PÔLE JEAN MOULIN

Chers Amis du Pôle Jean Moulin-réseau MRN, A toutes et tous nos voeux les plus chaleureux pour 2021. L'année qui s'achève fut rude et éprouvante. Une pensée fraternelle pour tous nos amis disparus. Ils resteront chers à notre coeur. Je vous embrasse, Anne FRIANT MENDRES



La famille LE JEUNE
à GOURVILLY en QUIMPER
Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 8 août 2021

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Source :
https://www.kilroytrip.fr/memoriaux/massacre-gourvily#company-tabs-page


Massacre de Gourvily

Le samedi 5 août 1944 à midi est tombée sous le feu allemand  4 résistants et une famille quimpéroise
Jean-Louis LE JEUNE, 67 ans. Anne-Marie LE JEUNE née CUZON, 64 ans. Marie-Renée LE JEUNE née LE QUILLEC, 33 ans Marie-Anne LE JEUNE épouse TOULLEC, 32 ans.

Lors du retour d'un repas dans la buvette familiale (l'actuelle boulangerie) la famille LE JEUNE croise un
convoi allemand sur la route de Brest se dirigeant vers Crozon.
Les
soldats allemands surprennent des résistants qui avaient établi un poste de contrôle devant la buvette, une fusillade éclate.. Marie-Renée était enceinte, le corps de Marie-Anne sera retrouvé plus tard route de Brest abattue une bouteille de vin à la main... Contribution et crédit photo Crêperie Le Rayon Vert
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Source :

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Samedi 7 août 2021 -QUIMPER
Quimper. 77 ans après le drame, René Le Jeune entretien toujours le devoir de mémoire
Le 5 août 1944, trois jours avant la libération de Quimper (Finistère), quatre membres de la famille Le Jeune tombaient sous les balles allemandes devant leur café à Gourvily, route du Loc’h.
René Le Jeune lors de son discours, jeudi 5 août 2021, à Kerfeunteun alors que l’anniversaire de la libération de Quimper se tiendra ce dimanche 8 août 2021 sur les allées de Locmaria.
Ouest-France

La cérémonie du 77e anniversaire de la libération de Quimper se tiendra dimanche 8 août 2021, sur les allées de Locmaria, à Quimper (Finistère).

Jeudi 5 août, René Le Jeune célébrait le souvenir des siens disparus reconnu morts pour la France, devant le monument aux morts, dans le placître de Kerfeunteun : « C’était un samedi, jour de marché », se souvient René Le Jeune, âgé aujourd’hui de 86 ans.

« Il était midi et comme à l’habitude ma mère, Marie-Renée, mes deux sœurs, Marie-Thérèse et Hélène et mon frère Guy, nous mangions chez mes grands-parents dans leur buvette de Gourvily (à la place de l’actuelle boulangerie du Stangala. N.D.L.R.) où ma tante Marie-Anne travaillait avec eux. »

« Une fusillade éclate »

L’octogénaire poursuit son récit : « Après le repas, en regagnant notre maison, cent mètres plus haut nous avons croisé un convoi d’Allemands qui empruntait la route de Brest pour rejoindre la presqu’île de Crozon. Surprenant un groupe de résistants, une fusillade éclate au cours de laquelle ont été tués mon grand-père, Jean-Louis Le Jeune, et ma grand-mère, Anne-Marie, ma mère enceinte, et ma tante, Anne- Marie, dont le corps fut retrouvé route de Brest. »
Un drame que René ne considère pas seulement comme « une affaire de famille » mais aussi comme un devoir de mémoire qu’il perpétue au sein de l’association des orphelins de déportés, fusillés et massacrés de France (AODFMF) dont il est le porte-drapeau départemental.

« L’engagement de nos enfants et petits-enfants »

Jeudi 5 août 2021, René était entouré de ses frères et sœurs, enfants, petits et arrière-petits-enfants, des porte-drapeaux des associations patriotes, des membres de l’AODFMF, d’amis et d’André Le Nouy le fidèle clairon des cérémonies.
L’occasion pour lui de rappeler « que même arrivé à un âge avancé, la lutte doit continuer contre l’oubli et l’injustice avec l’aide de notre association mais aussi avec l’engagement de nos enfants et petits-enfants pour perpétuer le souvenir ».

« Pour des commémorations plus sereines »

Ce sont d’ailleurs les arrière-petites-filles de sa sœur Marie-Thérèse, Léonie, Éloïse et Garance âgées respectivement de 9, 14 et 12 ans qui ont déposé la gerbe de fleurs au pied du monument aux morts en gage de passage de témoins pour les années à venir.
Un avenir que René aimerait voir centré autour de la plaque mémorielle fixée sur le mur de la boulangerie du Stangala, le lieu du drame, « à condition qu’elle soit placée sur un autre mur, côté fleuriste, pour permettre des commémorations plus sereines éloignées des bruits de la circulation très importante dans cet accès à la zone commerciale de Gourvily ».


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Source : https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/a-quimper-pour-ne-pas-oublier-le-massacre-de-gourvily-du-5-aout-1944-06-08-2021-12803192.php
Publié le 06 août 2021 à 07h30

À Quimper, pour ne pas oublier le massacre de Gourvily du 5 août 1944

Le 5 août 1944, deux jeunes mères de famille et un couple sont abattus par les nazis, à Gourvily. 76 ans plus tard, leur descendant, René Le Jeune, continue son combat « contre l’oubli ».

Il est 16 h. De nombreuses personnes prennent place, sous la pluie et le vent, devant le monument aux morts situé à côté de l’église de Kerfeunteun, à Quimper. « Martyrs de la Libération, morts pour la France. Il aura fallu soixante années pour qu’ils figurent ici ». Ce sont avec ces mots que René Le Jeune, 86 ans, a ouvert, ce jeudi 5 août, la cérémonie en hommage aux membres de sa famille sauvagement assassinés, il y a 76 ans, par l’armée allemande.

5 août 1944. La Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. Dans trois jours, Quimper sera libérée du joug nazi. Nous sommes à Gourvily et plus précisément dans un café convivial tenu par Jean-Louis Le Jeune (67 ans) et son épouse Anne-Marie (64 ans), née Cuzon. Il s’agit des grands-parents de René, alors âgé de 10 ans. Aujourd’hui, ce café a été remplacé par une boulangerie, celle du Stangala, route de Brest.

« Épouvantable, horrible, innommable »

Alors que l’armée allemande est en déroute, des maquisards de la compagnie de Briec décident de passer au café Le Jeune pour acheter une caisse de bières. Il est environ 16 h et il fait très chaud. Un imposant convoi de l’armée allemande - environ 80 soldats - surgit alors dans le secteur. Ils fouillaient les maisons à la recherche d’armes. C’est la panique. Un coup de feu est tiré. Les nazis répliquent. Le début d’un massacre. « Ils tiraient sur tout ce qui bougeait », souligne René Le Jeune. « C’était épouvantable, horrible, innommable », confiera sa cousine, alors âgée de 16 ans.
Quatre résistants sont tués. « Les autres ont pris la poudre d’escampette en laissant leurs armes dans le champ juste à côté », note l’octogénaire. « Les maquisards ont fait des choses très importantes pour le pays mais ce jour-là, eux, ont fait une bévue », raconte-t-il. Et de préciser : « J’ai rencontré l’un d’eux récemment à la maison de retraite. Il avait les larmes aux yeux ».

« Notre enfance nous a été volée »

L’horreur continue pendant de très nombreuses minutes. « Ma mère, Marie-Renée (33 ans), revenait de notre maison avec une brouette pour faire des crêpes. Elle a été blessée à la jambe. Ma grand-mère, Anne-Marie, a alors commencé à la soigner », explique-t-il. Les deux femmes seront sauvagement abattues, des rafales à bout portant. Son grand-père, Jean-Louis, un ancien soldat des tranchées de Verdun, est abattu dans le dos. Puis sa tante, Marie-Anne (32 ans), qui a tenté de proposer une bouteille aux soldats pour les calmer, est également assassinée.

La mère de René Le Jeune était enceinte lorsqu’elle a été tuée. Marie-Renée (née Le Quillec) et Marie-Anne Toullec (née Le Jeune) laissent six enfants derrière elles. « Notre enfance nous a été volée », regrette-t-il. Ce jour-là, lui, ses frères et sœurs ainsi que ses cousins avaient accompagné les grands-parents paternels, à Beg-Ar-Menez. « Si on avait été présent, on ne serait plus là non plus », confie l’octogénaire. Avant de partir, les Allemands vont incendier la maison. Et quand René Le Jeune arrivera sur les lieux, les corps avaient en partie brûlé. « Le 8 août, pendant que les Quimpérois fêtaient la Libération, nous, nous pleurions nos morts », se souvient René Le Jeune.

« Les années passent et l’oubli s’installe. Nous ne voulons pas refaire l’histoire mais répondre à ceux qui nous disent qu’il ne faut pas rouvrir cette plaie. Qu’ils sachent que cette plaie ne s’est jamais refermée. Le combat continue contre l’oubli ».

À lire sur le sujet
5 août 1944. Le massacre de Gourvily


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