PÔLE JEAN MOULIN

Cérémonie le lundi 22 août 2022 à Brest à 11h00-"De Bortoli, lucide sur son sort, endosse la responsabilité des divers actes de la résistance locale pour clore les enquêtes ou lever des soupçons. Il est alors condamné à mort le 14 mai 1942." -https://www.resistance-brest.net/article1108.html-



BERDER Henriette
née le 12 avril 1898 (à BREST)

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 8 août 2022


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
Réseau CENTURIE
Stacks Image 26256


Entrée en Résistance à partir de juin 1942

SOURCE : https://www.resistance-brest.net/article4246.html

Ci dessous : cliquez sur le dossier pour le télécharger.

Stacks Image 26259

Source : https://www.resistance-brest.net/article3163.html

Extrait de la page:
« Le 3 juin 1944, une vague d’arrestations décime la Résistance locale sur Lesneven, Ploudaniel et Saint-Méen, où trois jeunes sont faits prisonniers. Un quatrième jeune de St Méen, Jean Lamandé, parvient à échapper au coup de filet, ainsi qu’Henriette Berder, qui se cache à Trégarantec chez un membre de la famille de Louis Thépaut.

La situation est tendue, la Résistance désorganisée. Le Kommando I.C 343 de Landerneau, unité militaire créée en avril 1944 au sein de la Wehrmacht pour lutter contre les Maquis, déploie de grandes capacités de renseignement et d’intervention militaire. Composé de soldats et d’officiers, il est installé à Landerneau dans un ancien manoir qui sert de prison, de lieu d’interrogatoire et de torture. Le Kommando a recruté deux jeunes Français, Résistants « retournés » : Jean Corre et Gabriel Poquet. Il peut aussi compter sur le renfort de membres du Parti National Breton (notamment André Geffroy et Hervé Botros), parti autonomiste qui s’est engagé dans une collaboration étroite avec l’occupant.

Or mi-juin 1944, menacé d’arrestation, des jeunes Résistants de Brest doivent être éloignés de la ville : il sont orientés vers le secteur de Lesneven. Louis Thépaut accepte de les cacher, très probablement sur requête d’Henriette Berder. Arrivé le 20 juin, le groupe d’une dizaine de personnes est hébergé dans la fermette (Kerougon-Vihan) qu’il possède à l’écart de sa propre ferme (Kerougon-Vras).

Le groupe est composé d’un « noyau dur » de Lambézellec : Louis Berthou, Jean Gouriou, Jean Berlivet et Joseph Nicolas. Jean Le Bris et Robert Le Page sont originaires de Saint-Marc. Il comprend également les Brestois Pierre Hagnéré, Roger Henry et Georges Midrouillet. Viendront ensuite se joindre à eux : François Kerbrat de Landivisiau, et Jean Lamandé, toujours en fuite après les arrestations du 3 juin. Restant sans liaison avec leur commandement, les jeunes Résistants s’installent sur les lieux, s’intègrent à la vie du village, participent aux travaux des champs. Ils sont nourris par les fermes des alentours.

Mi-juillet, Louis Thépaut confie à ses proches qu’il est inquiet, car les jeunes lui paraissent imprudents. Il craint qu’ils ne se fassent repérer.

Et en effet,
le Kommando de Landerneau a été informé de la présence d’un maquis dans ce secteur. Le 13 juillet 1944, Jean Corre fait des repérages sur place avec deux officiers. Il interroge les gens des environs en se faisant passer pour un délégué de la Résistance, tout comme il l’avait déjà fait pour récolter des renseignements à Lesneven début juin. L’emplacement du maquis est localisé, une attaque est décidée pour le lendemain.

Le 14 juillet 1944 à 5h45, une quarantaine d’hommes, accompagnés par les Français Jean Corre, Hervé Botros et André Geffroy, encerclent la fermette de Kerougon et abattent l’homme qui monte la garde. Trois ou quatre personnes parviennent à s’enfuir. Les Allemands mettent le feu aux bâtiments où les autres dorment, et les abattent au fur et à mesure qu’ils sortent : ils sont mitraillés au niveau des jambes, puis abattus à bout portant d’un coup de revolver au front. L’attaque est fulgurante. Les victimes sont : François Kerbrat (21 ans), Robert Le Page (18 ans), Jean Le Bris (19 ans), Joseph Nicolas (22 ans), Jean Berlivet (21 ans), Jean Gouriou (22 ans), Louis Berthou (22 ans) et Jean Lamandé (27 ans).

Louis Thépaut, sa femme et sa fille sont réveillés quelques instants plus tard par des coups de feu tirés dans leur cour et le vacarme de coups de crosse qui brisent les vitres de leur maison : sous le commandement d’Herbert Schaad, aidés de Jean Corre et André Geffroy, les soldats incendient la maison et les bâtiments de ferme. L’argent de la famille est dérobé par André Geffroy ou Jean Corre, sous les yeux sidérés des femmes qui ne comprennent pas que cet « Allemand » s’adresse à elles en breton. Louis Thépaut est emmené sur le lieu du massacre, où gisent les corps des huit maquisards. Il est rejoint par les hommes des fermes voisines, faits prisonniers également. Les Allemands menaçant d’abattre tout le monde, Louis Thépaut leur indique qu’il est le seul responsable de cette situation, qu’il a pris seul la décision d’héberger ce groupe de Résistants sur sa propriété et que les autres n’ont rien à se reprocher. Il est emmené par le Kommando ainsi que les voisins arrêtés sans ménagement

. Alors qu’ils marchent pour rejoindre les véhicules du Kommando garés à bonne distance, Louis Thépaut est gardé séparément, à l’arrière du groupe. Herbert Schaad expliquera lors d’un interrogatoire après-guerre que : « son cas était plus grave et pour qu’il ne puisse pas parler aux autres ». En haut de la côte qui surplombe sa ferme en flammes, il est poussé dans un champ et abattu d’un coup de mitraillette dans le cou, puis d’un coup de revolver au front.

Âgé de cinquante-trois ans, il laisse derrière lui sa fille Anna et sa femme Angèle, sur une ferme détruite par le feu. Comme pour d’autres paysans, « patriotes » discrets qui ont été nombreux à soutenir la Résistance dans les campagnes, le prix de l’engagement est celui d’une mort violente et expéditive, et de la destruction par les flammes.

Les voisins emmenés au Q.G du Kommando sont libérés quelques jours plus tard, après avoir subi l’emprisonnement et les coups. Une partie des acteurs du Kommando de Landerneau seront arrêtés et jugés après guerre, certains recevant des peines d’emprisonnement ou de travaux forcés. Hervé Botros, lui, sera condamné à mort et exécuté à Quimper, en 1945.

Un monument est érigé à Kerougon après guerre, en mémoire des neuf hommes assassinés au petit matin du 14 juillet 1944. À titre posthume, Louis Thépaut reçoit la médaille de la Résistance française en 1960.

Avis de recherche ! Nous cherchons toujours à entrer en contact avec les familles des acteurs des événements de Kerougon, qu’il s’agisse des jeunes maquisards hébergés par Louis Thépaut, de la famille Berder ou de tout autre personne. N’hésitez pas à vous manifester via le formulaire ci-dessous ou en cliquant sur le nom de l’auteur de la fiche.

Publiée le mardi 20 avril 2021, par Maëlle Quéré, mise à jour lundi 1er août 2022 »