PÔLE JEAN MOULIN

Cérémonie le lundi 22 août 2022 à Brest à 11h00-"De Bortoli, lucide sur son sort, endosse la responsabilité des divers actes de la résistance locale pour clore les enquêtes ou lever des soupçons. Il est alors condamné à mort le 14 mai 1942." -https://www.resistance-brest.net/article1108.html-



KOLLWITZ Käthe
né le 8 juillet 1867 (à KÖNIGSBERG-PRUSSE ORIENTALE)

Chemin de la Résistance et des Maquis
Mis en ligne sur le site le 26 juillet 2022


Nom du ou des réseaux d'appartenance dans la Résistance :
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Sculptrice, graveuse et dessinatrice allemande
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Käthe et Karl et 15 autres signataires dont Heinrich Mann avaient appeler à l’union des partis de gauche contre Hitler aux élections de 1933……

Source : https://www.kollwitz.de/fr/biographie
Extraits de la page consacrée à Käthe Kollwitz (1867-1945)

Vivre et travailler sous le troisième Reich (1933-1945)


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Käthe e Karl Kollwitz, vers 1935


1933 
Même après la prise de pouvoir par les nazis, Käthe Kollwitz soutient en février 1933 un nouvel »Appel urgent« pour la fusion des partis de gauche pour des dernières élections libres du 5 mars. Cette fois, seulement 17 personnalités, en plus d’elle et de son mari, signent l’appel, dont Heinrich Mann et Erich Kästner. Albert Einstein avait déjà quitté l’Allemagne. Sous la menace d’une fermeture de l’Académie des Arts de Prusse Heinrich Mann et Käthe Kollwitz, qui y dirige un atelier depuis 1928, sont contraints à la démission. En solidarité, le délégué à l’urbanisme Wagner démissionne de son poste. Käthe Kollwitz peut conserver son atelier à l’Académie jusqu'à la mi-janvier 1934.
Comme beaucoup de communistes et de sociaux-démocrates, le couple Kollwitz se réfugie en Tchécoslovaquie en mars par crainte d’une arrestation, mais revient à Berlin après quelques semaines.

En juillet 1933, Karl Kollwitz se voit retirer l’agrément de l’Assurance maladie. Après le succès de leur recours, lui et d’autres médecins du Sozialdemokratischer Ärzteverein le retrouvent en octobre. Hans Kollwitz perd son emploi de médecin de l’éducation nationale à Berlin pour une courte durée. Lors d’une perquisition à son domicile, des livres sur sa mère sont confisqués.
La popularité de Käthe Kollwitz aux États-Unis ne cesse de grandir. En 1933, le musée d’art de Worcester (Massachusetts) organise une exposition et en 1934, c’est l’université de Harvard qui expose ses estampes. En 1934/35 des expositions itinérantes sont organisées par la College Art Association. En 1937, d'autre présentations sont organisées par la galerie-librairie Zeitlins à Los Angeles, la Fine Arts Gallery de San Diego et enfin la galerie Hudson en 1937, à New York. Au début des années 1940, l’American Federation of Arts, le Museum of Modern Art (MoMA), le Brooklyn Museum à New York et le Cleveland Museum of Art sont le lieu d’autres expositions. La galerie St. Etienne à New York présente sa première exposition Kollwitz en 1943/44 et deviendra un des principaux marchands de l’artiste aux États-Unis.

1934
Käthe Kollwitz commence à travailler sur sa dernière série de gravures »Mort« qu’elle terminera en 1937. À l’automne 1934, elle s'installe dans l’atelier communautaire de la Klosterstraße. Elle y trouve un nouvel espace de travail pour achever sa grande sculpture »Mère avec deux enfants«. Elle représente un modèle d’intégrité et de ténacité pour ses collègues plus jeunes.
Les dix dernières années de sa vie (1935-1945)
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Käthe Kollwitz, 1935, devant un autoportrait


1935
Au printemps, ses œuvres sont exclues de l’exposition »L’art de Berlin« à la Neue Pinakothek de Munich peu avant l’inauguration. Cela se reproduira à la fin de la même année à Düsseldorf. Son soutien et ami de toujours Max Liebermann meurt le 8 février. Les nazis l’avaient relégué au ban de la société en raison de sa judéité. Elle assiste à ses funérailles. De l’été 1935 jusqu’en février 1936, Kollwitz travaille sur le bas-relief en bronze »Repose dans la paix de ses mains« pour le caveau familial au cimetière central de Berlin-Friedrichsfelde.
1936
La Gestapo interroge Käthe Kollwitz suite à la parution dans le journal moscovite
Izvestija d'un article basé sur un entretien avec elle. Elle est menacée d’une incarcération en camp de concentration en cas de récidive. Un jour avant l’ouverture de l'exposition »Sculpteurs de Berlin, de Schlüter à aujourd’hui«, organisée à l'occasion du jubilé de l’Académie des Arts de Prusse, les deux œuvres prêtées par Käthe Kollwitz sont retirées.


1937
Dans le cadre de la campagne  »L’art dégénéré« les œuvres de Kollwitz sont saisies dans au moins onze musées allemands. Les œuvres sont vendues, échangées ou transférées au ministère de l’Éducation du peuple et de la Propagande du Reich. Les marchands d’art chargés d’assurer la ›liquidation‹ des œuvres de Kollwitz sont Bernhard A. Böhmer, Karl Buchholz et Hildebrand Gurlitt. Une exposition à l’occasion du 70e anniversaire de Käthe Kollwitz à la galerie Nierendorf de Berlin doit être annulée, de même qu’une autre à la librairie-galerie Buchholz, juste après son ouverture. Cette dernière reste accessible aux amis de la maison. C’est là qu’est présenté pour la première fois le moulage en ciment de »Mère avec deux enfants«. Exposer ses œuvres au public devenant impossible en Allemagne, l’artiste en présente une sélection dans son atelier de la Klosterstraße. Käthe Kollwitz fait sculpter »Mère avec deux enfants« dans un calcaire conchylien. Parallèlement, elle travaille à trois petites sculptures: »L’adieu aux soldats II«, »La tour des mères« et »Pietà«. La majorité de ses ventes sont réalisées aux Etats-Unis.

1938

Ernst Barlach (1870-1938) meurt le 24 octobre. Käthe Kollwitz dessine l’artiste mort, assiste à ses funérailles et commence à travailler sur son bas-relief en bronze »Lamentation«, (probablement achevé en 1941), qui exprime la souffrance de son deuil. Käthe Kollwitz est profondément choquée par le pogrom de la nuit de Cristal, le 9 novembre. Elle ressent personnellement les effets de la persécution des juifs au travers du destin de la famille de sa sœur Lisbeth Stern. Quelques années plus tard, au cours de la seconde guerre mondiale, Kollwitz tente de venir en aide à ses collègues juives en leurs fournissant des cartes de rationnement réservées aux Aryens.


1939

Lessing J. Rosenwald (1891-1979), l’un des plus importants collectionneurs d’arts graphiques de son temps, s'intéresse au travail de Kollwitz et acquiert plusieurs œuvres. En quelques années, il rassemble 115 gravures et 27 dessins de l’artiste. Plus tard, il léguera sa collection entière à la National Gallery de Washington. Karl Kollwitz doit abandonner la pratique de la médecine pour des raisons de santé.

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Käthe Kollwitz, vers 1940



1940

Karl Kollwitz (1863-1940) meurt le 19 juillet. Dans la petite sculpture »Adieu«, achevée en 1941, Käthe Kollwitz donne forme à son chagrin après la perte son mari. À l’automne, l’artiste quitte son atelier de la Klosterstraße pour des raisons de santé.


1941

»Les graines de semence ne doivent pas être moulues« est probablement la dernière lithographie réalisée par l’artiste. Elle est imprimée en quelques exemplaires et représente une sorte de testament.


1942

Son petit-fils Peter tombe au front de l’est près de Rjev le 22 septembre.


1943

Käthe Kollwitz réalise sa dernière petite sculpture »Deux femmes de soldat attendant« et pousse son travail jusqu’à l’étape du plâtre. Fuyant les bombardements sur Berlin, Käthe Kollwitz trouve refuge en août chez la sculptrice Margret Böning (1911-1995), à Nordhausen, en Thuringe, encore relativement épargnée par les raids aériens. Fin novembre, son appartement à Berlin est détruit par des raids aériens. Käthe Kollwitz y a vécu et travaillé depuis l’été 1891, c’est à dire plus de 50 ans. Début décembre, la maison de son fils Hans à Berlin est gravement endommagée.



1944

Käthe Kollwitz accepte en juillet l’invitation du Prince Ernst Heinrich de Saxe (1896-1971) à Moritzburg près de Dresde. Elle occupe deux chambres dans le Rüdenhof. Depuis 1995, le bâtiment est un monument à la mémoire de l’artiste.


1945

Le 22 avril, quelques jours avant la fin de la guerre, Käthe Kollwitz meurt à Moritzburg. En septembre, l’urne funéraire de l’artiste est transférée à Berlin et enterrée dans la tombe familiale au cimetière central de Berlin-Friedrichsfelde.


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Ehrengrab (tombe d'honneur) de Käthe Kollwitz au cimetière central de Berlin-Friedrichsfelde à Berlin

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Käthe et Karl Kollwitz entourés par leurs petits-enfants (1935)

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Käthe Kollwitz et ses confrères de l'académie de Berlin (1927)

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Stèle commémorative dans la Schloßallee à Moritzburg avec un bas-relief de Etha Richter