PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



LE MONT VALÉRIEN
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 4 AVRIL 2021

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Source : https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/il-y-a-80-ans-au-mont-valerien-la-premiere-execution-tous-les-visages-de-la-resistance-065e3886-8a8d-11eb-8ecb-a7ba41725ac5


Il y a 80 ans au Mont-Valérien, la première exécution. Tous les visages de la Résistance

C’est un lieu majeur de la mémoire de la Résistance. Le Mont-Valérien, aux portes de Paris, est très vite devenu le symbole du sacrifice de tous les combattants de l’ombre, et en même temps celui de l’effroyable répression de l’Allemagne nazie. Il y a 80 ans, un premier résistant y était fusillé. Ils seront plus d’un millier. Un très beau livre publié aux éditions Ouest-France, Mont-Valérien, mémoires intimes, mémoire nationale, évoque le sacrifice de tous ces combattants de l’ombre.

Plus d’un millier de résistants et d’otages seront fusillés à partir de mars 1941 dans la forteresse du Mont-Valérien.
Ouest-France  Recueilli par Didier GOURIN Publié le 26/03/2021

Antoine Grande est aujourd’hui le chef du département de la mémoire et de la citoyenneté à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Il a aussi dirigé le Mont-Valérien. Il explique pourquoi ce site fait vivre la mémoire de toutes les familles de la Résistance engagées dans le combat contre la répression nazie.
Qu’est ce qui fait toute la singularité du Mont-Valérien ?
C’est d’abord le premier lieu d’exécution choisi par les Allemands où seront fusillés des membres de toutes les composantes de la Résistance, et quelques-unes de ses grandes figures comme 
Honoré d’Estienne d’Orves ou Missak Manouchian. C’est le visage de la France combattante. L’importance du Mont -Valérien est centrale. La presse clandestine, Radio Londres ou les tracts distribués par la Résistance en parlent. Il illustre la violence de la répression et l’héroïsme de la Résistance.

Antoine Grande est chef du département de la mémoire et de la citoyenneté à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre. | SERGE GUÉVEL
Quand débute pour ce site cette incarnation de la Résistance ?
Dès la Libération, il devient un lieu d’hommages pour les familles, comme pour les anciens frères d’armes de ceux qui ont été fusillés. C’est le premier lieu de l’hommage de la Nation. Mais tout de suite, le Mont-Valérien est 
cet espace central de la mémoire nationale alors que la guerre n’est pas encore terminée. C’est extrêmement fort. Dès l’automne 1944, il rassemble une foule extraordinaire. Le 1er novembre 1944, le général de Gaulle s’y rend et dépose une gerbe en forme de croix de Lorraine.
Le sacrifice de Georges Bernard, résistant brestois. pastedGraphic
Pourquoi ce choix des Allemands de ce site du Mont-Valérien pour y fusiller otages et résistants ?
Il y avait bien, par exemple, le fort de Vincennes mais il était situé dans la ville de Paris, alors que le Mont-Valérien est plus à l’écart. Il est juste à côté de Paris mais pas dans Paris. C’est un lieu coupé de la population. C’est une forteresse fermée qui est déjà occupée par des soldats allemands.

Dans son édition du 21 février 1952, Ouest-France rend hommage à Georges Bernard, un résistant brestois fusillé au Mont-Valérien à seulement 21 ans. Il fut aussi journaliste à l'Ouest-Eclair, l'ancêtre de Ouest-France.
Parmi le millier de fusillés, on compte 40 % d’otages exécutés après des actions de la Résistance contre les Allemands. Qui sont-ils ?
Ce sont essentiellement des communistes et des juifs. Le Mont-Valérien est aussi un lieu qui dit ce qu’a été la Shoah. Ces otages sont exécutés parce qu’ils sont juifs. C’est l’illustration de la lutte que mènent les nazis contre ce qu’ils appellent le judéo-bolchevisme. 
Le Mont-Valérien est un extraordinaire point d’observation de ce que fut la Seconde Guerre mondiale en France. On y retrouve tous les engagements de la Résistance et en même temps toute la répression dont elle est victime.


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Le livre de la mémoire. Ce sont d’abord des portraits de résistants fusillés, comme le jeune Brestois Georges Bernard. Et aussi des écrits d’historiens qui expliquent comment au Mont-Valérien s’est cristallisée toute la mémoire de la France résistante, celle de l’armée des ombres. L’ouvrage, Mont-Valérien, mémoires intimes, mémoire nationale, est ainsi un voyage émouvant qui permet d’accompagner, jusqu’à leurs dernières heures, toutes ces victimes de la répression nazie.

Elles seront plus d’un millier. Le livre joue aussi le rôle de passeur de mémoire. Il raconte et il explique. Les textes sont accompagnés de riches illustrations et aussi de dessins tout autant poignants de vérité. Dans sa préface, Robert Badinter, l’ancien ministre de la Justice, évoque la place du Mont-Valérien dans la mémoire nationale. Il est, insiste-t-il, « une enceinte sacrée.

Mont-Valérien, mémoires intimes, mémoire nationale, richement illustré, éditions Ouest-France, 234 pages, 26,50 €.