html

Une héroïne française
Culture et loisirs

Publié le 08/05/2011 à 03:50

Alors qu'on commémore aujourd'hui la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une héroïne toulousaine de la Résistance, «Françoise», vient de recevoir un nouvel hommage posthume.

Un an après la Libération de Toulouse, la victoire du 8 mai 1945 a été dignement célébrée chez Marie-Louise Dissard, nom de code « Françoise ». Sa fenêtre est pavoisée des drapeaux alliés et elle a réuni ses « filles » qui sourient au photographe Jean Dieuzaide. « Ces filles, c'étaient souvent des filles de médecins parce qu'ils pouvaient avoir de l'essence », raconte Mme Dieuzaide.

Or pour « Françoise », tous les moyens sont bons pour faire marcher son réseau. Entrée en résistance dès le début de la guerre, usant de déguisements et de grosses ficelles pour faire passer en Espagne les aviateurs alliés tombés en terre occupée, cette couturière née à Cahors se retrouve à la tête d'un réseau en 1943.

Auparavant, son ingéniosité et son aplomb avaient fait preuve d'efficacité au sein du réseau Pat O'Leary. Lorsqu'il est démantelé par la Gestapo en mars 43, elle part en Suisse pour obtenir des Anglais les moyens de reprendre l'activité. Elle en qui la police française voyait une « déséquilibrée mentale » comptera parmi les rares femmes à avoir dirigé seule une organisation de la Résistance…

Elle déguise les « colis » en scouts

Environ 700 personnes auront la vie sauve grâce à elle. « Je dirais même 750 », estime Elérika Leroy, diplômée de la faculté d'histoire de Toulouse qui milite pour sortir « Françoise » de l'oubli. Premier pas encourageant : le 16 avril dernier, une plaque a été vissée au 40 rue de la Pomme à Toulouse, où Marie-Louise Dissard tenait boutique de frivolités, « A la poupée moderne ».

Le plus souvent, « Françoise » n'est pas au magasin, mais à son appartement sombre et enfumé de la rue Paul Mériel, son PC. Là, elle reçoit les aviateurs, les déguise en scouts, nuque rasée, short et grosses chaussettes, leur met de l'argent dans la poche pour le passeur des Pyrénées et les prend par la main jusqu'à la gare Matabiau. Avec ses atours de vieille Toulousaine acariâtre (elle a déjà plus de 60 ans), elle passe partout, accompagnée de ses « colis ». Elle se grime en clocharde avinée un jour où les Allemands cernent son quartier. Devant la gare, se reconnaissant sur un avis de recherche lors d'un barrage, elle montre l'image et hurle quelque chose comme : « Quelle horrible femme » !

Pour le réseau, « Françoise » voyage. Elle se rend dans les Pyrénées, au prétexte qu'elle y possède une maison, et à Genève où le consul d'Angleterre lui donne l'argent des passages.

Pour les apprenties

De retour de mission dans la région lyonnaise, elle est arrêtée dans le train par la gestapo, demande à aller aux toilettes. Elle saute du train en marche, en réchappe. Et retourne à sa mission.

Cette mamie faussement indigne est une véritable héroïne. Reconnaissant son exceptionnel mérite, la France, la Belgique, les Etats-Unis et l'Angleterre lui accorderont de hautes distinctions, mais le retour de la paix la dirige déjà vers une autre entreprise.

Redevenue Marie-Louise Dissard, elle qui fut dans les années 20 « inspectrice de couture » des écoles de Toulouse relance l'idée de l'apprentissage pour jeunes filles. Un lycée porte son nom de guerre à Tournefeuille. Célibataire et sans enfant, elle mourut sans un sou, à l'âge de 76 ans. On apprend dans les archives de La Dépêche que dans la solitude de ses derniers mois, elle reçut la visite de Charles de Gaulle, qui ne l'avait pas oubliée.

Pour le 66e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, cette page rend hommage aux résistantes